COURTIOL Marius, Jean, Marie

Par Patrick Bec

Né le 12 novembre 1924 à Neuvéglise (Cantal), exécuté sommairement le 12 juin 1944 dans le bois de la côte de Pignoux, commune de La Chapelle-d’Alagnon (Cantal) ; résistant homologué DIR.

Marius Courtiol était le fils de Guillaume Courtiol, marchand de vin en gros à Paris, né à Neuvéglise en 1880 à Neuvéglise, marié une première fois à Lavastrie (Cantal) le 6 décembre 1902 avec Marie Jeanne Salvage, infirmière à Paris. Après la naissance d’une fille, ils avaient divorcés et Guillaume Courtiol a été mobilisé pendant la première guerre mondiale au 382e Régiment d’infanterie. Après la guerre, il s’était remarié à Neuvéglise le 14 juin 1919 avec Maria, Victorine Farge, elle aussi originaire de Neuvéglise. Le couple a alors légitimé une fille et trois garçons nés entre 1913 et 1919. Une fille naquit en 1922 puis ce fut la naissance de Marius en 1924. Il habitait avec sa mère à Sériers et s’était engagé dans la Résistance.
Le 10 juin 1944, alors que les combats du Mont-Mouchet avaient débuté, arrivait à Saint-Flour (Cantal) le capitaine SS Geissler, commandant du SD de Vichy (service de sécurité). Il était accompagné d’une grande partie de ses agents (Ottman, Eissinger, Kienast, Willenbrock, Walter) et de quelques miliciens non cantaliens. Geissler arriva avec un volumineux paquet de fiches concernant les suspects. Les arrestations avaient commencé avant son arrivée et prirent de l’ampleur. Le 11 juin, un groupe de policiers encercla le village de Sériers et arrêta 3 habitants Brioude, Courtiol, Wirtzler dénoncés par un milicien qui surveilla lui-même l’opération.
Léon Wirtzler avait fait l’objet de la dénonciation en tant que chef local de la résistance.
Marius Courtiol a été désigné par l’inspecteur de l’office de Placement, comme résistant

Le témoignage de Maria Farge a été recueilli le 17 octobre par la gendarmerie de Neuvéglise (Cantal) : « Le dimanche 11 juin, vers 5 heures du matin, j’ai été réveillée en sursaut par de violents coups frappés à ma porte. De l’extérieur on criait "Ouvrez où l’on enfonce la porte". Je me suis levée pour ouvrir mais auparavant j’ai averti mon fils Marius qui couchait au premier étage en l’invitant à fuir, me doutant qu’on venait pour l’arrêter. Voyant que je n’arrivais pas à ouvrir on a forcé la porte à coup de crosse et je me suis trouvée en présence de 3 miliciens. Ils ont demandé après mon fils Marius. Comme la maison était cernée par les miliciens, mon fils est descendu de l’étage et s’est rendu à eux. Ils l’ont emmené à une voiture automobile type tourisme stationnée à une centaine de mètres de mon domicile (...). Le 11 octobre courant la brigade de gendarmerie de Neuvéglise m’a présenté les photographies de 4 cadavres découverts dans le bois de Pignou, commune de La Chapelle d’Alagnon (Cantal). J’ai reconnu formellement mon fils Marius pour être l’une des 4 victimes découvertes fusillées le 12 juin 1944 par les Allemands dans la côte du Pignou près de Murat (Cantal). »
Le maréchal des logis chef Geoffroy ajoute que de Sériers, Courtiol et Brioude ont été emmenés à l’hôtel Terminus à St-Flour.

Concernant Marcel Moureyre, « qui a été arrêté depuis et aurait avoué avoir dénoncé les trois victimes aux Allemands, le gendarme rappelle qu’il tenait une petite épicerie au chantier de Grandval, commune de Lavastrie (Cantal). Son commerce était florissant mais cela ne suffisait sans doute pas à satisfaire son goût de l’argent car il avait acquis la réputation de trafiquant notoire du marché noir. »

Le lundi 12 juin un détachement de police allemande et des miliciens, commandés par Geissler quittèrent Saint-Flour pour gagner Murat. La colonne emmenait 4 résistants arrêtés les jours précédents (Brioude, Courtiol, Zay et Picard - mais ce dernier s’appelait en réalité Lehmann). Geissler les fit exécuter dans un bois de pins en vue de Murat. Ils ont été tués d’une balle en plein cœur, dépouillés de leur portefeuille et pièces d’identité et enterrés sur place, 2 par 2, d’après le témoignage de l’instituteur et secrétaire de mairie de La Chapelle d’Allagnon (Cantal) Jean Urgon qui a assisté à l’exhumation.
Marius Courtiol avait 20 ans.

C’est un jugement du tribunal civil de Murat le 31 octobre 1944 qui a ordonné la transcription de l’acte de décès qui n’avait pu être dressé au moment des faits.

Il a été déclaré Mort pour la France. Il a reçu le titre de Déportés internés de la Résistances (DIR).

Le nom de Marius Courtiol est inscrit sur la stèle du Pignoux et sur les monuments aux Morts de Laveissenet et Neuvéglise, ainsi que sur le Monument aux Morts de la Résistance à Saint-Flour.
Le capitaine SS Geissler responsable de la tuerie, fut tué le même jour dans un combat avec les maquisards de Murat.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article217687, notice COURTIOL Marius, Jean, Marie par Patrick Bec, version mise en ligne le 1er juillet 2019, dernière modification le 23 février 2021.

Par Patrick Bec

SOURCES : SHD Vincennes, dossier de résistant de Marius Courtiol : GR 16 P 148007 (non consulté) .— Arch. dép. du Cantal : 13 FI 53. Dépouilles d’Ambroise Brioude et de Marius Courtiol, fusillés près de la côte de Pignou (Albepierre-Bredons) le 12 juin 1944 / Cliché A. Goletto, Murat. 12 juin 1944 .—Jean Favier, Lieux de mémoire et monuments du souvenir. Cantal, 1940-1944, Aurillac, Association des Maquis et Cadets de la Résistance du Cantal, 2007 .— Gilles Lévy, Guide des maquis et hauts-lieux de la Résistance d’Auvergne, Paris, presses de la Cité, 1986, 190 p. .— Gilles Lévy, A nous Auvergne ! Paris, Presses de la Cité, 1981, 415 p. .—Renseignements communiqués par J.-P. Bernard .— Eugène Martres, Le Cantal de 1939 à 1945 - Les troupes allemandes à travers le Massif Central, Cournon, De Borée 1993 .— État civil (AD 15) .— Dossier 908 W 164 (AD 63) .— MémorialGenWeb. — État-civil La Chapelle-d’Alagnon.

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