CUVILLERS Alice, Berthe

Par Sylvain Boulouque

Née le 28 mai 1911 à Romilly-sur-Seine (Aube), morte le 3 juillet 1996 au Gâvre (Loire-Atlantique) ; bonnetière ; militante communiste de l’Aube ; résistante.

Fille de Louis Corpel, menuisier, et d’Eugénie Berthe, bonnetière, Alice Corpel perdit son père le 23 septembre qui fut tué aux premiers jours de la guerre de 1914. Sa mère, ourdisseuse dans la bonneterie, se remaria avec un menuisier employé aux ateliers ferroviaires de Romilly. Elle obtint son certificat d’études primaires à l’âge de douze ans et commença à travailler le 1er juin 1924. Membre de la Fédération nationale des jeunesses communistes de France (FNJCF) depuis le 27 octobre 1927, elle devint trésorière régionale de la 7e entente de 1929 à 1935. De 1929 à 1930 elle fut trésorière de la section de Romilly de l’Union des femmes contre la guerre impérialiste et eut quelques difficultés à ce sujet, suite à la négligence d’Augusta Clause secrétaire du groupe. En 1931, elle épousa Yves Cuvillers et elle vint s’installer avec lui à Troyes, où ils s’occupèrent du secrétariat régional des Jeunesses communistes de l’Aube. Alice Cuvillers fut aussi déléguée, cette année-là, au congrès de la CGTU pour les jeunes syndiqués. Elle travailla à Troyes à la Société Générale de Bonneterie puis aux Etablissements Simon. Dans ce dernier établissement elle était secrétaire de la section syndicale et déléguée d’usine.

Après la naissance de sa fille, Danielle, en 1934, Alice Cuvillers adhéra au Parti communiste et s’occupa de la direction régionale de l’Union des jeunes filles de France (UJFF) et de sa trésorerie alors qu’elle expliquait dans son autobiographie ne pas savoir gérer correctement une caisse. Son époux, Yves Cuvillers quitta Troyes à la fin 1935 pour se rendre à Marseille dans l’illégalité afin d’échapper à une condamnation de 2 ans et demi de prison. En 1936, elle suivit l’école centrale féminine du Parti et, considérée comme une bonne étudiante, elle fut nommée à son retour à la direction régionale du Parti. Elle était membre de la cellule Edgar André de la section de Troyes et participait à la rédaction du journal régional du Parti. Elle participa aux différents mouvements sociaux dans le textile aubois.

Après la dissolution du Parti communiste, Alice Cuvillers participa le 5 septembre 1940 à la réunion de reconstitution du Parti au lieu-dit le Château des Cours à Saint-Julien-les-Villas en compagnie de Maurice Romagon et de sept autres militants : Pierre Romagon, son fils, Eugène Killian, Auguste Lienhardt, Alphonse Schoenenberg, Alfred Charles, Jean Neveu et Émile Afoufa. Elle fut alors chargée des liaisons entre les différents groupes du Parti. Sténographe, elle récupérait les tracts venus de Paris et servait d’agent recruteur, présentant les jeunes recrues à des militants plus chevronnés. En 1940, elle rencontra son nouveau compagnon, l’instituteur marnais René Migeot qui allait être arrêté en 1943. Devenue en 1942, agent de liaison pour l’Interrégional, elle fut arrêtée le 2 août 1942 alors qu’elle déposait des tracts et des journaux chez le couple de militants. Elle fut internée du 5 août au 9 décembre 1942 à Reims puis transférée à Paris à la prison de La Roquette du 19 décembre au 26 janvier 1943, date à laquelle elle fut jugée et condamnée aux travaux forcés par la Cour spéciale de Paris. Elle fut internée à la prison des femmes de Fresnes jusqu’au 23 février 1943 puis à Rennes jusqu’en 6 avril 1944 et enfin au camp de Romainville du 7 au 18 avril 1944. À cette date, elle fut déportée vers Ravensbrück puis affectée, à partir d’août 1944, au kommando des mines de sels de Beendorf. Elle fut libérée le 1er mai 1945 et rapatriée en France en juillet 1945.

Alice Cuvillers se réinstalla à Troyes puis rejoignit son premier mari, Yves Cuvillers à Marseille. Le couple se sépara peu après. Elle continua à militer au PC, s’occupant pour l’essentiel d’association d’anciens résistants et déportés d’abord à Marseille puis aux Sables-d’Ollones.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article21245, notice CUVILLERS Alice, Berthe par Sylvain Boulouque, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 31 mars 2010.

Par Sylvain Boulouque

SOURCES : RGASPI, 517/1/1666 ; 517/1/1890 rapport sur la Région troyenne 1936-1939 de l’Aube ; 495/270/3723 autobiographie du 28 juillet 1937. — Témoignage de sa fille — Sylvain Boulouque, « Le communisme dans l’Aube », La vie en Champagne, n° 45, 2005, p. 15-33. — Notes de René Lemarquis.

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