MANEVAL Pierre

Par P. Maneval – C. Maillebouis

Né le 11 février 1921, à Araules (Haute-Loire), mort le 30 mars 2006 à Saint-Julien Chapteuil (Haute-Loire) ; instituteur ; militant d’une association œuvrant à la diffusion des connaissances techniques, économiques et sociales nécessaires aux agriculteurs.

Pierre Maneval était le frère aîné de Léon Maneval. Cette proximité familiale explique la forte ressemblance entre leurs deux biographies, à un intervalle de deux années… Reçu au certificat d’études, Pierre Maneval alla au cours complémentaire à Yssingeaux où il obtint le brevet élémentaire à seize ans. Il intègra alors la dernière promotion (1939-1942) de l’École normale d’instituteurs du Puy-en-Velay, avant sa suppression par le régime de Vichy. De ce fait, l’année scolaire 1941-42 fut perturbée et se déroula sur trois lieux différents. À Clermont-Ferrand pour la formation universitaire, à Ahun dans la Creuse pour les sciences agricoles, et à Toulouse pour le stage d’éducation physique. Sympathisant du Parti communiste français, dont il s’éloigna dans les années 1980, il fut interdit de sortie avec trois autres camarades à l’École normale du Puy, lors de la visite de Pétain dans cette ville, le 2 mars 1941.
Au terme de cette scolarité, Pierre Maneval fut appelé aux Chantiers de jeunesse. Le 11 novembre 1942, il rejoignit son affectation à Saint-Pons dans l’Hérault et participa à divers travaux forestiers. Ce fut une période de maturation politique. En mai-juin 1943, il fut détaché pour des travaux agricoles près de Cahors, où la famille d’accueil l’engagea à « déserter ». Il ne suivit pas cet appel, et au retour à Saint-Pons les « jeunes » furentt appelés au STO et dirigés vers la Rhur. Pierre Maneval et d’autres profitèrent du désordre ambiant pour s’échapper et retourner chez eux fin juillet 1943. Jusqu’à la libération du département en août 1944, Pierre Maneval se cacha à Araules sans beaucoup de difficulté.

Réintégré dans l’Éducation nationale en octobre 1944, sa carrière d’enseignant se déroula ensuite sans histoire. Il fut instituteur à Grazac, Saint-Bonnet-le-froid, instituteur itinérant agricole sur le canton de Saint-Julien-Chapteuil de 1956 à 1976 et enfin professeur de technologie au collège public de Saint-Julien-Chapteuil en 1977. Les Palmes académiques au titre d’officier lui furent attribuées le 20 juin 1977.

Son origine rurale et son initiation aux sciences agricoles à Ahun incitèrent Pierre Maneval à passer un CAP à l’enseignement agricole et à devenir « itinérant agricole » sur le canton de Saint-Julien-Chapteuil. Il le resta jusqu’à la suppression des « cours postscolaires agricoles » (CPSA) en 1976. Cet enseignement public fonctionna en Haute-Loire de 1946 à 1976. Il y avait 34 maîtres (ou maîtresses) chargés chacun de 5 « centres » regroupant une dizaine d’élèves. En conséquence, ces CPSA touchèrent environ 1500 élèves par année sur le département. Ils eurent une influence capitale dans le développement du monde agricole. Les nouvelles techniques agricoles (insémination artificielle, engrais, semences certifiées, mécanisation, etc.) pénétrèrent ainsi les exploitations familiales : du maître à élève puis de l’élève aux parents. Le grand nombre des petites fermes et la faiblesse numérique des « conseillers agricoles » imposa ce système de diffusion d’un savoir professionnel.

À la suite du décret du 16 avril 1959, les premiers « Centres d’information et de vulgarisation agricoles et ménagers » (CIVAM) du département furent créés sous l’impulsion de Raymond Déchiron, instituteur à Retournaguet et président de l’association départementale des CPSA. Ce fut dans cette mouvance que les militants agricoles trouvèrent le terreau nécessaire pour effacer le mauvais souvenir laissé par la « Corporation paysanne » de Vichy. Ces pionniers ne sauraient être oubliés : Amargier du Brignon, Jouhanel de Bargettes (Landos), Mamet de Paulhaguet, Soule de la Chomette et surtout Claudius Chauvin, agent du Crédit agricole du Puy-en-Velay sont les fondateurs de la plupart des organisations agricoles actuelles de Haute-Loire.

Quant à Pierre Maneval, il s’occupa activement du CIVAM de Saint-Julien-Chapteuil qui fut créé le 12 octobre 1959. Ce CIVAM compta jusqu’à 120 membres cotisants et fut tour à tour présidé par Clovis Richaud, Julien Charra et Lucien Thomasson.
Parallèlement à son activité professionnelle, Pierre Maneval participa pendant plus de 20 ans à l’administration de la Caisse locale du Crédit Agricole Haute-Loire et de sa filiale la CADEC. De 1976 à 1986, il assura le secrétariat des Assurances mutuelles agricoles du secteur de Saint-Julien-Chapteuil. Il contribua à l’implantation de la Coopérative agricole locale et à la création de la « Librairie laïque » du Puy-en-Velay.

En 1989, il publia à compte d’auteur une étude monographique.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article209094, notice MANEVAL Pierre par P. Maneval – C. Maillebouis, version mise en ligne le 25 novembre 2018, dernière modification le 29 avril 2021.

Par P. Maneval – C. Maillebouis

Pierre Maneval, Présentation du canton de Saint-Julien-Chapteuil et de son agriculture, 1989, autoédition.

Sources familiales

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