COROMINES Philippe

Par André Balent

Philippe Coromines naquit à Serralongue (Pyrénées-Orientales), petite commune du Haut-Vallespir, le 22 janvier 1884. Il était le fils d’Éloi Coromines, négociant en produits alimentaires, né à Serralongue et de Françoise Doubousi, née à Coustouges (Pyrénées-Orientales). Il exerça la profession de tailleur d’habits à Prats-de-Mollo (voir Guisset Jean*), petit centre urbain et agricole du Haut-Vallespir où la Fédération socialiste des Pyrénées-Orientales avait implanté, avant 1914, un groupe dont la vie fut passablement cahotique.

Philippe Coromines entra au conseil municipal de Prats-de-Mollo le 28 septembre 1913, à l’occasion d’une élection partielle. Réélu le 30 novembre 1919, il accéda aux fonctions de 1er adjoint au maire de Prats-de-Mollo le 10 décembre 1919 : la liste qui fut élue en entier en 1919 était de tendance radicale-socialiste et elle jouissait de l’entière confiance de l’administration. Philippe Coromines lui-même était qualifié par les services préfectoraux de « bon républicain ». Le 6 février 1921, à l’issue d’une élection municipale complémentaire provoquée par la démission du maire, le docteur Arsène Guisset nommé directeur de l’hôpital psychiatrique de Font-Aurelle, Philippe Coromines devint maire de Prats-de-Mollo (voir également : Cassu Jean*, Galsomias Michel*).

Philippe Coromines adhéra à la section socialiste SFIO de Prats-de-Mollo au moment de sa fondation, le 12 août 1922. Après le refus de Jean Cassu, Philippe Coromines accepta d’être le candidat de la SFIO pour une élection au conseil d’arrondissement (5 août 1923) dans le canton de Prats-de-Mollo : le scrutin du 14 mai 1922 qui avait permis l’élection d’André Marty* avait été entre-temps annulé. Philippe Coromines fut élu dès le premier tour : il recueillit 671 suffrages (inscrits : 1 609 ; votants : 795). En 1926 il siégeait à la commission administrative fédérale de la SFIO. Il ne se représenta pas aux élections au conseil d’arrondissement du 14 octobre 1928.

En mai 1925, Philippe Coromines fut réélu maire de Prats-de-Mollo dans le cadre d’une liste socialiste SFIO qui conquit les 21 sièges à pourvoir. Toutefois, à la fin de 1928 la SFIO pratéenne fut ébranlée par une grave crise : plusieurs conseillers municipaux élus ou réélus en 1925 se séparèrent de la SFIO et adhérèrent au Parti communiste (« pour des motifs d’ordre personnel », affirmait l’administration préfectorale dans la fiche politique sur la municipalité de Prats-de-Mollo rédigée à l’issue du scrutin de mai 1929). Le conseil municipal devint ingouvernable et les électeurs pratéens durent se rendre aux urnes les 23 et 30 décembre 1928. Cette élection permit aux 21 membres de la liste communiste d’entrer au conseil municipal. Philippe Coromines qui était resté fidèle à la SFIO céda alors son mandat de maire à Jacques Sales*. Il mourut à Prats-de-Mollo le 25 mai 1973.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article106817, notice COROMINES Philippe par André Balent, version mise en ligne le 4 novembre 2010, dernière modification le 19 septembre 2012.

Par André Balent

SOURCES : Arch. Dép. Pyrénées-Orientales, 2 M 5 (247) ; 2 M 5 (249) ; 2 M 5 (268 II) ; 2 M 5 (282). — Le Cri Catalan, hebdomadaire (officieux) de la Fédération socialiste des Pyrénées-Orientales (divers numéros de 1922 à 1926). — Lettre de M. Pierre Noell, maire de Prats-de-Mollo-La-Preste, 11 mai 1982.

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