LAPART Joseph

Par Gilles Pichavant

Agent principal de surveillance à Vannes (Morbihan)(1927-1929), facteur en région parisienne (1929-1931) ; secrétaire technique de la catégorie des employés des PTT de la Fédération postale unitaire ; communiste.

Secrétaire de la section du Morbihan de la Fédération postale CGTU en 1927-1929, Joseph Lapart fut ensuite secrétaire de l’Union locale CGTU de Vannes et responsable du Parti communiste dans le département.

Le 5 juillet 1929, il fut déféré devant le conseil central de discipline des PTT, déchu de son grade, et rétrogradé à celui de facteur avec changement de résidence, pour avoir eu un rôle central dans la grève du bâtiment à Vannes, comme secrétaire de l’Union locale. Les conclusions du rapporteur au conseil de discipline furent : « Malgré ses dénégations en ce qui concerne l’appel des ouvriers à la violence, il est établi par les déclarations de l’intéressé lui-même, qu’il est intervenu depuis l’origine jusqu’à la fin, dans un conflit ouvrier étranger à ses intérêts corporatifs et auquel sa qualité d’agent de l’État lui commandait de ne pas participer ». Il fut muté en région parisienne, vraisemblablement à Levallois.

Devenu secrétaire adjoint de la fédération postale unitaire, et secrétaire technique des employés à la Fédération Postale Unitaire, il fut suspendu de service le 16 mai 1930, après avoir entrainé les facteurs de Levallois à cesser le travail pendant une heure, pour réclamer des augmentations de salaires. Le lendemain, il fut arrêté par la police à la recette principale de Paris-Louvres, où il avait pris la parole dans la salle des facteurs pour les inciter à arrêter le travail et les faire manifester dans la rue. Il s’agissait de protester contre le mutisme de la presse sur les revendications des petites catégories des PTT, et de l’accent mis sur celles des des commis par la Fédération postale confédérée. Après quatre jours au quartier des droits communs de la prison de la Santé, après un interrogatoire par le procureur, en présence de son avocate Marie-Louise Cachin, il fut interné le 22 mai au quartier politique. Le 23 mai, il fut révoqué des PTT.

Le 30 mai suivant, délégué au congrès de la FPU qui se tint à la Grange-au-Belles à Paris, il y prit la parole. Après une analyse de la situation internationale, dénonça les réformistes de la fédération postale CGT pour avoir « collaboré avec l’administration et le gouvernement en mettant en avant le seul traitement maximum du commis. Pendant que leur travail de division s’effectuait à la base, ils s’entretenaient avec le ministre qui, le 17 mai, venait de frapper durement le personnel » : 16 révocations et 32 mises en disponibilité. Le 31 mai, il présenta au congrès un rapport au nom de la commission des traitements.

En 1931, il était facteur à Boulogne-sur-Seine. Le 30 octobre il signait un article dans lLa Vie Ouvrière.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article115856, notice LAPART Joseph par Gilles Pichavant, version mise en ligne le 24 novembre 2010, dernière modification le 21 juin 2022.

Par Gilles Pichavant

SOURCE : Arch. Dép. Morbihan, série M. — L’Humanité, 31 mai 1930, 1er juin 1930. — La Révolution prolétarienne, 15 juin 1930. — Paris-Soir, 10 janvier 1931 — La Vie Ouvrière, 26 juillet 1929, 14 mai 1930, 30 octobre 1931.

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