PETRIN Jean, Marius

Par Michel Thébault

Né le 30 septembre 1922 à Saint-Marien (Creuse), mort en action le 9 août 1944 à Vallon-en-Sully (Allier) ; ajusteur-tourneur à l’usine SAGEM de Domérat (Allier) ; résistant MUR.

stèle Jean Pétrin
stèle Jean Pétrin

Il était le fils de Jules Petrin, employé des chemins de fer à Montluçon (Allier) et de Marguerite, Alexandrine Amiset. Il était en fait né en Creuse, à Saint-Marien, au lieu-dit Foulet, au domicile de ses grands-parents maternels (sa grand-mère y était garde barrière pour la compagnie d’Orléans, et son mari Marien Amiset poseur au chemin de fer). Il passa son enfance et sa jeunesse à Montluçon, et après sa scolarité primaire suivit au lycée de garçons de Montluçon une formation qui lui permit d’obtenir un brevet industriel d’ajusteur-tourneur. En effet le lycée de garçons de Montluçon disposait alors d’une filière réputée d’enseignement technique, l’École Pratique d’industrie qui préparait au concours des Arts et Métiers mais fournissait aussi, en plus des « Gadzarts », un grand nombre d’ouvriers spécialisés recrutés par les usines du secteur de Montluçon. Selon le témoignage de sa sœur (article La Montagne, op. cit.) il était aussi « musicien jouant de la flûte traversière, faisant partie de l’orchestre Desrumeau ». Il fut embauché comme ajusteur-tourneur à l’usine S.A.G.E.M. (Société d’Applications Générales d’Électricité et de Mécanique), de la Côte-Rouge, à Domérat, usine créée en 1933, travaillant en particulier pour l’industrie d’armement. Sous occupation allemande, la S.A.G.E.M. dut fournir une partie importante de sa production à l’armée allemande, dont du matériel sensible, tels que des projecteurs antiaériens ou des postes d’écoute. L’usine devint alors un centre de résistance ouvrière et faute de pouvoir empêcher les départs, les ouvriers multiplièrent les sabotages (matériel de mauvaise qualité, défectueux à l’usage…) et même les tentatives de destruction de matériel et d’éléments clés du fonctionnement de l’usine (transformateurs électriques, incendie des dépôts de carburants). Le personnel de l’usine subit de ce fait, à partir de janvier 1942 jusqu’à l’été 1944 une violente répression qui se traduisit par l’arrestation et la déportation d’ouvriers. En 1943, Jean Pétrin fut menacé par la réquisition du STO à un double titre : sa classe d’âge, 1922 et sa situation d’ouvrier spécialisé. Réfractaire au départ il choisit de passer dans la clandestinité rejoignant au nord de Montluçon, le maquis de Chazemais (MUR). Ce maquis effectua à partir du mois de juillet 1944 des attaques de harcèlement contre les troupes allemandes, attaques de convois et de colonnes ennemies. Ce fut lors d’une embuscade tendue par le maquis le 9 août 1944 contre un convoi allemand entre Meaulne et Vallon-en-Sully, sur la route vers Bourges et Paris, que Jean Perrin fut tué au combat.

Il obtint la mention mort pour la France. Son nom figure sur le mémorial de la résistance creusoise à Guéret (Creuse). Une stèle a sa mémoire a été dressée après la guerre à proximité du lieu du lieu du combat où il trouva la mort, à la sortie de Vallon-en-Sully en direction de Meaulne. Elle est toujours l’objet de cérémonies mémorielles.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article199015, notice PETRIN Jean, Marius par Michel Thébault, version mise en ligne le 11 janvier 2018, dernière modification le 1er juillet 2021.

Par Michel Thébault

stèle Jean Pétrin
stèle Jean Pétrin

SOURCES : Arch. Dép. Creuse (État civil, recensement 1911) — article La Montagne 7 mai 2016 Des rues ont le nom de victimes de guerre. Vallon en Sully — Site internet Vu du Bourbonnais : l’entreprise Sagem Safran à Domerat — Mémoire des Hommes — Mémorial genweb.

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