CHABANNES Jean, Marie [pseudonyme dans la résistance : Victor]

Par Eric Panthou

Né le 16 février 1922 au Puy-en-Velay (Haute-Loire), exécuté sommairement le 3 juillet 1944 par le Procureur Bernard au Puy-en-Velay ; résistant au sein du Groupe Lafayette.

Fils de Louis, carreleur, Jean Chabannes était célibataire et habitait chez ses parents 14 rue Derrière Boucherie-Basse au Puy, aujourd’hui Le Puy-en-Velay (Haute-Loire).
Mobilisé au moment de la déclaration de guerre, il fut renvoyé dans ses foyers le 25 décembre 1940. Il se retira alors chez ses parents. A partir de janvier 1941 il a travaillé chez son père comme carreleur jusqu’au 11 juin 1943 où il essaya de passer la frontière franco-espagnole. Il voulait rejoindre la Résistance en Angleterre après il est entré au mouvement Combat, le 26 mai 1943. Son chef était Andrieux, du Puy. Il avait été contacté par Lucien Volle selon son père.
Il fut arrêté et fut blessé le 3 septembre 1943 par une balle de mitrailleuse au bras droit alors qu’il s’évadait d’un convoi transporté par voie ferrée à destination de l’Allemagne en gare de Revigny (Jura). Il fut recueillit par M. Henri Paquat, du village de Rancourt-sur-Ornain (Meuse) où il fut soigné par un médecin.
Il revint au Puy en décembre 1943, date à partir de laquelle il travailla comme chauffeur d’automobiles pour un primeur jusqu’au 2 juin 1944. A partir de cette date, il s’engagea dans les FFI. Il rejoignit le Groupe Lafayette, corps franc des maquis de la Haute créé par Lucien Volle. Il était connu sous le nom de guerre Victor.
Il participa à la spectaculaire opération le 22 décembre 1943 consistant à enlever la statue du Général Lafayette qui devait être livrée aux Allemands. Le 7 juin 1944, il prit part aux combats du hameau de Rossignol puis les 9 et 10 juin aux combats du Mont-Mouchet à La Vachellerie et à Saugues (Haute-Loire).
Rejoignant le maquis, il fut chargé avec Robert Solvignon du maniement de deux « rocket-guns » ou bazookas, reçus par parachutages et utilisés rapidement contre un groupe d’Allemands dissimulés derrière un mur. Il fut abattu avec Robert Solvignon au Puy-en-Velay le 3 juillet 1944 par le procureur Bernard. Ils avaient été chargés d’abattre le Procureur, accusé de collaboration active avec les Allemands. Ils ne purent exécuter leur mission et il fut mortellement blessé par celui qu’il était chargé d’abattre.
Il a été reconnu “Mort pour la France”, homologué Déportés et internés de la résistance (DIR), Forces françaises de l’intérieur (FFI). Le commandant Élie Chabrier attesta qu’il avait rejoint la résistance le 26 mai 1943 et les FFI le 1er juin 1944.
Une plaque commémorative à son nom existe au Puy-en-Velay au 4 rue Ronzade.
Le Procureur a été exécuté à la poudrière de Clermont-Ferrand le 11 juin 1945 suite à sa condamnation à Mort par la Cour de Justice.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article210054, notice CHABANNES Jean, Marie [pseudonyme dans la résistance : Victor] par Eric Panthou, version mise en ligne le 1er janvier 2019, dernière modification le 15 février 2021.

Par Eric Panthou

Sources : Arch. dép. du Puy-de-Dôme, 908 W 154 : crimes de guerre commis au Puy. — AVCC : AC 21 P 40703, dossier de Jean Chabannes (nc). — SHD Vincennes : GR 16 P 115657, dossier de Jean Chabannes (nc). — SHD Vincennes : 13 P 64 1 : état des morts, disparus, fusillés, internés et déportés. Groupe Lafayette. — Arch. dép. de la Haute-Loire, dossier demande de la carte de Combattant volontaire de la résistance pour Jean Chabannes (communiqué par Roger Maurin). — Lucien Volle, La singulière épopée du Groupe Lafayette, Des maquis de la Haute-Loire jusqu’au bord du Rhin, 1988 (nc). — Le Maquis du Mont-Mouchet. — Mémoire des Hommes .— Fernand Boyer, Témoins de pierre du sang versé. Les monuments de la résistance en Haute-Loire, Le Puy, éditions de la Société académique, 1983. — MémorialGenweb.

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