AUBERT Gaston [AUBERT Victor, Gaston]

Par Jean Maitron, Claude Pennetier

Né le 11 juin 1897 à Montrouge (Seine, Hauts-de-Seine), mort en déportation le 15 avril 1945 à Ravensbrück ; ouvrier ébéniste ; militant communiste, dirigeant des Amis de l’URSS.

Gaston Aubert au camp de Rouillé
Gaston Aubert au camp de Rouillé
[Fernand Grenier, Ce bonheur-là, op. cit.]

Né à Montrouge de Maria Élisa Bouvet, laveuse et de Désiré, Alexandre Aubert, tonnelier qui avait participé à la Commune de Paris et qui, proscrit, vécut en Suisse jusqu’à l’amnistie. Gaston Aubert commença à travailler en août 1910. En 1915-1916, croyant lutter contre la guerre, il refusa de travailler dans l’aviation et fut successivement manœuvre, staffeur, charbonnier... avant de redevenir ébéniste.Il se maria le 18 septembre 1920 à Paris (XVe arr.) avec Antoinette Richardeau, manœuvre spécialisée, le couple demeurait 23 rue Sadi-Carnot à Montrouge (Seine) depuis 1924.

Militant du syndicat unitaire du Bois, il adhéra au Parti communiste en 1925 (il donne la date de 1928 dans son autobiographie de Moscou). Ses qualités de propagandiste lui valurent d’être appelé, en avril 1930, au secrétariat du travail antimilitariste de la CGTU, fonctions qu’il quitta l’année suivante, en mai, pour diriger, comme permanent, l’association des Amis de l’Union soviétique (AUS). Après un certain succès à sa création (25 000 adhérents en 1928), cette organisation serait tombée à trois cents membres et Aubert fut l’artisan de son redressement. Le congrès national, réuni le 8 juin 1935 au Palais de la Mutualité (Paris), élut Fernand Grenier* secrétaire national, Gaston Aubert secrétaire adjoint, Henri Lebrun* trésorier et Marcel Koch* trésorier adjoint. Gaston Aubert était en outre secrétaire des AUS de la région parisienne.

Gaston Aubert approuva le Pacte germano-soviétique et l’expliqua dans une affiche qui lui valut une arrestation fin août 1939 puis le 3 janvier 1940 à une condamnation à treize mois de prison et 2000 francs d’amende. Il s’évada pendant la débâcle pour reprendre la publication de la revue Russie d’aujourd’hui. Arrêté par la police française le 6 janvier 1941, il fut condamné à dix mois de prison le 26 mai 1941. Appréhendé au domicile de Suzanne Barès-Paul, épouse de [Marcel Paul->50530, il fut incarcéré à La Santé, puis à Fresnes (Seine, Val-de-Marne), interné le 3 janvier 1942 au camp de Rouillé (Vienne), transféré vers le camp de rassemblement de Compiègne (Oise) le 22 mai 1942 .
Gaston Aubert fut déporté NN à Auschwitz (Allemagne), le 6 juillet 1942 dans le convoi des 45000 (matricules), matricule 45181. Devant le rapprochement des troupes soviétiques et les risques de révolte des détenus, une évacuation partielle du camp commença en juin 1944. Le 7 septembre 1944, les Allemands le transférèrent dans un groupe de 30 à Gross-Rosen (région de Breslau, Wroclaw) dans les ateliers Siemens.Le 9 février 1945, le camp étant évacué, il fut transféré à Dora-Mittelbau (matricule 113071) puis le 11 avril avec Raymond Boudou et Lucien Ducastel, à Ravensbrück où il mourut le 15 avril. Gaston Aubert aurait été tué à l’infirmerie, juste avant l’évacuation, ou pendant l’évacuation.

Son nom est inscrit (ses prénoms étant réduits aux initiales) sur une des plaques dédiées « aux Montrougiens morts pour la France », situées dans le hall de la mairie.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article10353, notice AUBERT Gaston [AUBERT Victor, Gaston] par Jean Maitron, Claude Pennetier, version mise en ligne le 10 octobre 2008, dernière modification le 30 septembre 2020.

Par Jean Maitron, Claude Pennetier

Gaston Aubert au camp de Rouillé
Gaston Aubert au camp de Rouillé
[Fernand Grenier, Ce bonheur-là, op. cit.]

SOURCES : Arch. Nat. F7/13127, décembre 1931. — Arch. PPo. classement provisoire 352. — Arch. RGASPI, Moscou, 495 270 955. — Secrétariat d’État des Anciens combattants et victimes de guerre. — Fernand Grenier, Ce bonheur-là, op. cit.— Claudine Cardon-Hamet Triangles rouges à Auschwitz, Le convoi politique du 6 juillet 1942 Autrement, 2005 p.59 photo, p.350 à 353.— Notes Annie Pennetier. — Le livre des 9000 déportés de France à Mittelbau-Dora, sous la direction de Laurent Thiery, Paris, Le Cherche-Midi, 2020.

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