CHAUVAT André

Né le 21 mars 1918 à Argenton-sur-Creuse (Indre), mort le 22 février 1988 à Dax (Landes) ; menuisier ; militant communiste de l’Indre ; résistant.

Militant communiste d’Argenton-sur-Creuse (Indre) depuis 1935, il devint ensuite secrétaire de sa cellule. Libéré du service militaire en septembre 1941, il revint dans sa ville natale et constitua un noyau d’amis sûrs, de toutes tendances opposés aux occupants allemands. Résistant FTP, actif dès début 1942, André Chauvat distribua des tracts et des journaux dans la région de Cluis. En mai 1942, il rencontra Auguste Chantraine qui lui fournit des explosifs. Il s’initia à leur maniement, prit des risques en en transportant des quantités importantes sur de longues distances, les cacha et les distribua à des Résistants qu’il forma sommairement à leur utilisation. Il réalisa le premier sabotage effectué dans l’Indre en faisant sauter le 10 octobre 1942 à Orsennes trois pylônes d’une ligne à haute tension partant du barrage d’Éguzon, en synchronisation avec Auguste Chantraine qui en fit autant au même moment à La Lienne. Il participa au sabotage du commissariat de police et du bureau de la Légion Française des Combattants d’Argenton en octobre-novembre 1942.
Arrêté par la police judiciaire de Limoges sur son lieu de travail,avec Jules Plicaud en novembre 1942, interné à la maison d’arrêt de Châteauroux, il rata sa tentative d’évasion avec les autres détenus politiques le 24 décembre 1943, puis fut transféré à Limoges en février 1944, et condamné le 27 mars à la prison à vie par la Section Spéciale. Il arriva à la prison centrale d’Eysses (Lot-et-Garonne) en avril 1944, prit la direction de Compiègne en juin et fut déporté aussitôt à Dachau (matricule 73256), en même temps qu’Auguste Chantraine. Il put survivre, au contraire de ce dernier. Libéré le 29 avril 1945 par l’armée américaine, il arriva le 20 mai au centre d’accueil des déportés à l’hôtel Lutetia à Paris et rentra à Argenton, six mois après la libération de la ville, où il fut accueilli à la gare, portant sa tenue rayée de déporté. Des sept déportés après l’évasion manquée de la prison de Châteauroux, seuls trois sont revenus.

Après la guerre, André Chauvat reprit sa vie militante et épousa Paulette Jallet, fille du Résistant Robert Jallet, chef des MUR de l’Indre. Il décéda à l’âge de 69 ans et repose à Argenton-sur-Creuse.

André Chauvat a laissé cinq récits de son action dans la Résistance :

Dans l’ouvrage de Georgette Guéguen-Dreyfus, deux chapitres : "Les premiers saboteurs", p. 78-80 ; "La veille de Noël 1943, l’évasion manquée de la prison de Châteauroux", p. 138-142
Dans la Marseillaise du Berry, trois articles rédigés avec Jules Plicaud, son compagnon à Dachau : "Un groupe à la naissance de la Résistance", 18 mars 1970 ; "Alors, c’est comme avant ?", 20 mars 1970 ; "De la prison de Châteauroux à Dachau", 23 mars 1970.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article19680, notice CHAUVAT André, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 20 février 2021.

SOURCES  : Notes de Fabien Garridou.— Georgette Guéguen-Dreyfus (préf. Roland Despains et M. Rousselet), Résistance Indre et vallée du Cher, témoignages de résistance, Paris, Éditions Sociales, 1970 . — Dossier André Chauvat au Service historique de la Défense (SHD), fort de Vincennes.

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