SCHNEITER André [SCHNEITER Marie, François, André] [Pseudonymes dans la Résistance : DÉDÉ et André SALAVIN]

Par Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson

Né le 27 juin 1914 à Reims (Marne), exécuté sommairement le 29 août 1944 à Tournes (Ardennes) ; courtier en vins de Champagne ; résistant ; FFC au titre du réseau Action D ; CDLR ; BOA ; FFI.

André Schneiter
André Schneiter
SOURCE : 
Jean-Louis Schneiter, neveu d’André Schneiter

André Schneiter était le fils de Charles Albert Schneiter, représentant de commerce, et de Jeanne Marie Aline Sart, sans profession. Célibataire, il était domicilié à Reims (Marne), où il exerçait la profession de courtier en vin de Champagne.

Il a combattu en mai-juin 1940 avec son unité en Belgique, puis dans la poche de Dunkerque, où il a embarqué pour l’Angleterre. Rapatrié, il poursuivit le combat et reçut la Croix de guerre.
En 1941-1942, dès que le mouvement Ceux de la Résistance (CDLR) s’est structuré dans la Marne, André Schneiter y a adhéré et y a participé activement. En octobre 1943, il a été désigné comme chef du groupe CDLR-BOA (Bureau des opération aériennes de la France libre) de l’arrondissement de Reims.
Dans la nuit du 11 au 12 novembre 1943, avec l’aide du groupe CDLR-BOA de Gueux dirigé par Pol Poncelet (mort en déportation), il a organisé l’exfiltration vers l’Angleterre par avion Lysander de résistants recherchés activement par la Gestapo, parmi lesquels se trouvait Henri Bertin, chef départemental de CDLR, de l’Armée secrète et du BOA. L’opération, dont le nom de code était Salvia a été réalisée depuis un terrain proche de la Ferme de Montazin, près de Savigny-sur-Ardres (Marne).

Le 28 décembre 1943 André Schneiter a échappé, en prenant la fuite par les toits, aux agents de la Gestapo venus l’arrêter, qui ont enfoncé la porte de son appartement situé 26 boulevard de la Paix à Reims. Il s’est réfugié 33 rue du Barbâtre chez Berthe Hestrest, secrétaire de Pierre Bouchez, chef départemental des FFI (Forces françaises de l’intérieur), puis 86 rue Chanzy à la Maîtrise de la cathédrale où il a été pris en charge par l’abbé Lucien Hess (arrêté le 9 juillet 1944 et déporté à Natzweiler-Struthof, puis à Dachau, déporté rentré), qui lui a fourni des habits ecclésiastiques et lui a trouvé un refuge à l’Abbaye d’Igny (Marne).
André Schneiter s’est rendu ensuite à Paris, puis est revenu à Reims en mars 1944, pour y reprendre l’action clandestine sous le pseudonyme d’André Salavin.

Le 8 juillet 1944, André Schneiter a été arrêté par la Gestapo en même temps que Maurice et Marie-Thérèse Ognois, membres de Libération-Nord, et que Paul Schleiss, responsable militaire de Libération-Nord. L’arrestation a eu lieu au domicile des époux Ognois, où un résistant belge retourné par la Gestapo, Charles-Antoine Rœmen, leur avait tendu un piège.
Interrogé au siège de la Gestapo à Reims, André Schneiter a ensuite été transféré dans les Ardennes à la prison de Charleville. Le 29 août 1944, alors que l’armée allemande battait en retraite, il a fait partie d’un groupe de treize détenus, avec Marie-Thérèse Ognois, Paul Schleiss et Henri Moreau, chef départemental du BOA dans les Ardennes puis dans la Marne, qui ont été tirés de leurs cellules de la prison de Charleville et emmenés en dehors de la ville, à l’écart du village de Tournes, où ils sont exécutés en bordure du Bois de la Rosière.

Les corps d’André Schneiter, Marie-Thérèse Ognois et Paul Schleiss ont été ramenés dans la ville de Reims libérée où leurs obsèques ont lieu dans la cathédrale le 8 septembre 1944 en présence d’une foule considérable.
André Schneiter est inhumé dans le cimetière du Nord à Reims.

