LIONNET Maurice, Fernand

Par Jean Reynaud

Né le 12 juillet 1931 à Orvilliers-Saint-Julien (Aube), mort le 5 avril 2006 à Hyères (Var) ; professeur d’éducation physique et sportive dans les Bouches-du-Rhône ; militant syndical du SNEP ; militant PCF puis du groupe "Le Communiste" ; militant associatif.

Maurice Lionnet en 2005
Maurice Lionnet en 2005

Le père de Maurice Lionnet, Eugène, blessé à la guerre de 1914-1918, instituteur en Alsace, s’y maria, avant de revenir dans l’Aube pour enseigner à Orvilliers-Saint-Julien. Libre penseur, sans doute franc-maçon, militant socialiste SFIO, il quitta le parti et devint compagnon de route du Parti communiste. Il refusa en juin 1940 de lire en classe l’appel du maréchal Pétain, mais il lut un appel de Churchill. Menacé de révocation, il prit une retraite anticipée en janvier 1941. Son grand-père, Fernand, instituteur de la première promotion après les lois laïques de Jules Ferry, avait fait toute sa carrière à Torcy-le-Grand (Aube). Retraité, il fut élu maire du village pendant vingt ans, jusqu’à son décès en 1939.

Sportif (football et demi-fond), Maurice Lionnet fit ses études comme interne au lycée de garçons de Troyes (Aube), où il collabora à la rédaction du bulletin lycéen Le Pangloss. Il entra au Centre régional d’éducation physique et sportive de Reims, puis à l’École normale supérieure d’éducation physique de Joinville-Le-Pont (1952-1956).

Le 24 juillet 1954 à Paris (XIIe arr.), Lionnet épousa Odette Oliviéri, élève de l’École normale supérieure de Fontenay-aux-Roses (1951, lettres), qui mourut dans un accident en 1955. Ils eurent une fille.

Grièvement blessé, Maurice Lionnet obtint le certificat d’aptitude au professorat d’éducation physique et sportive en 1956. Réformé du service militaire, il fut nommé professeur d’EPS au collège mixte de Tarascon-sur-Rhône (Bouches du Rhône).

Le 9 août 1958 à Tarascon-sur-Rhône (Bouches du Rhône), Lionnet épousa uniquement civilement Paquita Sierra, secrétaire dans des entreprises privées, puis employée à la caisse primaire d’assurance maladie à Marseille. Ils eurent deux enfants.

En 1958, le couple Lionnet adhéra au Parti communiste français et participa à la création d’un Comité de vigilance antifasciste. Leurs actions contre la guerre d’Algérie furent dirigées aussi en direction des jeunes conscrits ou rappelés pour l’Algérie, qui faisaient leurs « trois jours » au Centre de Recrutement de Tarascon. La cellule communiste contestait la politique du PCF qui réclamait de « bonnes négociations », selon ses termes, avec les autorités pour obtenir « une bonne Algérie française ». La fédération communiste prononça en 1960 l’exclusion de la majorité des membres de cette cellule de Tarascon, dont le secrétaire Jean Allemand, Maurice et Paquita Lionnet.

La même année, Lionnet obtint sa mutation pour le nouveau lycée Nord de Marseille, futur lycée Saint-Exupéry. Il y resta jusqu’à sa retraite en 1991.

Maurice et Paquita Lionnet s’engagèrent dans tous les combats contre le colonialisme et la guerre en Algérie et au Vietnam. Militant actif du Comité de vigilance antifasciste, du Mouvement de la Paix, puis de l’Association des combattants de la cause anticoloniale, des Amitiés Franco-Vietnamiennes et Franco-Chinoises, engagé contre les menaces de l’Organisation de l’Armée Secrète qui commettait des attentats sur Marseille, Lionnet reçut à son domicile, comme d’autres militants, des menaces de mort.

