GOGUEY Pierrette, Marcelle [épouse HEDDE]

Par Éric Belouet

Née le 19 février 1942 à Paris (XIVe arr.) ; employée de bureau, employée de régie puis assistante de direction ; permanente de la JOCF (1966-1969), syndicaliste CGT, militante du PCF et du MRAP, membre de l’ACO.

Fille d’Émile Goguey (1915-2000), originaire de Haute-Saône, fonctionnaire de police, adhérent du Syndicat général de la police (SGP), non croyant, et de Louise née Boudon (1909-1998), originaire du Cantal, sans profession, qui renoua avec la pratique religieuse quand ses enfants suivirent le catéchisme, Pierrette Goguey était la deuxième de trois enfants (deux frères, dont l’aîné décédé en bas âge). Domiciliée au Perreux-sur-Marne (Seine, Val-de-Marne), elle y fréquenta l’école primaire George-Clemenceau et obtint le certificat d’études primaires en 1956. La même année, elle entra en apprentissage chez Burry, un atelier de tricot de luxe sur machines situé dans le XIIe arrondissement de Paris. Elle resta dans cette entreprise jusqu’en 1960, puis fut successivement employée de bureau à la Caisse nationale des monuments historiques (1960-1962), dactylo intérimaire (1962-1964) et employée de comptabilité chez un courtier d’assurance à Paris.

Pierrette Goguey, qui avait fait partie des Âmes Vaillantes pendant son enfance, avait découvert la JOCF en 1956 par l’intermédiaire d’une camarade de travail et y avait adhéré en 1958. D’abord membre de la section Paris-Sud, elle créa en 1962, avec des camarades de Nogent-sur-Marne et de Bry-sur-Marne, une équipe au Perreux-sur-Marne, dont elle fut la responsable, et intégra en 1964 l’équipe dirigeante de la fédération de Vincennes. En septembre 1966 elle devint permanente et intégra l’équipe de la région parisienne en remplacement de Michèle Lelièvre* qui quittait alors le mouvement. L’équipe régionale, dont le siège était situé rue Saint-Dominique à Paris, comprenait notamment Colette Coquelin*, Dominique Cordon*, Claire Gasparini*,, Maryse Kintzelé*, Ghislaine Lamourette*, Danielle Leblanc* et Monique Loreille*. Sur le plan géographique, Pierrette Goguey avait la responsabilité de trois fédérations – Seine-Nord, Seine Nord-Est et Essonne –, ce qui correspondait approximativement aux départements de la Seine-Saint-Denis et de l’Essonne. Sur le plan national, elle participait à la commission « apprenties » (14-17 ans). Elle participa également à la préparation du rassemblement national de la JOC « Paris 67 » qui, du 30 juin au 2 juillet 1967, réunit 50 000 jocistes. Elle se vit plus particulièrement confier la responsabilité, avec Marcel Gros*, de l’un des quatre grand meetings organisés à cette occasion dans différents lieux de la capitale : celui consacré à « l’avenir professionnel des jeunes du milieu populaire » qui se déroula au stade de Coubertin en présence de 6 000 jeunes.

Parvenue au terme de son mandat de permanente, Pierrette Goguey fut remplacée par Marie-Cécile Hennet* et quitta la JOCF en mai 1969. Elle se maria à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne) le 15 mai 1970 avec Joël Hedde, lui-même ancien permanent de la JOC, et deux enfants naquirent de cette union (1972- et 1974). La famille vécut à Vitry-sur-Seine.

Dès son départ de la JOC, Pierrette Goguey s’était fait embaucher comme employée au siège social de Viniprix, à Charenton-le-Pont (Val-de-Marne), une entreprise qui, malgré ses 2 800 salariés (siège social et magasins confondus), ne comptait aucune section syndicale et fonctionnait sur un mode paternaliste. Avec un collègue comptable, fils de républicains espagnols, elle créa une section d’entreprise CGT qui se développa rapidement, notamment grâce à l’appui des salariés algériens qui travaillaient sur les chaînes d’embouteillage du vin. Pendant plus de vingt ans, elle ne cessa de militer sur le plan syndical : déléguée du personnel, elle fut également secrétaire du comité d’entreprise puis du comité central d’entreprise.

Viniprix ayant fermé en 1992, Pierrette Goguey-Hedde connut six mois de chômage, puis devint assistante de l’administrateur de La Vie ouvrière, journal de la CGT, à Montreuil-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Elle conserva cet emploi jusqu’à son départ à la retraite en 2000.

Parallèlement à son engagement syndical, Pierrette Goguey-Hedde s’engagea à la FCPE de 1974 à 1992, pendant la scolarité de ses enfants : école maternelle puis primaire Henri-Wallon à Vitry-sur-Seine, puis lycée Romain-Roland à Ivry-sur-Seine. La lutte contre le racisme constitua un autre pilier de son engagement : adhérente du MRAP dès 1968, elle en était toujours membre en 2010. Sur le plan politique, elle adhéra au PCF vers 1974-1975, mais quitta ce parti au milieu des années 1980. Enfin, sur le plan associatif, elle contribua à la création dans son quartier à Vitry, vers 2005, d’une association – L’École des adultes – qui, loin de limiter son action à la seule alphabétisation, s’adressait à toute personne désireuse de se perfectionner. En 2010, cette association comptait 220 adhérents de nationalités très diverses.

Pierrette Goguey-Hedde et son mari avaient adhéré à l’ACO en 1971 et était toujours membres de l’équipe de Vitry en 2010. Depuis 2005, le couple partageait son temps entre Vitry-sur-Seine et Combrit (Finistère).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article89531, notice GOGUEY Pierrette, Marcelle [épouse HEDDE] par Éric Belouet, version mise en ligne le 4 octobre 2010, dernière modification le 4 octobre 2010.

Par Éric Belouet

SOURCES : Arch. JOCF (SG), fichier des anciennes permanentes. — Témoignage écrit et entretien téléphonique, septembre 2010.

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