Le 20 juin 1948, le tribunal de première instance de Charleville a rendu un jugement déclaratif de décès transcrit à l’état civil de Tournes le 13 septembre 1948 et à l’état civil de Reims le 14 octobre 1948 qui, « rectifiant l’acte de décès numéro 32 d’un inconnu reçu à la mairie de Tournes le 30 août 1944, déclare que Marie François André Schneiter est décédé le 29 août 1944 à Tournes ».

André Schneiter a été reconnu « Mort pour la France ». Il a été homologué FFC et FFI avec le grade de lieutenant. La Médaille de la Résistance lui a été attribuée par décret du 3 juillet 1946 publié au JO du 11 juillet 1946.

Dans les Ardennes, le nom d’André Schneiter est inscrit avec ceux de Marie-Thérèse Ognois et de Paul Schleiss sur le monument érigé à Tournes sur le lieu de l’exécution, ainsi que sur le mémorial de la Résistance ardennaise élevé sur le plateau de Berthaucourt à Charleville-Mézières.
À Reims, où une plaque commémorative a été apposée en 1947 par la municipalité à son domicile 26, boulevard de la Paix, et où une rue du quartier Croix-Rouge porte son nom depuis 1971, André Schneiter figure sur le monument aux martyrs de la Résistance et sur la plaque apposée dans le hall d’entrée du Tennis-Club où un bâtiment d’extension construit après la guerre a été baptisé « Courts André Schneiter ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article176308, notice SCHNEITER André [SCHNEITER Marie, François, André] [Pseudonymes dans la Résistance : DÉDÉ et André SALAVIN] par Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson, version mise en ligne le 28 octobre 2015, dernière modification le 23 avril 2020.

Par Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson

André Schneiter
André Schneiter
SOURCE : 
Jean-Louis Schneiter, neveu d’André Schneiter
Au Tennis-club de Reims
Au Tennis-club de Reims
Sur le monument</br>aux martyrs de la Résistance de Reims
Sur le monument
aux martyrs de la Résistance de Reims
Dans le quartier Croix-Rouge
Dans le quartier Croix-Rouge
26, boulevard de la Paix
26, boulevard de la Paix
Dans le cimetière du Nord à Reims
Dans le cimetière du Nord à Reims
Sur le monument</br>du Bois de la Rosière à Tournes
Sur le monument
du Bois de la Rosière à Tournes
Sur le mémorial de la Résistance ardennaise</br> à Charleville-Mézières
Sur le mémorial de la Résistance ardennaise
à Charleville-Mézières
SOURCE : 
Photos Jean-Pierre et Jocelyne Husson

SOURCES : AVCC, Caen, AC 21 P 152 126. – SHD, Vincennes, GR 16 P 540805. – Arch. Dép. Marne, M 4774, personnes domiciliées dans la Marne, fusillées ou décédées en détention hors du département, liste dressée à la demande du ministère de l’Intérieur en octobre 1944. – Arch. COSOR de la Marne. – L’Union (photo), 15 et 16 décembre 1945. – Jean Joly, Mouvement CDLR, arrondissement de Reims, mémoire achevé par son gendre Daniel Marquet à partir des notes de Jean Joly et des archives de Pierre Bouchez, 1998. – Jean-Pierre Husson, La Marne et les Marnais à l’épreuve de la Seconde Guerre mondiale, Presses universitaires de Reims, 2 tomes, 2e édition, 1998. – Jean-Pierre Husson, " Les trois Rémois exécutés à Tournes le 29 août 1944 ", dossier en ligne sur le site « Histoire et mémoires » du CRDP-Académie de Reims, 2000-2016. – Jean-Pierre et Jocelyne Husson, La Résistance dans la Marne, dvd-rom, AERI-Département de la Fondation de la Résistance et CRDP de Champagne-Ardenne, Reims, 2013. – État civil, Reims (acte de naissance et transcription du jugement déclaratif de décès) ; Tournes (transcription du jugement déclaratif de décès).

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément