VERDIER Maurice, Léon, Jean

Par Hélène Chaubin

Né le 25 juillet 1924 à Montpellier (Hérault), mort le 29 avril 2009 à Béziers (Hérault) ; journaliste ; dirigeant communiste de l’Hérault ; membre du comité central du PCF (1979-1990) ; secrétaire fédéral de l’Hérault (1966-1987).

Fils d’Antoine Verdier, propriétaire, et de Marie Rose Crouzet, sans profession, Maurice Verdier séjourna en Afrique où son père était fonctionnaire colonial à partir de l’âge de 4 ans, d’abord au Mali, puis en Guinée et au Sénégal où il fit ses études secondaires au lycée de Saint Louis. C’est à Dakar qu’il obtint le « brevet d’aptitude coloniale » (équivalent du baccalauréat). Il revint alors à Montpellier pour y poursuivre des études de droit de 1945 à 1949 avec une bourse de l’AOF. En 1948, lors de vacances à Dakar, il adhéra au RDA (Rassemblement démocratique africain). A Montpellier, il obtint une licence en droit et un diplôme d’études politiques. Antoine Verdier, le père de Maurice Verdier, était membre de la section SFIO de Saint Louis du Sénégal. Ancien combattant de la Première Guerre mondiale, il avait refusé, par antimilitarisme, de recevoir la croix de guerre. Le frère cadet de Maurice Verdier, né en 1933, membre du Parti communiste, devint cheminot à Béziers où il fut délégué CGT du personnel du dépôt de la gare entre 1958 et 1988. Le militantisme de Maurice Verdier au Parti communiste lui fut inspiré essentiellement par ses convictions anticapitalistes et anticolonialistes qui eurent elles-mêmes deux origines : son expérience vécue au Sénégal, puis ses contacts à l’université de Montpellier où il côtoya des étudiants communistes antillais au foyer des étudiants d’outre-mer.

Il adhéra au Parti communiste en 1947 et à la CGT en 1950. C’est Paul Balmigère* qui lui offrit l’opportunité de devenir journaliste en 1950 : d’abord dans la rédaction de La Voix de la Patrie à Montpellier, puis comme chef d’agence de La Marseillaise à Béziers de 1953 à 1987. En 1953 il fut à l’origine d’une campagne régionale contre la guerre en Indochine. Il devint membre du comité fédéral de l’Hérault en 1959 et du secrétariat fédéral en 1962. Élu premier secrétaire fédéral de 1966 à 1987, il partagea avec ses homologues des départements les plus proches de l’Espagne la responsabilité du soutien logistique que le PCF accordait à la branche clandestine du Parti communiste espagnol ; il recevait à Béziers Santiago Carrillo quand se produisirent les évènements de mai 1968. Il fut membre du comité central du PCF de 1979 à 1990.

Maurice Verdier était essentiellement intéressé par les activités internes de son parti qu’il accepta cependant de représenter à plusieurs reprises dans les compétitions électorales à partir de 1967, c’est-à-dire après le retrait de Joseph Lazare : aux municipales à Béziers en 1967 et 1971 et aux cantonales de 1970 (avec un résultat fort honorable : 30,7% des votants au 2° tour). Aux législatives en 1967 et 1968, dans la circonscription de Béziers-St Pons, les chances des communistes étaient réduites face au candidat socialiste Raoul Bayou, qui fut constamment réélu de 1958 à 1981 : en 1967, il n’y eut qu’un tour, et Maurice Verdier avec 17,1% des inscrits et 22,5% des suffrages exprimés arriva en deuxième position derrière Raoul Bayou. En 1968, il ne participa qu’au premier tour, mais avec 16,3 % des inscrits, il dépassa la moyenne nationale du Parti communiste qui n’obtenait que 15,7 %. Il représenta Jacques Duclos dans le département de l’Hérault lors des Présidentielles de 1969.

Pendant les années 1970, Maurice Verdier, approuvé par les dirigeants communistes, joua un rôle déterminant dans l’évolution de son parti sur la question occitane. Avec ses amis Robert Lafont, Emmanuel Maffre-Baugé et Jean-Pierre Chabrol, il contribua en 1974 à animer le mouvement « Volèm viure al pais » et fut l’un des rédacteurs du manifeste « Mon pais escorjat », paru le 27 octobre 1978. En 1987, il devint secrétaire régional, chargé de coordonner les 5 fédérations de la Région Languedoc-Roussillon. Il milita aussi à l’ACCA (Association des combattants de la cause anticoloniale) dont le siège est à Malakoff, dès la création de l’association en 1986.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article181373, notice VERDIER Maurice, Léon, Jean par Hélène Chaubin, version mise en ligne le 2 juin 2016, dernière modification le 2 juin 2016.

Par Hélène Chaubin

SOURCES : La Marseillaise du Languedoc et Le Travailleur du Languedoc, 1953-1987 — Cahiers du communisme, janvier à novembre 1992 et mars à octobre 1993. — Histoire de Béziers, dir. Jean Sagnes, Privat, 1968, p.286 — Robert Lafont, La revendication occitane, Flammarion, 1974 — Manifeste « Mon pais escorjat », 1978, au CIRDOC (Centre inter-régional de développement de l’occitan) — Claude Delpla, in Histoire d’Occitanie, dir. André Armengaud et Robert Lafont, Hachette, 1979 — Entretiens avec Maurice Verdier les 24 août et 15 septembre 1998, et le 4 mars1999 à Béziers — Archives privées de Maurice Verdier — Manifeste ACCA, août 1998.

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