FRANÇOIS Henri

Par Albert Ayache

Né le 11 septembre 1907 à Saint-Jean-des-Vignes (Rhône), mort le 10 décembre 1991 à Aubagne (Bouches-du-Rhône) ; cheminot au Maroc jusqu’à sa retraite en 1962 ; organisateur du syndicat CGT des cheminots, élu au 3e collège du Conseil de Gouvernement (1937-1939), membre du parti communiste marocain après 1943.

Aîné d’une famille de quatre enfants, Henri François est le fils d’un agent des chemins de fer (riveur). Après des études primaires, il suivit les cours de la section industrielle à l’École primaire supérieure de Montmédy (Meuse) puis, en qualité de boursier de la Compagnie des Chemins de fer de l’Est, ceux de l’École professionnelle de la Compagnie à Nancy.

Le service militaire le conduisit au Maroc en mai 1927 où il fut affecté à la Brigade d’études des Chemins de fer militaires du Maroc, voie de 0,60 m, dans la région de
Missour-Midelt sur la Haute Moulouya, fleuve du Moyen-Atlas.

Libéré en février 1929, il entra à la Compagnie des Chemins de fer du Maroc (CFM) où il fit toute sa carrière, parvenant à la suite d’examens et de concours aux grades les plus élevés. Affecté au Service de la Construction, puis aux brigades d’études de la ligne Oujda-Taza-Fès, et, la construction achevée, au service central de la voie, François vécut la période héroïque de l’achèvement du réseau ferroviaire marocain, de sa jonction avec le réseau algérien et des efforts accomplis par les personnels pour se grouper et s’organiser.

Il fut ainsi un des organisateurs du syndicat des cheminots. Il milita notamment pour le passage de l’organisation en Amicale à l’adhésion à une Confédération syndicale. En 1936, l’Union des réseaux était constituée et il devint le secrétaire du syndicat des cheminots (CGT) de Rabat.

Il fut élu, sur une liste socialiste, délégué au 3e collège du Conseil du gouvernement (1937-1939). Il se fit le défenseur du droit syndical pour les Marocains et intervint activement sur la législation du travail au Maroc.

La guerre venue, puis la capitulation, ses responsabilités professionnelles augmentèrent. Chef de districts successifs, la charge de l’entretien de lignes - mises à mal par une intensité accrue du trafic et par l’usure du matériel - lui incomba (1er janvier 1939, 31 décembre 1945) ; de même augmentèrent ses activités syndicales et politiques. Son mandat de délégué au Conseil du gouvernement fut rétabli (1944).

Il devint communiste et partagea avec son collègue, Paul Durel, le soin de soulever les questions ouvrières devant le Conseil : vie chère et salaires, droit syndical pour tous, en 1944-1945, et surtout au cours des sessions de juillet 1946 et février 1947 avec le Résident Eirik Labonne.

Au sein de l’Union des réseaux et dans les différentes instances de l’organisation syndicale, au cours d’assemblées et de congrès, il soutint la revendication des cheminots marocains. Il intervint au 6e congrès de l’Union générale pour dire son accord avec les deux positions présentées par le bureau : création d’une centrale syndicale marocaine et abolition du traité de Protectorat (11 et 12 novembre 1950).

Il vint témoigner devant le tribunal en faveur de Mahjoub Ben Seddik accusé de propos séditieux (novembre 1951). De 1945 à 1952, il fut continûment membre du bureau de l’Union locale de Rabat et de l’Union des syndicats marocains des réseaux.

Après l’indépendance, il fut chargé de créer et d’organiser l’inspection de la formation professionnelle et le recrutement du personnel marocain, puis de superviser les problèmes complexes de la marocanisation du personnel.

H. François fut mis à la retraite sur sa demande, le 1er octobre 1962 et nommé ingénieur honoraire. Il se retira à Aubagne (Bouches-du-Rhône).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article222853, notice FRANÇOIS Henri par Albert Ayache, version mise en ligne le 12 février 2020, dernière modification le 12 février 2020.

Par Albert Ayache

SOURCES : R. Gallissot, Le Patronat européen au Maroc. — A. Ayache, Le mouvement syndical au Maroc, 1.1 et 2. — Réponses de H. François à un questionnaire d’A. Ayache.

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