COMBE Marcel, Léon, Mathieu

Par Jean-Michel Steiner

Né le 17 février 1909 à Firminy (Loire), mort le 29 janvier 1991 à Firminy ; ouvrier métallurgiste ; militant syndicaliste CGT ; militant communiste de la Loire ; maire de Firminy (1945-1953).

Marcel Combe
Marcel Combe

Ouvrier métallurgiste, Marcel Combe grandit dans une famille d’ouvriers. Ses oncles Hilaire et Claudius étaient métallurgistes, comme son père Louis.

Né le 27 janvier 1878 à Firminy, Louis Combe avait épousé le 3 mai 1905, Marie Bost, née le 23 mars 1879, également à Firminy. Trois enfants naquirent de leur union : André (19 mars 1906), Marcel (17 février 1909) et Louise (25 décembre 1911). Le 2 octobre 1914, Louis Combe fut détaché aux aciéries de Firminy où il travailla pendant toute la guerre. Il connut donc les grandes mobilisations qui agitèrent cet établissement en 1917 et 1918 sous la conduite de Clovis Andrieu (voir ce nom). Le 8 avril 1919, Marie Bost décéda à Firminy alors qu’elle venait d’avoir 40 ans.

Louis Combe vécut dès lors seul avec ses enfants, rue Dorian, dans un quartier d’ouvriers métallurgistes, proche des aciéries Holtzer et Verdié. Lors du recensement de 1926, âgé de 17 ans, Marcel Combe se déclara ouvrier métallurgiste. En 1936, il vivait seul avec son père, rue Dorian et était ajusteur chez Holtzer.

Appelé sous les drapeaux le 23 avril 1930, il fut affecté au 21e régiment d’aviation où il obtint un certificat professionnel militaire d’ajusteur. Libéré le 11 avril 1931, il fut affecté le 1er décembre 1936 à la base aérienne de Lyon puis, le 1er mai 1937 à la base aérienne de Marignane. Le 27 septembre 1939, il fut affecté spécial aux établissements Holtzer comme ajusteur. Depuis 1936 au moins, il était adhérent à la CGT

Le 13 février 1941, il épousa, à La Voûte-sur-Loire, Jacqueline Henriette Coffy. Il habitait alors à Fraisses (Loire) dans le quartier de la Périvaure. Le 31 juillet 1948, il se remaria au Chambon-Feugerolles (Loire) avec Marguerite Claudia Royon.

Le 1er octobre 1944, il fut élu secrétaire de l’Union locale CGT de Firmoiny, fonction qu’il occupa jusqu’à son élection comme maire en septembre 1945. Ayant adhéré au Parti communiste en 1943, il entra au comité fédéral communiste le 1er mars 1953 et y demeura jusqu’en 1961. Il avait fait une école centrale d’un mois.

Le 13 mai 1945, Marcel Combe fut élu conseiller municipal sur la liste conduite par le maire sortant, nommé par le CDL en août 1945 : Xavier Marc. Il le remplaça comme maire en septembre. Lors du scrutin municipal d’octobre 1947, la liste PCF, conduite par Marcel Combe arriva en tête avec 3 540 voix et 11 élus, devançant le RPF (2 480 voix, 7 élus), le MRP (1 606 voix, 5 élus) et la SFIO (1 255 voix, 4 élus, pour 12 317 inscrits, 9 110 votants et 8 949 suffrages exprimés). Marcel Combe fut élu maire grâce aux voix des élus SFIO.

Au moment de la grève des mineurs et des tragiques événements (la mort d’Antonin Barbier, voir ce nom) qui s’en suivirent, Marcel Combe convoqua un conseil municipal extraordinaire le 23 octobre 1948. Il apporta son soutien aux mineurs grévistes et condamna les violences provoquées par les forces de l’ordre, en adressant une virulente motion de protestation au Ministre de l’Intérieur. Le maire fut aussitôt démis de ses fonctions par le Préfet qui, le 12 décembre 1948, décréta officiellement la dissolution du conseil municipal. Aux élections qui s’en suivirent, le 19 décembre, après une campagne brève mais ardente, la liste d’Union républicaine et résistante de défense de la paix patronnée par le PCF et emmenée par Marcel Combe emporta avec 3 979 voix, 13 des 27 sièges. Avec respectivement 2 359 et 2 284 voix, les listes RPF et MRP/SFIO obtinrent 7 élus chacune (pour 12 032 inscrits, 8 802 votants et 8 680 suffrages exprimés). Cependant, quand le 26 décembre le nouveau conseil procéda à l’élection du maire, Marcel Combe obtint 14 voix et conserva son poste. Certains témoins dignes de foi, pensent que le « quatorzième Républicain » - comme la presse locale le surnomma - était Albert Allaud ancien maire SFIO de la ville, démis de ses fonctions par le gouvernement de Vichy.

