BOULINEAU Charles, Louis

Par Jacques Girault

Né le 15 octobre 1895 à Saint-Georges-de-Pointindoux (Vendée), mort le 8 mai 1960 à Carnoules (Var) ; cheminot ; syndicaliste CGTU, puis CGT ; conseiller municipal (1929-1939), puis maire communiste (1953-1959) de Carnoules.

Abandonné par sa mère, lingère, Charles Boulineau fut élevé par sa grand-mère, puis par l’Assistance publique. Il avait reçu les sacrements catholiques et obtint le Certificat d’études primaires. Il participa à la guerre dans l’infanterie coloniale (Dardanelles, puis Verdun) et se maria exclusivement civilement à Draguignan en juillet 1918. Il ne devait pas faire administrer de sacrements catholiques à ses enfants.

Après un stage en 1919 dans les chemins de fer alors qu’il était encore sous les drapeaux, Boulineau entra, sur recommandation de Clemenceau, en 1920 à la Compagnie du PLM. Affecté à Marseille, puis aux Arcs dans le Var (1920), il fut nommé comme aiguilleur au dépôt de Carnoules (service exploitation) en 1922. Gréviste en mai 1920, il ne fut pas sanctionné. Il devint trésorier du syndicat CGTU de Carnoules dès sa constitution en octobre 1924 puis le secrétaire le 5 mai 1925. Il était aussi le secrétaire de la cellule communiste dès sa formation.

Le 5 mai 1929, Charles Boulineau, sur la liste « du Bloc ouvrier et paysan », fut élu conseiller municipal avec 186 voix sur 435 inscrits. Membre de la commission des finances et de la commission scolaire, il fut réélu le 5 mai 1935, avec 310 voix sur 495 inscrits. Il participa aux commissions des finances, de l’eau, de l’hygiène et de l’électricité.

Lors de la réunification syndicale, Boulineau, qui avait été délégué au congrès de la CGT à Toulouse, devint le trésorier du syndicat CGT. Secrétaire par la suite du syndicat, il fut révoqué après la grève du 30 novembre 1938. Réintégré deux mois plus tard, il fut muté à Eygurande (Corrèze) où il resta trois mois, puis à Cosne (Nièvre) où il resta de 1939 à 1947. Le conseil municipal de Carnoules fut dissous en octobre 1939.

Mobilisé en juin 1940 à Orléans, interné quelques jours dans un camp dans le Loir-et-Cher, Charles Boulineau reprit son emploi à Cosne (Nièvre). Très tôt en contact avec les milieux résistants, il fut notamment au cœur de l’organisation des passages en zone libre. Membre du Comité local de Libération et de la délégation municipale, il fit partie du jury du tribunal de Nevers pour juger les collaborateurs. Candidat aux élections municipales de Cosne, il obtint 1 559 voix au scrutin de ballottage, le 13 mai 1945 et fut élu. Secrétaire du syndicat des cheminots, il quitta Cosne en novembre 1946.

Revenu à Carnoules, Boulineau fut affecté à Cannes-La Bocca (Alpes-Maritimes) puis à Marseille. Il partit en retraite comme chef aiguilleur principal en 1951.

Charles Boulineau redevint conseiller municipal de Carnoules le 26 avril 1953 avec 599 voix sur 823 votants sur la liste « d’union ouvrière et paysanne ». Il devint maire de la commune. Malade depuis 1957, il ne se représenta pas en 1959.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article1342, notice BOULINEAU Charles, Louis par Jacques Girault, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 20 septembre 2020.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. Nat. F7/13672. — Arch. Dép. Var, 2 M 7 32 1, 35 1 ; 4 M 49 4 2, 54. — Arch. Com. Carnoules. — Renseignements communiqués par la veuve de l’intéressé.

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