BARTHÉLÉMY Edmond

Par Marie-Louise Goergen

Né le 21 octobre 1911 à Sorgues (Vaucluse), mort le 28 juillet 1999 à Bourgoin-Jallieu (Isère) ; dessinateur au Service Voie et bâtiments ; résistant ; militant communiste puis UGS ; conseiller municipal de Bourgoin-Jallieu (1965-1989).

Fils d’un métallurgiste venu à Bourgoin (Isère) en août 1919, Edmond Barthélémy féquenta le collège de Bourgoin avant d’entrer, en 1925, aux usines Bruyère puis, en 1928, aux établissements Diederichs, comme dessinateur industriel. En 1930, il partit à Oullins (Rhône), toujours comme dessinateur, aux établissements Martin-Moulet. C’est en 1937 qu’il entra à la SNCF où il fut employé au service de la Voie et des bâtiments.
Syndiqué à la CGT depuis 1935, nommé délégué chez Martin-Moulet, il adhéra au Parti communiste en 1937. En 1942, il entra dans la Résistance. Il participa à des actions dans le cadre de l’association des Amis de la nature dont il était le président. Il servit également d’intermédiaire lorsque le Front national établit ses premiers liens avec le secteur 7 organisé par les Mouvements unis de la Résistance (MUR) qui se transformèrent en Mouvement de Libération nationale (MLN) après la fusion des réseaux de la zone sud avec ceux de la France occupée. Arrêté en juillet 1943, libéré deux mois après, il entra en clandestinité et devint, en 1944, agent de liaison entre Bourgoin et Lyon pour le Front national.
Domicilié à Jallieu depuis octobre 1941, Edmond Barthélémy, « employé de chemin de fer », se présenta la première fois sans succès aux élections municipales, le 13 mai 1945, au deuxième tour, sur une Liste d’union républicaine antifasciste avec le titre « SNCF et FLN » (Front de Libération nationale regroupant le Front national et le MLN). Il ne fut élu qu’à l’élection complémentaire consécutive au décès du maire Fabien Raphaël, le 11 juin 1950, sur la Liste d’Union républicaine et résistante présentée par le Parti communiste français. Il resta conseiller municipal jusqu’au renouvellement du 26 avril 1953 où il apparut l’unique élu minoritaire. Tête de la Liste d’Union ouvrière, démocratique et laïque de défense des intérêts communaux du Parti communiste français, il fut battu face à la liste du maire sortant Henri Drevet.
Il se présenta ensuite aux élections cantonales, le 20 avril 1958, en tant que candidat et membre du comité national du Parti d’Union de la Gauche socialiste (PUGS). La profession de foi pour le premier tour de cette élection expliquait que « dès 1951, des divergences de vue, sur les méthodes l’opposent aux dirigeants locaux et fédéraux du PCF et aboutissent, en février 1956, à l’exclusion motivée uniquement par des raisons politiques ». Son comité de parrainage était composé notamment d’un militant CGT, d’un militant Force ouvrière, d’un syndiqué SGEN-CFTC et d’un ex-militant SFIO. Il ne put se maintenir au second tour.
Ayant rejoint la Nouvelle Gauche, soutenant sa transformation en Parti avec le MLP, il fut élu au Conseil National lors du IIe congrès national du 9 décembre 1956. Il fut élu au comité politique de L’UGS. Lors de l’élection législative partielle du 2e secteur de Paris en mars 1958, en remplacement de Marcel Cachin* il se prononça contre le retrait de Pierre Hespel* en faveur du candidat communiste. Il était cependant partisan d’un regroupement de la gauche, puis de la fusion avec le PSA, même si Mendès-France et le CAD y participent, mais à condition que cela n’entraîne pas l’adhésion à la IIe Internationale. Au Congrès National de 1950, il proposa avec Jacques Nantet* un rapport : « Pour l’Unification dans un esprit nouveau »
Candidat aux élections cantonales d’avril 1958 à Bourgouin, soutenu la SFIO, il obtint 8 % des voix, puis aux élections législatives de novembre 1958 à La Tour-du-Pin, il obtint 2 291 voix (5,12 %) au premier tour.
De nouveau candidat aux élections municipales de 1959, il fut désigné comme « employé SNCF, médaillé de la Résistance » sur la Liste d’Union pour la défense des intérêts communaux, des libertés, de la laïcité et de l’action sociale, sans succès.
Il apparut au milieu des années 1960 comme membre du comité directeur du Groupe d’action et d’efficacité municipale (GAEM) local dont la liste, dirigée par Pierre Oudot sous l’appellation Bourgoin-Jallieu Demain, n’émanait « d’aucune famille politique et souhait [ait] rassembler tous les habitants sur les problèmes communaux ». Élu conseiller municipal de Jallieu, le 21 mars 1965, il conserva cette fonction dans le premier conseil municipal de Bourgoin-Jallieu, issu de la fusion des deux communes, le 1er janvier 1967. Il était ensuite qualifié « d’employé à l’ANPE, marié, 2 enfants » sous le même intitulé GAEM-Bourgoin-Jallieu-Demain aux élections municipales de 1971. Il était alors animateur du Comité de liaison des affaires communales, président des retraités de la SNCF, délégué cantonal des écoles publiques et possédait la carte de Combattant volontaire de la Résistance et la médaille de la Résistance. Refusant tout poste d’adjoint, il fut réélu une seconde et une troisième fois sous la conduite de Pierre Oudot, aux renouvellements de 1977 et 1983 dans le cadre de municipalités d’union de la gauche. Il demeura à cette fonction jusqu’aux élections de 1989, totalisant vingt-quatre années de mandat consécutives.
Militant associatif, il était président du club sportif ouvrier de Bourgoin-Jallieu.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article15812, notice BARTHÉLÉMY Edmond par Marie-Louise Goergen, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 1er juin 2021.

Par Marie-Louise Goergen

SOURCES : F1cll/320. — Nouvelle Gauche, 15 décembre 1956, 29 décembre 1956, — Nouvelle Gauche. Bulletin d’information du Mouvement uni de la Nouvelle Gauche, 10 janvier 1957, 10 février 1957. — Tribune du peuple, 14 décembre 1957, 5 avril 1958, 26 avril 1958, 15 novembre 1958. — Courrier de l’UGS, 18 février 1958, 15 décembre 1958, 1er juin 1959, 15 octobre 1959, 1er février 1960. — Directives, 9 avril 1958. — Les élections législatives 1958, La documentation française. — Maurice Rullière, Résistance en Bas-Dauphiné. Historique du Secteur 7, libérateur de Bourgoin et de Jallieu, Lyon, E. Bellier, 1984, p. 20-21. — Notes de Gilles Morin. — Renseignements communiqués par la mairie de Bourgoin-Jallieu. — Notes de Jean Risacher.

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