MARIT Fernand, Auguste, Marcel

Par Virginie Daudin

Né le 11 janvier 1923 à Châtellerault (Vienne), fusillé le 11 septembre 1943 au champ de tir de Biard près de Poitiers (Vienne) ; ajusteur fraiseur à la Manufacture nationale d’armes de Châtellerault ; résistant de l’Organisation spéciale (OS) et des FTPF.

Né d’un père ébéniste et d’une mère couturière, Fernand Marit résidait à Châtellerault. Dès la fin de 1939, il structura avec Camille Blanzat, Maurice Bourgois, Eugène Pinaud, Didier Boizier et ses deux frères, le Parti communiste français clandestin à Châtellerault.
Il s’engagea dès le 18 octobre 1940 dans l’OS en cours de constitution à la Manufacture nationale d’armes de Châtellerault. À partir du 1er février 1942, sous le pseudonyme Botêche, il devint responsable du secteur sud d’un groupe FTPF de Châtellerault placé sous la direction de Camille Blanzat.
Il participa aux réunions clandestines de l’état-major et aida à l’hébergement des responsables du Comité national et de l’interrégion. Il eut de nombreux contacts avec l’interrégion Joseph Berthou, fusillé sur le champ de tir de Biard le 3 décembre 1942. Il organisa de multiples sabotages dès février 1941 : sabotage par engins explosifs de la ligne Paris-Bordeaux à hauteur de Souhé (Vienne) à deux reprises, destruction du matériel automobile de l’armée allemande stationné dans un garage situé dans le centre-ville de Châtellerault, sabotage du pont ferroviaire à Nonnes (Vienne) sur la ligne Paris-Bordeaux, sabotage de la ligne de distribution électrique et téléphonique de la Feldkommandantur et de la Feldgendarmerie à Châtellerault, instigateur de la destruction totale des panneaux lumineux de signalisation de l’occupant. À la Manufacture nationale d’armes, il fut l’un des meneurs du mouvement de grève du 26 novembre 1942 pour lutter contre les réquisitions de main-d’œuvre pour travailler en Allemagne. Aux côtés de Jean Chiquet et Eugène Roux, il mobilisa les ouvriers de l’atelier 39. 80 % des ouvriers de la Manufacture d’armes débrayèrent. Réunis à l’extérieur, ils entonnèrent la « Marseillaise ». Éliane Devergne, usineuse à la plaque à l’atelier 39 se souvient : « Profitant de la cohue à l’affichage des listes, l’un d’entre nous coupe le courant. C’est le signal. Dans chaque travée, un ou deux camarades entraînent les ouvriers vers la sortie. [...] C’est formidable [...] Nous sommes près de 2 500 dans la cour [...] De toutes les poitrines une vibrante ``Marseillaise’’ résonne. Nous sommes devant les bureaux de la direction française et allemande. On nous y attend armé et menaçant. [...] Nous parlementons [...] Nous donnons l’ordre de dispersion [...]. La liste suivante de requis fut réduite de trente noms. »
Les agents de la Sipo-SD, de la Feldgendarmerie et de la Section des affaires politiques de Poitiers l’arrêtèrent à la manufacture le 18 décembre 1942 avec treize autres camarades dont Jean Chiquet et Eugène Roux.
Interné à la prison de la Pierre-Levée (Poitiers, Vienne), il fut transféré au fronstalag 122 – Compiègne-Royallieu – le 16 janvier 1943 et immatriculé 7 292. Le 23 janvier suivant, il fut déporté dans le camp de concentration de Sachsenhausen puis rejoignit le Kommando d’Heinkel sous le matricule 58 639. Il fut affecté, dans ces usines, à la production destinée à l’aviation. À Poitiers, les services de la Sipo-SD poursuivirent leurs investigations et ordonnèrent son rapatriement en France. Transféré à la prison de Sarrebruck en Allemagne, il fut interné à la prison de la Pierre-Levée le 13 juin 1943. Le tribunal militaire allemand de la Felkommandantur 677 à Poitiers le condamna à mort le 4 septembre 1943. Il a été fusillé le 11 septembre 1943 sur le champ de tir de Biard.
Son corps, avec celui de ses neuf camarades de la Manu fusillés sur le champ de tir de Biard, fut rapatriés dans le carré des fusillés dans le cimetière de Châteauneuf à Châtellerault par la section du Parti communiste le 10 novembre 1944. Le 30 novembre 1944 furent célébrées des funérailles officielles.
Son nom est inscrit sur le monument érigé à la mémoire des 128 fusillés sur le champ de tir de Biard, inauguré le 8 mai 1949, et sur le monument des martyrs de la Résistance à Châtellerault.
Il fut élevé au rang de chevalier de la Légion d’honneur.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article150631, notice MARIT Fernand, Auguste, Marcel par Virginie Daudin, version mise en ligne le 28 novembre 2013, dernière modification le 8 novembre 2021.

Par Virginie Daudin

SOURCES : DAVCC, Caen. – Arch. Dép. Vienne, 1921W4. – Marie-Claude Albert, Châtellerault sous l’Occupation, La Crèche, Geste Éd., 2005. – Au nom de la Résistance, hommage aux 128 fusillés, coll. Centre régional « Résistance & Liberté ».

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