BLOCH André, Georges, alias André Jean Bernard, alias « Draftsman »,

Par Jean-Pierre Ravery

Né le 19 juin 1914 à Paris (Xe arr.), fusillé le 11 février 1942 au Mont-Valérien, commune de Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine) ; clerc de notaire ; opérateur-radio parachuté en France occupée par la section F du Special Operations Executive (SOE).

André Bloch
André Bloch

André Bloch était clerc de notaire à Montbéliard (Doubs) lorsque la guerre éclata. Il était le fils d’Edmond et Suzanne Bloch (née Lipmann). La famille était domiciliée 31, place Denfert à Montbéliard. Présent à Londres à la création du SOE en juillet 1940, il fut recruté sous le nom de Alan George Boyd (matricule 184314) par la section F (F pour France) sous contrôle exclusivement britannique, à la différence de la section RF qui était copilotée avec le service secret de la France libre (futur BCRA). Il suivit différents stages de formation (action subversive, sabotage, parachutisme, etc.) et fut sélectionné pour devenir opérateur radio. Après plusieurs reports dus aux conditions météo, il fut parachuté dans la nuit du 6 au 7 septembre 1941 non loin d’Argenton-sur-Creuse (Indre) avec cinq autres agents (Benjamin Cowburn, Victor Gerson, George Langelaan, Jean Paul Marie du Puy, Michael Trotobas). Ils étaient attendus au sol par Georges Bégué, Max Hymans dit Frédéric et Auguste Chantraine, le maire de Tendu.
André Bloch passa en zone occupée quelques jours plus tard pour devenir opérateur-radio du réseau « Autogiro » constitué en région parisienne par Pierre de Vomécourt dit Lucas.
Il fut à cette époque le seul opérateur-radio de la section F du SOE en activité en zone occupée. Pour le SOE, son nom de code était « Draftsman ». En France, il vivait sous la fausse identité de André Jean Bernard. En octobre, son chef de réseau l’installa au Mans (Sarthe) dans une maison amie, pensant qu’il y serait plus en sécurité. Il organisa à la même époque un petit parachutage de matériel de sabotage dans la Sarthe.
Le 12 novembre, André Bloch émit son dernier message à destination de Londres. Dans les heures qui suivirent, il fut capturé par la Geheime Feldpolizei (GFP). Différentes hypothèses furent avancées pour expliquer sa chute. Selon Pierre de Vomécourt, cité par Marcel Ruby, il aurait été dénoncé par des voisins en tant que Juif. Selon l’historien officiel du SOE, Michael Foot, le service de radiogoniométrie de l’Abwehr aurait fini par le repérer parce que ses émissions étaient trop longues et trop statiques. Mais dans l’un de ses livres publié en 1989 à Munich, l’ancien chef de la section III F (contre-espionnage) de l’Abwehr en France, le lieutenant-colonel Oskar Reile affirma que ce fut un renseignement fourni par la police de Vichy qui permit l’arrestation d’André Bloch, suite à la capture d’une dizaine d’agents du SOE à Marseille (Bouches-du-Rhône).
Selon Reile, André Bloch s’obstina à « nier les évidences » et fut finalement déféré devant une cour martiale qui le condamna à mort le 1er janvier 1942. Il fut exécuté au Mont-Valérien le 11 février 1942. En octobre 1946, la médaille de la Résistance lui fut attribuée à titre posthume ainsi que le grade de lieutenant.
Le nom d’André Bloch figure sur les plaques commémoratives du square du Souvenir et de la Synagogue de Montbéliard. Il est également sur le Mémorial de Valençay (Indre) dédié aux 104 agents de la section F du SOE morts pendant la Seconde Guerre mondiale. Enfin, il figure en Grande-Bretagne sur le Brookwood Memorial (Surrey) panneau 21, colonne 3.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article153136, notice BLOCH André, Georges, alias André Jean Bernard, alias « Draftsman », par Jean-Pierre Ravery, version mise en ligne le 6 février 2014, dernière modification le 18 novembre 2020.

Par Jean-Pierre Ravery

André Bloch
André Bloch

SOURCES : DAVCC, Caen (Notes Thomas Pouty). – Site Special Forces Roll of Honour. – Marcel Ruby, La Guerre secrète. Les Réseaux Buckmaster, France Empire, 1985. – Michael Richard Daniell Foot, Des Anglais dans la Résistance. Le Service Secret Britannique d’Action (SOE) en France 1940-1944, Tallandier, 2008. – Oskar Reile, Der Deutsche Geheimdienst im II. Weltkrieg, Westfront, Weltbild Verlag, 1989. – Arch. mun. Montbéliard. — Dossier personnel SOE, National Archives Kew, cote HS 9/195/4 . Dossier personnel, SHD Vincennes cote GR 16 p.64854.

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