CARRÉ Eugène

Par Jean Maitron et Claude Pennetier

Né le 1er mai 1887 à Évron (Mayenne) ; menuisier aux chemins de fer de l’État ; secrétaire général de l’Union départementale CGT de la Sarthe ; maire adjoint du Mans ; secrétaire de la section socialiste SFIO du Mans.

Fils de paysans, orphelin dès l’âge de douze ans, Eugène Carré fit son apprentissage de menuisier. Il fut mobilisé en 1914 dans les chasseurs à pied et blessé à Verdun, en 1916.
Démobilisé en 1919, Carré entra à la Compagnie des chemins de fer de l’État. La République sociale de l’Ouest lui attribuait les fonctions de secrétaire du syndicat général des ouvriers du Bâtiment du Mans (Sarthe). Travaillait-il déjà aux chemins de fer ? Le mouvement syndical de la Sarthe était alors animé par Jules Pottier. Pour des raisons inconnues, celui-ci abandonna le secrétariat général de l’Union départementale à Eugène Carré au congrès du 10 juillet 1921. Tous deux soutenaient les thèses majoritaires qui reçurent l’appui de II syndicats sur 18 (2 minoritaires, 2 abstentions, 3 absents). Carré fut secondé par Rochereau (secrétaire administratif), Bouquet (trésorier), Hallier (trésorier adjoint). Le nouveau secrétaire général représenta la Sarthe au congrès confédéral de Lille (25-30 juin 1921) et vota en faveur du Bureau confédéral. Dans La Vie ouvrière du 23 septembre 1921, Monatte accusa Carré d’avoir violé les décisions de sa commission administrative en votant la résolution majoritaire au comité confédéral des 19, 20 et 21 septembre 1921. La commission administrative de l’UD réunie le 28 septembre, lui infligea un démenti, en approuvant le vote de son mandataire par 9 voix contre une et neuf abstentions. La scission syndicale de décembre 1922 n’affecta pas gravement l’UD.
Un congrès départemental de réorganisation réélut Carré en mars 1922. On trouvait à ses côtés : Bellœuvre secrétaire administratif, Pottier secrétaire adjoint, Hallier trésorier général, Meslin trésorier adjoint, Lanos archiviste et bibliothécaire. Celui du 14 janvier 1923 fit de même et vota le rapport moral à l’unanimité des 16 syndicats représentés (sur 18 inscrits). On ne notait aucun changement dans la composition du bureau à l’exception du remplacement de Pottier secrétaire adjoint démissionnaire par Hamon des Cheminots. Les effectifs stagnèrent jusqu’en 1924. Carré constatait lors du XVe congrès départemental, tenu le 3 février 1924 : « À la date du 31 décembre, vingt organisations composent L’UD, deux autres sont venues s’ajouter. Malheureusement comme vous pouvez le constater, très peu de nos organisations ont progressé. Par contre, plusieurs autres ont nettement périclité » (La République sociale de l’Ouest, 24 février 1924.) Le Peuple du 21 février 1928 attribuait 34 syndicats à l’UD au 1er janvier 1928 et donnait un état des timbres confédéraux distribués : 1922 : 18 767 timbres (soit près de 2 000 adhérents) 1923 : 20 513, 1924 : 21 829, 1925 : 29 091, 1926 : 38 439, 1927 : 39 564. Eugène Carré laissa le secrétariat de l’Union à Jean Kompf* en 1929. Il était alors administrateur de la Chambre d’apprentissage de la Sarthe.
Militant socialiste actif, Eugène Carré accepta de représenter la SFIO à de nombreuses élections, surtout après son départ de la direction de l’UD-CGT. Aux élections de mai 1924, une liste du Cartel des gauches composée de deux socialistes et de quatre radicaux emporta les six sièges. Après la mort des députés socialistes Heuzé et Barbin, et l’élection au Sénat du radical Breteau, des élections législatives eurent lieu le 27 février 1927. Le Parti radical ayant refusé la proportion : deux candidats socialistes et un radical, la Fédération socialiste SFIO présenta une liste dirigée par Maurice Monier* et composée de Carré trésorier adjoint de la Fédération et de Jules Pottier. Les électeurs donnèrent une large majorité à la liste d’Union nationale (30 621 voix sur 108 149 inscrits et 84 253 votants). Carré obtenait 10 106 voix soit 9,3 % du nombre des inscrits. Candidat aux élections législatives d’avril 1928, mai 1932, avril 1936, dans la circonscription de la Flèche, il vit son nombre de voix passer de 2 788 (12 %) à 4 671 (20,5 %), puis 6 159 (27,3 %).
Eugène Carré fut élu conseiller municipal du Mans en 1925 puis maire adjoint en 1929. Il se présenta, sans succès semble-t-il, aux élections du conseil général dans divers cantons : octobre 1931 à Mayet, octobre 1934 au Lude, octobre 1937 à Pontvallain. Il était secrétaire de la section socialiste SFIO du Mans en novembre 1936.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article1853, notice CARRÉ Eugène par Jean Maitron et Claude Pennetier, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 7 janvier 2012.

Par Jean Maitron et Claude Pennetier

SOURCES : Arch. Nat. F7/13014. — Le Peuple, 10 mars 1922, 21 février 1928. — La République sociale de l’Ouest, 1919-1937. — Le Travailleur sarthois, 1928.

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