Avec Jean Allemand et Claude Despretz notamment, Lionnet participa à la création en 1960 du journal Le Communiste des Bouches-du-Rhône, en liaison avec Le Communiste, fondé en 1954 par Michèle Mestre, Mathias Corvin] et Marcel Debelley, qui, sur le plan national, luttait « pour que le mouvement ouvrier français et le Parti communiste se préparent à la prise de pouvoir ». En 1968, Le Communiste des Bouches-du-Rhône titra « Les dirigeants du PCF ont peur de la Révolution », mais appela cependant à voter communiste.

Il consacrait l’essentiel de ses forces et de ses capacités intellectuelles au militantisme avec une rigueur « que certains ont parfois jugée excessive »¶ (Marcel Debelley).

En 1985, fut fondé Le Regroupement Communiste, dont Maurice Lionnet fut le directeur de publication jusqu’en 2002. Le bulletin affirmait que « seule la révolution socialiste et la dictature du prolétariat mettront fin au capitalisme et à sa stratégie de guerre mondiale ». Il appelait à « combattre l’Europe Atlantique » et dénonçait la « notion de gauche, instrument de collaboration de classe ».

Parallèlement, Maurice Lionnet développait son activité syndicale. Militant du Syndicat national de l’éducation physique dès son passage au CREPS et à l’ENSEP, il devint secrétaire départemental du SNEP de 1960 à 1964, puis secrétaire académique pour Aix-Marseille de 1964 à 1971, membre de la commission administrative nationale du SNEP de 1967 à 1969, artisan comme d’autres de la transformation du SNEP sur des bases proposées par le courant « Unité et Action ». Dans son intervention au congrès national de 1967, il affirmait : « C’est dans la mesure où nos camarades seront mieux mobilisés sur nos propres objectifs qu’ils seront aptes à se joindre aux combats d’ensemble contre la politique du pouvoir gaulliste ». Il était aussi élu dans les Commissions administratives paritaires.

Maurice Lionnet vivait et enseignait dans un quartier ouvrier. Ses compétences l’amenèrent à militer dans la Fédération sportive et gymnique du travail. Membre du bureau départemental de l’organisation, il anima, dans les calanques, la montagne Sainte Victoire, l’Oisans, un groupe FSGT-Escalade et fut, avec sa femme Paquita, un praticien expérimenté de la varrape dans les Alpes et les Pyrénées. Il participa à la vie de la Fédération des conseils de parents d’élèves et des comités d’intérêt des quartiers (15e-Saint-Louis, puis des Borels dont il devint le président).

Passionné d’histoire, grand lecteur, Maurice Lionnet fondait son opinion et sa ligne d’action en analysant théories et faits à la lumière de la dialectique du socialisme scientifique et s’affirmait « disciple de Marx et Lénine, communiste. Un point c’est tout ».

Marcel Debelley*, lors de la cérémonie de recueillement au cimetière Saint-Pierre de Marseille, associa à son hommage le nom de Che Guevara, car Maurice Lionnet était très admirateur de Cuba et membre de l’association France-Cuba.

Maurice Lionnet, décédé à la maison de convalescence de la Mutuelle générale de l’Éducation nationale à Hyères, fut enterré le 10 avril 2006, dans le caveau familial au cimetière de Torcy-le-Grand.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article139272, notice LIONNET Maurice, Fernand par Jean Reynaud, version mise en ligne le 9 janvier 2012, dernière modification le 16 février 2019.

Par Jean Reynaud

Maurice Lionnet en 2005
Maurice Lionnet en 2005
Maurice et Paquita Lionnet à la Brèche Rolland (Pyrénées) en 1985
Maurice et Paquita Lionnet à la Brèche Rolland (Pyrénées) en 1985
Maurice Lionnet dans les Calanques en 1978
Maurice Lionnet dans les Calanques en 1978
Clichés fournis par Paquita Lyonnet

SOURCES : Arch. SNEP. — Documents fournis par Paquita Lionnet. — Hommage de Marcel Debelley lors des ses obsèques à Cimetière Saint-Pierre de Marseille. — Notes de Jacques Girault.

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