LECLERC Aimé

Par Joël Drogland

Né le 17 juillet 1914, fusillé sommairement le 16 août 1944 près des Bordes (Yonne) ; maquisard du Service national maquis.

Aimé Leclerc, marié, père de deux enfants, résidait à Blennes (Seine-et-Marne). La liste matricule dressée par Louis Priault, chef et fondateur du maquis « Bourgogne », ne porte pas la date de son arrivée au maquis. D’après ce document, son frère Lucien Leclerc, marié et père de cinq enfants, résidant en Seine-et-Marne, était arrivé au maquis le 1er juin 1944.

Intégré au Service national maquis qui lui avait donné le numéro 6, ce maquis fut d’abord installé dans la vallée des Fourches, entre Dixmont et les Bordes, en avril 1944. À la fin du printemps, il se déplaça pour aller s’installer dans le bois des Rayons, près du hameau de la Grange-aux-Malades, sur la commune des Bordes. Il comptait alors environ 120 hommes et était divisé en quatre sections, dont une motorisée. Le PC du maquis était installé dans une maison du hameau du Clos-Aubry, mais son chef, Louis Priault, ne vivait pas au maquis. Les problèmes de commandement et de discipline étaient préoccupants, d’autant plus que les effectifs augmentaient chaque jour.

Le maquis fut attaqué le 3 août 1944 au matin par des troupes allemandes venues de Sens. Les maquisards purent contenir l’attaque et permettre le repli. Les Allemands incendièrent le campement ainsi que la ferme voisine et, le lendemain, le PC du maquis, au hameau du Clos Aubry. Le maquis se divisa en plusieurs groupes qui s’installèrent dans les bois proches des hameaux. Il en résulta de nombreux déplacements de groupes de maquisards d’effectifs divers, ce qui accrut les potentialités d’accrochages, d’autant plus que les effectifs augmentaient encore.

Les renseignements que nous possédons sur Aimé Leclerc sont peu nombreux. Selon Robert Bailly, il assurait la liaison entre le maquis « Bourgogne » et un maquis de Seine-et-Marne, ce qui demeure bien vague. D’après l’enquête orale faite par Jean-Louis Paquet (fils d’un maquisard, chef de la section motorisée du maquis), Aimé Leclerc aurait été arrêté à son domicile de Seine-et-Marne, suite aux déclarations de Gérard Briquet et Yvon Hautcoeur, maquisard arrêtés près des Bordes le 7 août 1944, au cours des opérations de ratissage consécutives à l’attaque du maquis le 3 août. Robert Bailly ajoute qu’il fut horriblement torturé, œil arraché, mâchoire fracturée, genou broyé.

Les Allemands durent le ramener près du maquis « Bourgogne » puisqu’il a été fusillé, le 16 août1944, avec trois autres maquisards, Roger Fillion, Gérard Briquet et Yvon Hautcoeur, au bord de la route, entre les hameaux du Clos Aubry et de Grange Pourrain. Leurs corps restèrent exposés là plusieurs jours, les Allemands ayant interdit qu’on les ensevelisse.

Son nom figure avec ceux de ses trois camarades maquisards sur la stèle édifiée à l’endroit de leur supplice (lieu-dit « Le bois des Finettes »). Il figure aussi sur la plaque commémorative posée sur la façade de la mairie de Blennes (Seine-et-Marne), avec une erreur (11 août) dans la date de sa mort, ainsi que sur le monument des déportés et fusillés de l’Yonne à Auxerre.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article199336, notice LECLERC Aimé par Joël Drogland, version mise en ligne le 21 janvier 2018, dernière modification le 21 janvier 2018.

Par Joël Drogland

SOURCES : Archives privées de Louis Priault (Contrôle nominatif du maquis Bourgogne, liste matricule). Renseignements communiqués par Jean-Louis Paquet. — Bailly Robert, Si la Résistance m’était contée…, Éd. ANACR-Yonne, 1990, page 424.

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