PHETER Simone, Margarete

Par Annie Pennetier

Née en mars 1917 à Paris, guillotinée le 20 août 1943 à Berlin (Allemagne) prison de Plötzensee ; secrétaire ; résistante membre de l’Orchestre rouge.

Simone Pheter, française, avait des origines irlandaises lointaines.
Pendant la guerre, elle s’engagea en faveur du sauvetage des juifs, aux côtés du pasteur Paul Vergara, directeur du centre social La Clairière qui en 1941, entreprit de mettre à l’abri les enfants juifs du quartier parisien du Sentier, et de Suzanne Spaak aidés du temple de l’Oratoire du Louvre.
Simone Pheter travaillait comme secrétaire administrative à la Chambre de commerce franco-belge à Paris, poste qu’elle utilisait comme agent de liaison entre Bruxelles et Paris, du réseau français du GRU (services secrets soviétiques) aux côtés d’un petit groupe de femmes. Renée Barro la décrivit ainsi : « une jeune femme très intelligente et très brillante. Elle était très calme et savait très bien ce qu’elle faisait. Elle riait tout le temps et chantait tout au long de la journée ; elle avait une très belle voix et reprenait souvent Ave Maria. »
A l’été 1942, le Sonderkommando Rote Kapelle, avait repéré nombres d’agents de l’Orchestre rouge en Hollande et en Allemagne et réussit des arrestations.
Le 22 novembre 1942, à la demande de Trepper et de Léo Grossvogel, piliers du réseau, Simone Pheter partit à Bruxelles pour avertir les membres du réseau, car les arrestations avaient commencé à Paris dont celles de Suzanne Cointe, Juliette Mignon et Alfred Corbin.
Simone Pheter fut arrêtée le 28 novembre 1942, torturée et interrogée sur Léo Grossvogel. Sa soeur Nelly Pheter, ouvrière en fourrure aux Magasins du Louvre, fut arrêtée le lendemain. Le 30 novembre, Léo Grossvogel tomba entre les mains de la BSI, devant le restaurant Le Courcelles, boulevard de Courcelles à Paris où il avait rendez-vous avec Simone Pheter.
Les interrogatoires eurent lieu rue des Saussaies au quartier général du Sonder Kommando (Gestapo), puis la mise au secret dans le quartier allemand de la prison de Fresnes (Seine, Val-de-Marne). Le procès du groupe se tint en cour martiale de la Luftwaffe le 8 mars 1943 à Paris, 62-64 rue du Faubourg-Saint-Honoré. Simone Pheter fut condamnée à mort. Le 15 avril 1943, elle fut transportée dans le train partit de la gare du Nord à Paris avec le groupe des condamnés à Paris et qui fit halte à Bruxelles avant de rejoindre la prison Moabit de Berlin.
Son amie Renée Alice Barro, et des membres du réseau belge de l’Orchestre rouge, enfermée à la prison Saint-Gilles, furent également déportés dans ce convoi. Renée Barro témoigna de l’état de Simone Pheter :« elle était terriblement amaigrie et triste : elle m’a pris dans ses bras et s’est mise à pleurer en me disant : " C’est ma faute, voilà où je t’ai menée" ».
Le 19 août 1942, elle fut transférée à la prison berlinoise de Plötzensee et le lendemain guillotinée, après avoir été tondue, et les mains liées dans le dos avec six femmes de son réseau.
Ces sept femmes victimes sont : Simone Margaret Pheter, agent de la Chambre de commerce belge à Paris, Georgette Erlik, institutrice née à Rottereau, du réseau parisien, Anna Maximowitsch, médecin, aristocrate russe liée aux services soviétiques, Marguerite Marivet, née Hollier, de la Simex de Marseille, Rita Arnould, Flore Springer-Velaerst (Verlagst).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article176210, notice PHETER Simone, Margarete par Annie Pennetier, version mise en ligne le 22 février 2021, dernière modification le 26 février 2021.

Par Annie Pennetier

SOURCES : Guillaume Bourgeois, La véritable histoire de l’Orchestre rouge, Nouveau monde, 2015. — Christian Langeois, Les chants d’honneur de la Chorale populaire à l’Orchestre rouge, Suzanne Cointe (1905-1943), Cherche midi, 2017.

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