GALLISSAIRES Pierre

Par Marianne Enckell

Né en 1932 à Talence (Gironde), mort le 10 août 2020 à l’hôpital de Toulouse. Poète, traducteur, éditeur.

Pierre Gallissaires, 2009.
Pierre Gallissaires, 2009.

Élève de Jean Barrué au lycée, Pierre Gallissaires préféra clairement ses valeurs anarchistes à son enseignement des mathématiques. Et c’est aussi Barrué qui lui donna le goût de l’allemand.
Pour échapper à la guerre d’Algérie, il vécut plusieurs années au Maroc. De retour en France, après une licence en lettres, Pierre Gallissaires se lança dans la traduction en s’attaquant à rien moins que L’Unique de Max Stirner. Puis, vers 1972, il alla s’installer à Hambourg auprès des compagnons de MAD, Lutz Schulenburg et Hannah Mittelstädt, avec lesquels il fonda les éditions Nautilus. Celles-ci firent entre autres connaître les situationnistes et les surréalistes en langue allemande.
Il vécut ensuite entre la France et l’Allemagne, subsistant de traductions pour des éditions militantes. Ce n’est qu’à la fin des années 1980 qu’il obtint la reconnaissance d’éditeurs établis, et les honoraires correspondants, même si l’orthographe de son nom souffrit de graphies variées.
Après la mort de sa compagne, la violoniste Nadine Tonneau, il s’installa dans une petite maison à Montauban. Il était poète avant tout, et fit plusieurs séjours au Collège des traducteurs à Arles, où il travailla avec le poète belge Jan H. Mysjkin à faire connaître en français la poésie néerlandaise. Il publia aussi quelques minces plaquettes.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article231589, notice GALLISSAIRES Pierre par Marianne Enckell, version mise en ligne le 1er septembre 2020, dernière modification le 5 septembre 2020.

Par Marianne Enckell

Pierre Gallissaires, 2009.
Pierre Gallissaires, 2009.

ŒUVRE : Onze poèmes et quelques autres militants, 1966-1968, Honfleur P. J. Oswald 1968. — Vingt deux poèmes pour en rire, Guy Chambelland, 1968. — Le dit du poème parmi d’autres, Bègles, Aviva, 2010 — Je tu il ou d’aucuns, Bègles, Aviva, 2015. — Traductions en français de Max Stirner, Ernst Toller, Gustav Landauer, Heinrich Böll, Arthur Schnitzler, Oskar Panizza, Alfred Döblin, Hugo Ball, Karl Kraus, Joseph Roth, Hans-Magnus Enzensberger, Franz Jung, Paul Scheerbart, Erich Mühsam, etc.

SOURCES : Hannah Mittelstädt, « Mort d’un poète contrebandier », traduit par Gaël Cheptou, http://acontretemps.org/spip.php?article800 — Correspondance avec le CIRA-Lausanne, souvenirs personnels.

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