CASA José, Modeste dit Joseph [Dictionnaire Algérie]

Par René Gallissot, Antoine Olivesi, Jean-Marie Guillon

Né le 24 février 1912 à Mers-el-Kébir ; ouvrier maçon ; militant communiste des Bouches-du-Rhône ; combattant des Brigades internationales, blessé rapatrié en France

Fils de Manuel Casa, maçon, et d’Isabelle Fuentès, marié en mai 1935 avec Marie Cibella, Jose Casa était installé à Marseille (Bouches-du-Rhône), dans le quartier ouvrier de l’Estaque-Plage. Adhérent au Parti communiste, il militait à la cellule du quartier depuis 1935. Adhérent au syndicat du bâtiment CGT en juin 1936, il participa à la grève et à l’occupation du chantier de l’entreprise Cayolle pour laquelle il travaillait à Marseille. Volontaire en Espagne républicaine de juillet 1937 à 1938, il servit comme sergent mitrailleur dans une brigade mixte. Il dira un peu plus tard qu’il se trouvait dans la brigade Lister. Combattant sur le front de l’Ebre depuis le 28 juillet 1938, il fut sérieusement blessé par des éclats d’obus à la poitrine le 22 septembre 1938. Il fut rapatrié en France le 22 décembre. Mobilisé le 2 septembre 1939 au 1er régiment du Génie à Épinal (Vosges), il fut libéré le 28 juillet 1940 à Avignon (Vaucluse). Participant à la reconstitution clandestine du PC, il était considéré par la police comme l’un des militants les plus actifs de l’Estaque-Plage. Il s’occupait d’après elle du tirage et de la distribution des tracts et journaux. Il fut arrêté dans le cadre de l’affaire Barbé-Laffaurie le 19 octobre 1940, déféré devant la justice militaire et écroué au fort Saint-Nicolas. Devant être remis en liberté le 14 novembre, il fut l’objet d’un arrêté d’internement administratif, comme tous les militants dans sa situation, le 9 novembre 1940 et fut envoyé au camp de Chibron (commune de Signes, Var). Son deuxième fils naquit peu après. Il bénéficia d’un non-lieu le 27 mars 1941. Transféré au camp de Saint-Sulpice-la-Pointe (Tarn) à la dissolution de celui de Chibron, il fut interrogé par le commissaire du camp le 4 août 1941, il affirma n’avoir eu aucune responsabilité au PC ni même beaucoup d’activité, étant très pris par son travail. Il se serait contenté de vendre L’Humanité. Il n’avait pas pris part aux incidents du 2 avril à Saint-Sulpice – la protestation contre la déportation d’internés en Algérie - car il était malade, ce que le chef de camp confirma, signalant qu’il était resté sans connaissance plusieurs jours. IL ne s’était pas désolidarisé des manifestants du 2 car il était contre les déportations, mais il se disait disposé à signer « volontiers » l’acte de loyalisme au Maréchal et à son gouvernement. Le chef de camp, tout en signalant qu’il sympathisait toujours avec les « meneurs » communistes, donna un avis favorable à sa libération, vu son état de santé et sa conduite qui était bonne. Son arrêté de libération conditionnelle pour trois mois fut signé le 16 décembre 1941. D’après son dossier AVER, il aurait été FFI par la suite.
Après guerre, père de cinq enfants, Jose Casa ne pouvait plus exercer sa profession ; il ne touchait aucune pension.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article152709, notice CASA José, Modeste dit Joseph [Dictionnaire Algérie] par René Gallissot, Antoine Olivesi, Jean-Marie Guillon, version mise en ligne le 24 janvier 2014, dernière modification le 20 février 2021.

Par René Gallissot, Antoine Olivesi, Jean-Marie Guillon

SOURCE : Arch. AVER. – Arch. Dép. Bouches du Rhône, France, M6 11152B (ancienne cote), 5 W 172 (dossier internement) et 76 W 115. — DBMOF, notice par Antoine Olivesi.

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