ARRIGHI Félix

Par Jacques Girault

Né le 25 août 1907 à Sarrola-Carcopino (Corse), mort le 1er novembre 1988 à Rognes (Bouches-du-Rhône) ; professeur puis surveillant général ; résistant.

Félix Arrighi vers 1950
Félix Arrighi vers 1950

Ses parents, père lieutenant retraité, mère institutrice publique et leurs quatre enfants, avaient une pratique religieuse conforme à la tradition catholique, sans plus, et votaient localement pour le clan conservateur (Antoine Gavini-François Pietri). Son frère Jacques Arrighi conduisait la liste issue de la Résistance qui échoua de peu aux élections municipales de 1945. Félix Arrighi, après avoir obtenu le baccalauréat en 1925, commença une scolarité en lettres supérieures au lycée Thiers à Marseille (Bouches-du-Rhône) mais l’abandonna pour des raisons familiales (sa mère décéda en 1926). Inscrit aux Facultés des Lettres et de Droit d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) à partir de 1929, il obtint des certificats d’enseignement supérieur d’Histoire (Moyen-Age, moderne et contemporaine, Histoire et Géographie en 1940), une licence de droit, des diplômes d’économie politique et d’études supérieures en droit) tout en commençant des études de littérature.
Arrighi, pour financer ses études, avec ses deux frères, occupa des fonctions de maître d’internat dans des lycées et collèges à partir de 1926 (Nice 1926-1928, Apt 1928-1930, Aix-en-Provence 1930-1933, Carpentras 1933-1935, Arles 1935). Répétiteur à Luçon (Vendée) en 1935, il obtint des postes de répétiteurs dans des lycées parisiens (Janson de Sailly en 1936, puis Louis le Grand en 1937 et devint professeur adjoint à partir de 1942.
Politiquement, comme son père et ses frères, Félix Arrighi votait aux élections locales pour son « clan » mais quand la consultation était plus politique, il se prononçait pour la gauche non radicale. Pendant les années 1930, il adhéra au Parti socialiste SFIO et fut initié à la Franc-maçonnerie (Grand-Orient).
Ayant été réformé, il ne fut mobilisé que d’avril à juin 1940 comme soldat de deuxième classe. Comme il était franc-maçon, un inspecteur général corse lui conseilla de quitter l’enseignement et de devenir rédacteur à l’Assistance publique où il serait protégé. Rédacteur administratif de l’Assistance publique à Marseille à partir de 1942, il rendit des services au Comité médical de la Résistance en organisant des postes de secours clandestins, en évitant pour les requis les départs en Allemagne. Nommé chef de bureau à la Libération, il revint à Paris dans un service dépendant de la Présidence du conseil, puis détaché au Service de Documentation extérieure et de contre-espionnage à partir de 1946. Envoyé à Rome, il suivit la vie politique italienne, surtout la gauche non communiste. Il observait les congrès des partis et syndicats et les évolutions du milieu intellectuel, d’où de multiples contacts (notamment avec l’éceivain, ancien communiste devenu député socialiste, Ignazio Silone et l’historien Alessandro Galante Garrone.
Il demanda sa réintégration dans l’Éducation nationale en septembre 1951 pour revenir en France après son mariage en septembre 1951 à Paris (XIIe arr.) avec une professeur de mathématiques. Le couple n’eut pas d’enfant mais s’occupa de ses neveux.
Devenu professeur adjoint au lycée Saint-Louis à Paris, Félix Arrighi reprit ses études et obtint deux diplômes d’études supérieures en histoire et en Italien en 1953. Admissible à l’agrégation d’Italien en 1961, il devint surveillant général au lycée Colbert en 1961, puis fut muté au lycée Villon en 1968 où il prit sa retraite vers 1974. Il ne militait plus au Parti socialiste et, à partir de 1958, évoluait vers un soutien au gaullisme sur la base de la paix en Algérie et de l’affirmation française par rapport aux Etats-Unis, sans avoir d’action militante.
Le couple vécut désormais à Ajaccio (Corse). Félix Arrighi intervenait dans la presse locale, notamment sur la question des militaires corses victimes de la Première Guerre mondiale. En 1988, après un séjour à la maison de retraite de la Mutuelle générale de l’Éducation nationale de Rognes (Bouches-du-Rhône), il décida, avec son épouse, de s’y retirer. Il décéda le lendemain de son installation. La même année parut son ouvrage Flaminia et autres contes de l’île de Corse, Ed. Cyrnos et Méditerranée, 1988.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article198855, notice ARRIGHI Félix par Jacques Girault, version mise en ligne le 6 janvier 2018, dernière modification le 4 mai 2021.

Par Jacques Girault

Félix Arrighi vers 1950
Félix Arrighi vers 1950
Félix Arrighi vers 1950
Félix Arrighi vers 1950

ŒUVRE : Le fichier de la BNF en 2018 comportait une référence : - Boccace, Contes gaillards du Decameron, nouvelle traduction par Félix Arrighi et André Berry, Livre club du libraire, 1964.

SOURCES : Arch. Nat., F17/30024/A.— Renseignements fournis par Jean-Marie Arrighi, neveu de l’intéressé.

Œuvre : Le fichier de la BNF en 2018 comportait une référence : - Boccace, {Contes gaillards du Decameron}, nouvelle traduction par Félix Arrighi et André Berry, Livre club du libraire, 1964.

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