COVO Sultana, épouse BONFILS

Par Jean-Marie Guillon

Né le 20 décembre 1905 à Constantinople (Turquie) ; chemisière ; militante communiste des Bouches-du-Rhône.

Fille de Jakel Covo dit Jean et de Marie Crespi, de nationalité turque, elle était mariée avec Moïse Bonfils, avec qui elle eut un enfant. Le couple habitait rue du Tapis-vert à Marseille (Bouches-du-Rhône). Travaillant comme chemisière depuis âge de 13 ans, elle aurait adhéré au parti communiste en 1937. Elle appartenait à une famille de militants notoires dont son frère Jean Covo et ses neveux, David et Henri Covo, actifs dans la Jeunesse communiste. Le nom de Sultana Bonfils apparut au cours de l’affaire Barbé-Laffaurie. Aidant son frère qui était l’un des dirigeants de l’organisation illégale, elle reconnut avoir dirigé un secteur de l’organisation clandestine à Marseille d’octobre 1939 à avril 1940. Elle fut arrêtée le 22 octobre 1940. Déférée devant la justice militaire, elle fut condamnée par le tribunal militaire de la XVe région le 2 mai 1941 à un an de prison. Libérable le 23 octobre 1941, elle fut proposée à l’assignation à résidence par la Police spéciale le 13 octobre 1941. Elle fut assignée aux Saintes-Maries–de-la-Mer (Bouches-du-Rhône) le 20 octobre, puis, pour des raisons non précisées, son assignation fut remplacée par un internement administratif. Un arrêté signé le 17 janvier 1942 l’envoya au camp de Rieucros (Lozère). Elle fut transférée quelques semaines après dans celui de Brens (Tarn). Interrogé par le commissaire du camp, le 8 décembre 1943, elle déclara n’avoir vu dans le pacte germano-soviétique qu’un simple traité commercial. Elle se disait décidée à ne plus faire de politique, ne désirant que rentrer chez elle, vivre en bonne Française, en respectant le gouvernement actuel et en se conformant aux lois. Le chef de camp, n’ayant rien à signaler, donna un avis favorable à une libération conditionnelle, vu son état de santé déficient. Les Renseignements généraux donnèrent un avis favorable à sa libération le 11 janvier 1944. Elle dût pourtant attendre le mois d’août 1944 pour être libérée.
En août 1943, son mari, Moïse, avait été requis par les Allemands pour travailler dans le camp que le camp avait ouvert à Marseille, chemin du Littoral, pour les juifs.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article107366, notice COVO Sultana, épouse BONFILS par Jean-Marie Guillon, version mise en ligne le 4 novembre 2010, dernière modification le 24 août 2021.

Par Jean-Marie Guillon

SOURCES : Arch. Dép. Bouches-du-Rhône M 6/11256, rapport de police du 8 juin 1940 (ancienne cote), 5 W 168 (dossier d’internement), 76 W 115. — Marcel-Pierre Bernard, Les Communistes dans la Résistance à Marseille, t. 1, pp. 59, 64, 77 et t. 2, p. 41 (liste noire).

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