MARRES Louis, Paul, Augustin, [pseudonymes "Luc", "Antonin"]

Par Hélène Chaubin

Né le 8 novembre 1926 à Montpellier (Hérault), mortellement blessé par les Allemands le 21 août 1944 au col de Peytafi, à Faugères (Hérault), mort peu après à Hérepian (Hérault) ; lycéen ; résistant ; membre de la Jeunesse communiste clandestine ; a rejoint le maquis FTPF du Vernazoubre (Hérault).

Louis Marres
Louis Marres
Archives famille Marres, Jean-Claude Richard

Louis Marres était le fils du géographe Paul Marres, professeur à la faculté de Montpellier depuis 1930, spécialiste des Grands Causses. Sa mère, Jeanne Serre, était née à Aniane (Hérault). Paul avait déjà trois soeurs : Marguerite, née en 1919, Paule en 1923, et Jeanne en 1925 quand naquit une quatrième : Françoise, née en 1939. Paul Marres aimait emmener sa famille et ses étudiants dans ses excursions géographiques sur les Causses.
Le père de Louis Marres avait des convictions antifascistes et les avait manifestées dans le courant des années 1930. Pendant la guerre, il se rapprocha du Front national, d’inspiration communiste, et milita activement dans la résistance montpelliéraine. Il faisait partie du cercle des universitaires Montpelliérains auquel appartenait son ami Marc Bloch. Ils engageaient les étudiants et les lycéens à participer à l’action résistante en faisant de la propagande, en distribuant des tracts ou en portant des messages. Quand les Allemands occupèrent le sud de la France, Louis avait 16 ans et était lycéen ; il partageait le patriotisme et les convictions de son père. Depuis 1941, il participait au mouvement lycéen. En 1943, il adhéra aux Jeunesses communistes. Il fut interpellé par la police pour avoir distribué des tracts. En juin 1944, la famille dut se disperser car Paul Marres avait échappé de justesse à une arrestation par la Gestapo. Louis choisit la clandestinité et rejoignit les hauts cantons dans la zone du Bousquet d’Orb (Hérault) où plusieurs petits maquis FTPF s’étaient constitués. Avec les maquisards du Vernazoubre il participa à plusieurs sabotages. Malgré son jeune âge son activité et son audace lui valurent — quelques jours avant sa mort —, le grade de lieutenant FFI.
Le 21 août, peu après 17h, un camion allemand qui faisait partie d’une colonne de 6 véhicules passée par Saint-Pons et Lamalou et harcelée sur le parcours par de petits groupes mobiles de maquisards, choisit de bifurquer sur la N. 609, vers Béziers. Il transportait 18 hommes dont deux étaient blessés. Au passage à Hérepian, ils s’étaient emparés de deux drapeaux français. Ils pouvaient servir de leurre. Louis Marres passa lui aussi sur cette route, par le col de Peytafi. Il se rendait à Béziers en moto, accompagné par un camarade, « Bernard ». Ils rencontrèrent au col une jeune infirmière, agent de liaison des maquis, dite « Odette », venue en vélo, qui s’était arrêtée à cause d’une crevaison. Louis Marres décida d’emmener la jeune femme qui devait elle aussi aller à Béziers. Mais ils furent surpris par l’arrivée du camion allemand et trompés à la vue des drapeaux français.Les Allemands tirèrent, blessèrent Bernard qui se trouvait sur le bord de la route et avait un révolver à la main. Bernard put s’échapper mais Louis et Odette, dont le nom était Andrée de Beauregard, furent immédiatement abattus. C’est le groupe conduit par Jean Camillerapp, du maquis Bertrand, qui les découvrit peu après. Andrée avait été tuée sur place et Louis mortellement blessé ; il mourut à Hérepian. Bernard put être transporté et soigné à l’hôpital de Bédarieux. Louis fut enterré à Aniane
Hommages : à titre posthume, Louis Marres reçut la Légion d’Honneur, la Croix de Guerre et fut cité à l’ordre de l’armée.
En ce qui concerne l’odonymie : à Aniane (Hérault) une école porte son nom, ainsi qu’une avenue dénommée Lieutenant Louis-Marres. Il y a à Montpellier une impasse Louis-Marres et une plaque commémorative, au 8 rue Paul-Brousse, rappelle son sacrifice. Son nom est gravé sur le monument aux morts d’Aniane (Hérault).
Voir : Lieu d’exécution du Col de Peytafi, Faugères (Hérault).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article178949, notice MARRES Louis, Paul, Augustin, [pseudonymes "Luc", "Antonin"] par Hélène Chaubin, version mise en ligne le 3 mars 2016, dernière modification le 16 avril 2021.

Par Hélène Chaubin

Louis Marres
Louis Marres
Archives famille Marres, Jean-Claude Richard
Stèle commémorative en l'honneur de Louis Marres
Stèle commémorative en l’honneur de Louis Marres
Plaque commémorative à la mémoire de Louis Marres, Montpellier, 8, rue Paul-Brousse
Plaque commémorative à la mémoire de Louis Marres, Montpellier, 8, rue Paul-Brousse
La famille Marres, 13 juillet 1943
La famille Marres, 13 juillet 1943
©Famille Marres-Jean-Claude Richard.

SOURCES : Gérard Bouladou, Les maquis du Massif central méridional, thèse présentée devant l’Université Paul Valéry le 5 mars 1974, édité par le service de reproduction des thèses de Lille III, 1975, 953 p. — Jean Boekholt (dir.), L’Homme de la rue à Montpellier, Montpellier, éditions de la Source, 1990, tome 1, 189 pages. — André Gueslin (dir.), Les Facs sous Vichy, Actes du colloque des Universités de Clermont-Ferrand et de Strasbourg, novembre 1993, publications de l’Institut d’études du Massif Central, Université Blaise-Pascal Clermont II, 1994, 371 p. — François Mouteyres, Dédée, un secret de famille, un destin français, Forcalquier, éditions Fannyo, 2014, 195p. — Notes de recherches de Jean-Claude Richard, directeur de recherche au CNRS.

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