BOURBON Madeleine, Émilienne [épouse COLLAS]

Par Éric Belouet

Née le 21 juin 1914 à Flers (Orne), morte le 9 septembre 1998 à Beaumont-du-Gâtinais (Seine-et-Marne) ; corsetière, employée de bureau, puis attachée de cabinet du ministre Robert Prigent* (1945-1947) ; militante jociste de l’Orne, permanente de la JOCF (1938-1939) ; militante du MPF.

Madeleine Bourbon vit le jour dans une famille pauvre de l’Orne. Son père, d’abord ouvrier agricole, devint charretier dans une entreprise de transports avant de reprendre son ancienne activité ; sa mère, laveuse après avoir été servante dans sa jeunesse, était catholique pratiquante irrégulière. Ni l’un ni l’autre ne manifestaient d’intérêt pour la politique. La famille, qui comptait trois enfants (une sœur de Madeleine Bourbon sera également jociste), vécut jusqu’en 1930 dans un deux pièces, cuisine comprise.

Madeleine Bourbon obtint son certificat d’études primaires, puis commença un court apprentissage de corsetière en septembre 1927 dans une fabrique de corsets où, après seulement six mois, elle commença à travailler sur machine à coudre. Ayant suivi des cours du soir de sténodactylo à la demande de sa mère, elle quitta la fabrique pour occuper divers emplois de bureau.

En 1930, Madeleine Bourbon créa, avec une modiste de quatre ans son aînée, à Flers, une section de la JOCF qui fut officiellement affiliée au mouvement l’année suivante. Elle participa ensuite à la création d’une fédération à Flers, puis devint, en 1935, propagandiste régionale pour le Calvados, l’Eure et la Manche. En 1938, la section JOCF de Flers comptait plus de cent cotisantes. En 1936, Madeleine Bourbon avait également participé à la création des syndicats CFTC à Flers là où il n’en existait pas. En 1938, elle devint dirigeante nationale de la JOCF et conserva cette responsabilité jusqu’à son mariage.

Le 29 avril 1939 à La Lande-Patry (Orne), elle épousa Roger Collas*, mécanicien dans une usine textile, lui-même ancien jociste. Le couple eut six enfants, nés entre 1940 et 1953 Madeleine et Roger Collas poursuivirent leur militantisme au sein de la Ligue ouvrière chrétienne (LOC) qui devint le Mouvement populaire des familles (MPF) et, dans le cadre de ce mouvement, entreprirent à Flers une série d’activités qui, selon Bruno Béthouart, rassemblèrent près de 5 000 personnes sur les 14 000 habitants de la commune.

Fin 1945, l’ancien permanent jociste Robert Prigent*, devenu ministre de la Population et dont la femme (Thérèse Béhague), avait été dirigeante de la JOCF avec Madeleine Collas, fit appel à cette dernière pour devenir attachée de cabinet. Elle conserva cette fonction jusqu’en mars 1947. Elle dut alors renoncer à travailler pour élever ses enfants mais elle milita jusqu’en 1950 au MPF.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article17532, notice BOURBON Madeleine, Émilienne [épouse COLLAS] par Éric Belouet, version mise en ligne le 20 octobre 2008, dernière modification le 3 octobre 2010.

Par Éric Belouet

SOURCES : Françoise Richou, La JOC/F dans l’Ouest, thèse de sociologie, Université de Nantes, 1986, p. 226-227. — Témoignage, n° 17, avril 1947. — Notice DBMOF. — Notice de Roger Collas dans le DBMOMS, par Bruno Béthouart. — Témoignage de Madeleine Collas recueilli et communiqué par Jeanne Aubert-Picard.

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