FURIER Georges, Émile

Par Jean-Paul Nicolas

Né le 12 février 1917 à Nully (Haute-Marne), fusillé le 22 février 1944 à Creney-près-Troyes (Aube) ; directeur de coopérative agricole à Saint-Parres-lès-Vaudes (Aube) ; FTPF, membre du groupe Gabriel Péri.

Monument de Creney
Monument de Creney

Georges Furier, marié et père d’un enfant, était directeur de la coopérative agricole de Saint-Parres-lès-Vaudes (Aube) entre Troyes et Bar-sur-Seine.
Georges Furier appartenait au groupe FTP Gabriel Péri de la région vaudoise (vers le sud de Troyes, entre Troyes et Bar-sur-Seine). Ce groupe fondé en août 1943 par le dirigeant départemental FTP Michel Freud était composé de membres venant de tous horizons professionnels et comptait plusieurs habitants de Saint-Parres-lès-Vaudes. Georges Furier, 27 ans, était le plus jeune membre de cette organisation qui comptait principalement des personnes bien établies dans la vie rurale et forestière du Vaudois. Ce groupe se spécialisa dans les sabotages et les parachutages.
À l’été 1943, le groupe Gabriel Péri recueillit un parachutage d’armement et entreposa, dans un premier temps, les containers d’armes dans les locaux de la coopérative de Georges Furier. Les armes furent transférées dans la forêt du Bailly avec la complicité du responsable d’exploitation forestière André Gaugue, lui aussi FTP. Le groupe porta assistance à un aviateur américain, tombé à Pont-Sainte-Marie le 6 septembre 1943, et assura, grâce à une filière, son évasion vers l’Angleterre par l’Espagne.
Le garagiste Albert Keyser fournit au groupe la camionnette indispensable pour organiser le déraillement d’un train puis la réception d’un nouveau parachutage les 21 et 22 septembre 1943.
Le groupe Gabriel Péri comprenait notamment, en plus de Georges Furier et Albert Keyser : François Mothré, marchand de charbon à Saint-Parres-lès-Vaudes, Fernand Millot, habitant à Rumilly-lès-Vaudes qui était employé d’un épicier du même réseau FTP, Louis Tripogney.
Le 1er octobre 1943, Fernand Millot fut arrêté en gare de Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire) par une patrouille allemande. Trouvé porteur d’un pistolet et d’explosifs, il fut incarcéré. Le 3 octobre 1943, la Gestapo interpella François Mothré, Georges Furier et Albert Keyser, au domicile duquel on trouva deux mitraillettes.
Suivirent toute une série d’arrestations qui, en octobre 1943, mirent fin au groupe FTP Gabriel Péri du Vaudois. Seuls Louis Tripogney et son frère Henri parvinrent à prendre la fuite. L’épouse de Louis, Léa, fut arrêtée.
Les autorités allemandes décidèrent de traduire le 17 février 1944 les responsables du groupe FTP devant un tribunal militaire pour « avoir mis en lieu sûr des caisses en tôle remplies d’armes larguées par des avions anglais ». Georges Furier, François Mothré, Albert Keyser, et Fernand Millot furent condamnés à mort et fusillés au champ de tir de Creney le 22 février 1944.
André Gaugue et Léa Tripogney, déportés, revinrent en 1945. Daniel Traini succomba dans un camp de concentration.
Le nom de Georges Furier est inscrit sur le monument aux morts de Saint-Parres-lès-Vaudes et sur le monument des fusillés de Creney.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article168123, notice FURIER Georges, Émile par Jean-Paul Nicolas, version mise en ligne le 1er décembre 2014, dernière modification le 30 novembre 2018.

Par Jean-Paul Nicolas

Monument de Creney
Monument de Creney

SOURCES : SHD-AVCC Caen AC 21 P 190112 et Vincennes GR 16 P 237043 (à consulter). — DAVCC, Caen (Notes Thomas Pouty). – Sébastien Touffu, « Le groupe FTP Gabriel Péri », in CDrom La Résistance dans l’Aube, AERI-CRDP Champagne-Ardenne.

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