Les événements de 1948 et la défaite subie par les mineurs laissèrent des traces. Lors des élections de 1953, Marcel Combe se trouva confronté à la liste conduite par l’ancien ministre de la Reconstruction, Claudius Petit, dont la presse communiste n’avait cessé de brocarder la politique depuis la Libération. Marquée par un fort anticommunisme, la campagne porta notamment sur la question du logement. Alors que Firminy abritait une des plus fortes proportions de taudis de l’agglomération stéphanoise, ses adversaires reprochèrent à Combe sa quasi inaction dans ce domaine. Si le PCF arriva en tête avec 4 210 voix et 11 élus, l‘alliance de Claudius Petit (2 991 voix et 8 élus), Achard (2334 voix et 6 élus) et du candidat RPF Souhet (657 voix, 1 élus) permit à l’ancien ministre d’être élu maire : la perte de la capitale de l’Ondaine représenta un rude revers pour le PCF.

Marcel Combe fut néanmoins placé en 3e position sur la liste du PCF aux élections législatives du 2 janvier 1956 qui virent l’élection de Marcel Thibaud (voir ce nom). Il représenta à nouveau son parti au scrutin municipal de 1959, lors duquel Claudius Petit obtint au 1er tour 4 850 voix contre 3 470 pour Combe (pour 11 385 inscrits, 10 628 votants et 10 358 suffrages exprimés). En troisième arrivait la liste MRP d’Achard (1 430 voix). Au second tour, Claudius Petit soutenu par Achard l’emporta nettement avec 6 208 voix, tandis que Marcel Combe progressait faiblement (3 859 voix pour 10 428 votants et 10 173 suffrages exprimés).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article76638, notice COMBE Marcel, Léon, Mathieu par Jean-Michel Steiner, version mise en ligne le 15 mars 2010, dernière modification le 28 décembre 2020.

Par Jean-Michel Steiner

Marcel Combe
Marcel Combe
Le Patriote du 28 décembre 1948
Le Patriote du 28 décembre 1948

SOURCES : Arch. comité national du PCF. — Jean Vigouroux, Firminy 1919/1992, édition de la Société d’Histoire de Firminy, 1995. — Renseignements communiqués par Jean Vigouroux. - Arch. Dép. Loire -1 R 1424, registre matricule, 1898 - 1 R 2029, registre matricule circ. Montbrison, 1929, vol 2, n° 817 1 R 1893 - 3 E 96_60, décès, Firminy, 1898-1899 - 3 E 96_45, mariages, Firminy, 1905 - 3 E 96_65_3, décès, 1919 - Recensements Firminy : 6 M 508 (1886) ; 6 M 526 (1921) ; 6 M 530 (1926) ; 6 M 532 (1936)
Le Patriote de Saint-Étienne, 1947, 1948 & 1953 - La Dépêche démocratique, 1947, 1948, 1953 & 1959
BIBLIOGRAPHIE : Jean-Michel Steiner, Métallos, mineurs, manuchards … Ouvriers et communistes à Saint-Étienne (1944-1958), PUSE, 2014 - Maurice Bedoin, Jean-Claude Monneret, Corinne Porte, Jean-Michel Steiner (coordonateur), 1948 : les mineurs stéphanois en grève. Des photographies de Léon Leponce à l’Histoire, Saint-Étienne, PUSE, 2011 - Maurice Bedoin, 1948. La grève des mineurs du bassin stéphanois. L’histoire en partage, 2017, Actes graphiques, “Histoire du monde ouvrier stéphanois”, St Barthélémy Lestra, 297 p - René Commère , Mémoire d’acier en Ondaine. Histoire d’un site métallurgique en région stéphanoise. Du martinet à la haute technologie, Saint-Étienne, PUSE, 2000, 205 p. - Sophie Royet, Le parti communiste dans la vallée de l’Ondaine de 1944 à 1953. Le Chambon-Feugerolles, Fiminy, Fraisses, La Ricamarie, Unieux, mémoire de maîtrise, UJM Jean Monnet, 2006, 153 p. - Joseph Sanguedolce, Le chant de l’alouette, Saint-Étienne, Presse publicité Loire, 1987.

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