LAVIGNE Marcel, Daniel

Par Jean-Pierre Besse

Né le 4 mai 1907 à Poitiers (Vienne), fusillé comme otage le 21 septembre 1942 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; électricien ; résistant Front national dans la Vienne.

Marcel Lavigne
Marcel Lavigne
Photographie de sa carte d’identité

Fils d’un employé des chemins de fer et d’une mère au foyer, Marcel Lavigne s’était marié en octobre 1932 à Poitiers avec Louise dite Anaïse Amand, fille de militant communiste. Elle fut employée, ouvrière dans une usine de galoches puis femme au foyer. Rugbyman de bon niveau, Marcel Lavigne fut capitaine de l’équipe de Poitiers. Père de deux filles, ouvrier électricien, Marcel Lavigne était secrétaire d’un syndicat de Poitiers depuis 1936. Il adhéra au Parti communiste dans la clandestinité et, après l’arrestation de son beau-frère, René Amand, responsable du Front national il participa plus activement à la Résistance.

Après la visite d’un inconnu qui se présenta avec un mot de passe ancien provoquant la méfiance de Louise Lavigne, la couple fut arrêté le 25 mars 1942 dans sa ville par la police française (SAP d’Angers) et accusé d’avoir prêté son appartement à des communistes clandestins recherchés. Il fut également soupçonné de "terrorisme et activité de franc-tireur FTPF". Un rapport de la police allemande indique : « Pendant son interrogatoire, Lavigne avait un comportement buté. » Interné à la prison du Cherche Midi le 25 mars 1942 puis au camp de Romainville (Seine, Seine-Saint-Denis) le 24 août 1942, il a été fusillé comme otage le 21 septembre 1942 à 10 h 30, en représailles de l’attentat du cinéma REX à Paris. Son corps fut incinéré parmi ceux des 46 otages.

Son épouse Louise, dite Anaïse, née le 17 mars 1904 à Iteuil (Vienne) fut arrêtée en même temps que lui et déportée le 24 janvier 1943 vers Auschwitz (Pologne) où elle mourut en mars 1943.

Les deux enfants furent élevés à Poitiers par les grands-parents paternels. L’aînée fut élève de l’École normale supérieure de jeunes filles (Sèvre) puis physicienne et la cadette infirmière.

"Mort pour la France" et médaillé de la Résistance, Marcel Lavigne n’obtint pas de noms de rues ou de lieux et dépit de plusieurs tentatives à Poitiers, notamment en 1995, l’idée étant alors de donner un nom de rue à Louise et Marcel Lavigne.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article107717, notice LAVIGNE Marcel, Daniel par Jean-Pierre Besse, version mise en ligne le 10 novembre 2010, dernière modification le 3 février 2021.

Par Jean-Pierre Besse

Marcel Lavigne
Marcel Lavigne
Photographie de sa carte d’identité

SOURCES : DAVCC, Caen, B VIII, dossier 6. — Serge Klarsfeld, Le livre des otages, op. cit., p. 222. – Journal de Franz Stock. — Charlotte Delbo, Le convoi du 24 janvier, Éd. de Minuit, 2002. – Renseignements fournies par Renée Audran, née Lavigne, fille aînée de Marcel Lavigne. — État civil. — Les fusillés, op. cit., p 1051-1052 (la mise en page créé une ambiguïté avec la photographie de Denis Lavogade [notice à droite] et la liste de l’iconographie, p. 1948, attribue par erreur le cliché à Marcel Lavigne).

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