GUYONNET Marie

Par Jean-Paul Bedoin

Née le 3 septembre 1891 à Touzac (Charente), exécutée sommairement le 17 août 1944 à Périgueux (Dordogne) ; sans profession ; résistante.

Fille de Georges et d’Eva Fouquet, Marie Guyonnet était sans profession et célibataire.
Domiciliée Boulevard du Petit-Change à Périgueux, elle hébergeait occasionnellement le chef du S.D., Michel Hambrecht dont elle logeait la maîtresse.
Après l’arrestation de Charles Mangold alias commandant Vernois, l’un des responsables de l’A.S., le 7 août 1944, le groupe franc Roland tente d’enlever le maître du S.D. pour l’échanger avec le captif. « M. Couturoux, chargé de cette mission, écrit Guy Penaud, (op. cit.) racontera plus tard comment la mauvaise foi de l’amie d’Hambrecht, qui avait promis de le livrer, entraînera l’échec de l’opération et la mort de Melle Guyonnet chez laquelle les faits se sont passés. »
Marie Guyonnet est alors arrêtée comme complice. Elle est fusillée au 35e à Périgueux, « le 17 août 1944, vers dix-huit heures », comme en atteste l’acte de décès n° 697 du 25 août 1944.
Dans une lettre adressée le 30 octobre 1946 au Maire de Périgueux par le président de l’Union Départementale des Anciens Résistants de la Dordogne (U.D.A.R.), Raoul Didierjean, dit « Mathivet », on peut lire, à propos de Mademoiselle Guillonnet (sic) : « Il serait regrettable que l’omission qui a fait écarter son nom de la plaque provisoire se produisit sur le monument dont votre conseil municipal a adopté le projet. Certains ont pu mettre en doute l’action résistante de Mlle Guillonnet et le fait que la maîtresse du sinistre Hambrecht logeant chez elle a suffi à la faire considérer comme pro-allemande par les personnes mal informées. Nos camarades Jean Constantin (alias Jean Bart) et Roger Couturoux, pour ne citer que ceux-là, se portent garants des mérites de Mlle Guillonnet qui a travaillé pour eux et avec eux. Enfin, il ne faut pas oublier que Mlle Guillonnet a été fusillée fin août à la suite de la découverte par les Allemands de sa participation active à un complot qui avait pour but l’enlèvement de Hambrecht qui devait servir d’otage et être échangé contre le regretté Commandant Mangold-Vernois. Morte à son poste et pour la bonne cause, Mlle Guillonnet a mérité de figurer parmi les martyrs de la Libération. »
Agée de 53 ans, Marie Guyonnet est « Morte pour la France » (mention faite le 26 mars 1945). C’est la seule femme qui figure parmi les victimes du 35e.


Voir Périgueux, Mur des Fusillés, Caserne Daumesnil, Rue du 5e Régiment de Chasseurs (5 juin-17 août 1944)

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article199113, notice GUYONNET Marie par Jean-Paul Bedoin, version mise en ligne le 15 janvier 2018, dernière modification le 22 mai 2018.

Par Jean-Paul Bedoin

SOURCES : Arch. dép. Dordogne. — Archives privées de l’auteur. — Guy Penaud, Histoire de la Résistance en Périgord, Bordeaux, Éditions Sud-Ouest, 2013. — état civil.

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