TRUYOL GOMILA Gabriel

Par Patrick Bec

Né le 2 octobre 1896 à Inca (Espagnes), massacré le 10 juin 1944 à Ruynes-en-Margeride (Cantal) ; négociant en primeur ; victime civile.

Gabriel Truyol Gomila était le fils de Antonio Truyol Beltram et Paula Gomila Pueg. Il est né aux îles Baléares. Il fut naturalisé le 12 Octobre 1939
Négociant en primeur à Saint-Flour (Cantal), il s’est marié à Ruynes le 2 février 1924 avec Marie-Louise Chalier, négociante en beurre et œufs, originaire de Ruynes (elle est aussi la belle sœur de Henri Rousseau). Ils ont eu quatre enfants nés en 1925, 1928, 1935 et le dernier début 1944.

Le samedi 10 juin 1944 vers midi, le détachement allemand de reconnaissance n° 1000 Aufklärungsabteilung, 3 compagnies d’Azerbaïdjanais, probablement 2 compagnies du 19e régiment SS de Police de l’ordre, soit 800 à 900 hommes, sous le commandement du chef de bataillon Enns, a quitté Saint-Flour pour monter à l’assaut du maquis du Mont-Mouchet. (Martres)
Dans « A nous, Auvergne ! », Gilles Lévy et Françis Cordet donnent un compte-rendu très précis du passage à Ruynes de la colonne allemande :
« A 14 heures, des coups de feu éclatent sur la route de Saint-Flour (...) ; le jeune Boulet tout essoufflé arrive en criant : "Les Allemands sont là." Les premières victimes civiles, René Claude et Henri Rousseau, viennent d’être abattues sous les yeux du jeune Boulet à moins de deux kilomètres de là. Une colonne allemande d’environ 250 hommes atteint le bas de la côte qui mène au bourg de Ruynes-en-Margeride. Le garde champêtre Vital Boulet donne à son tour l’alarme. Les hommes jeunes et valides se terrent dans les ravins proches. La colonne aborde le village selon des ordres précis. Les Allemands vont s’y livrer à un véritable massacre.
Deux maisons flambent déjà ; dans la première deux enfants malades sont jetés hors du lit. Mme Simone Barlier est abattue dans son jardin ; un peu plus loin c’est le tour de Dominique Tanari, réfugié marseillais de soixante-quatre ans, qui coupe son bois. De toutes les maisons les hommes sont poussés au hasard jusqu’à la fusillade. Avenue de la gare, tombent le percepteur Lucien Fabre et Louis Munery (vingt-cinq ans), gendre du propriétaire de l’hôtel. Plus loin, l’instituteur Jean Chalvet, arraché à son école, est emmené avec Emile Drigout (quarante ans) et le garde-voie Adrien Cosson ; ils sont fusillés à l’entrée d’un pré. Autour de la place de l’église tombent Marcel Bénézit, professeur au lycée de Montpellier, deux gardes-voies Pierre Chabrier et Florimond Delin et un enfant de huit ans, Elie Barrier. Le long de la rue principale le spectacle est le même : "terroristes, terroristes " est le seul prétexte invoqué et jeté comme une injure. Les cadavres s’égrènent le long du chemin bordant la ferme Roche, où sont poussés le forgeron François Achalme, le postier Marius Bénézit, le boulanger Félix Blanquet (soixante-quatorze ans), le plombier Alexis Coq, Emile Kaizer, chef de secteur à la compagnie hydro-électrique, Francis Séronie receveur des contributions indirectes, Raymond Lecomte chef de district et deux jeunes étudiants, Robert Pichon et Georges Cayron. Guillaume Pichon, le père de Robert, agonisera deux jours. Jean Galaud et Gabriel Truyol sont aussi tués. Il n’y aura que deux rescapés : M. Cayron, le père de Georges, et Cussac qui réussissent par miracle à se cacher dans l’herbe. » (Lévy-Cordet)
Gabriel Truyol avait 47 ans. Son acte de décès porte la mention "Mort pour la France".

Le nom Gabriel Truyol est gravé sur la plaque apposée dans l’église de Ruynes en "hommage aux victimes de Ruines sauvagement assassinés par les Allemands le 10 juin 1944", ainsi que sur le monument commémoratif des fusillés, à la mémoire des 26 martyrs de la commune. Il est également gravé sur le monument de la Résistance à St-Flour (Cantal).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article210927, notice TRUYOL GOMILA Gabriel par Patrick Bec, version mise en ligne le 23 janvier 2019, dernière modification le 25 avril 2021.

Par Patrick Bec

SOURCES : . — Eugène Martres, Le Cantal de 1939 à 1945 - Les troupes allemandes à travers le Massif Central, Cournon, De Borée 1993 . — Gilles Lévy, Francis Cordet, A nous, Auvergne !, Presses de la Cité, 1974. — Jean Favier, Lieux de mémoire et monuments du souvenir. Cantal, 1940-1944, Aurillac, Association des Maquis et Cadets de la Résistance du Cantal, 2007 . — État civil (AD 15) . — MémorialGenWeb .— Généanet.

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