GALIN Bernard (Armagnac)

Par Jean-Paul Salles

Né le 23 novembre 1955 à Vitry-sur-Seine (Seine, Valde-Marne) ; militant de la LCR dans le Val-de-Marne de 1974 à 2009, puis du NPA jusqu’en 2012, avec ses camarades de la tendance Gauche anticapitaliste (GA), rejoint Ensemble et le Front de Gauche ; professeur de mathématiques, milite au SNETP-CGT puis au SNES ; conseiller municipal à Vitry-sur-Seine de 2001 à 2008 sur la liste LCR-100% à Gauche.

Bernard Galin est né à Vitry-sur-Seine, importante ville du Val-de-Marne (environ 95 000 habitants en 2017). Son père était agent de la RATP, cadre intermédiaire, et sa mère, institutrice puis mère au foyer. Il a deux frères, l’un enseignant en physique-chimie, l’autre ingénieur en travaux publics. En couple depuis 1980 avec Claire Thomassin, médecin du travail et militante féministe, ils ont deux fils, le premier, paysagiste, né en 1982, le second, batelier, né en 1988. Scolarisé au collège-lycée Jean-Baptiste-Corot de Savigny-sur-Orge (Essonne), c’est à l’aumônerie de ce lycée qu’il commença à s’intéresser à la politique. Après le bac scientifique, obtenu en 1972, il s’inscrivit à la Faculté des Sciences d’Orsay (Paris XI arr.). Il milita quelques mois à l’UNEF et participa activement, au printemps 1973, aux manifestations contre la loi Debré qui remettait en cause les sursis militaires. La Ligue communiste (LC) y eut un rôle important. En 1974, il adhéra à la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) qui avait pris la suite de la LC après sa dissolution (27 juin 1973). En 1976, il participa activement dans le cadre des Comités de Lutte étudiants, coordonnés nationalement, à la mobilisation contre le projet de réforme des universités défendu par Jean-Pierre Soisson et Alice Saunier-Séïté. Les étudiants mobilisés craignaient une sélection accrue à l’entrée dans le second cycle. De plus, donner plus d’autonomie aux universités, comme le prévoyait le projet de réforme, risquait de remettre en question la valeur nationale des diplômes et de permettre une pénétration accrue des organisations patronales dans l’université (Fischer, 2000, p.458 et Salles, 2005, p.185). Il obtint la licence de physique-chimie en 1976 et fut reçu au concours des professeurs d’enseignement général des collèges d’enseignement technique (PEGCET), section maths-physique en 1977. Aussitôt après, il fut appelé à faire son service militaire au 46e régiment d’infanterie stationné à Berlin Ouest. Ayant commencé son service le 1er août 1977, il aurait dû être libéré le 31 juillet 1978. Mais, pour avoir créé et animé un Comité de Soldats, il fut condamné à deux mois d’arrêt de rigueur et il vit son service militaire prolongé de deux mois. Rendu à la vie civile en septembre 1978, il continua à soutenir la lutte des appelés en participant comme civil, après la victoire de François Mitterrand aux présidentielles de 1981, à la campagne « six mois comme promis ». Le candidat Mitterrand avait promis notamment de réduire le service militaire d’un an à six mois
À la rentrée 1978, il fut enseignant-stagiaire à l’École Normale Nationale d’Apprentissage de Nantes (Loire-Atlantique). Il adhéra au Syndicat national de l’enseignement technique et professionnel (SNETP-CGT) et poursuivit son militantisme à la LCR. Puis, à partir de 1980 et jusqu’en 1994, il enseigna les mathématiques et la physique-chimie dans le Val-de-Marne, au CET Paul Bert de Maisons-Alfort puis à la cité scolaire Adolphe Chérioux à Vitry-sur-Seine. Il continua durant ces années à militer au SNETP-CGT au niveau local et départemental. Contre les suppressions de postes et en défense de l’enseignement professionnel dans le collimateur des gouvernements successifs, les luttes étaient nombreuses. De même, militant de la LCR à Vitry-sur-Seine, affecté à la cellule enseignante puis à la cellule de ville, il fut élu membre de la direction départementale de la LCR du Val-de-Marne. La LCR était implantée et intervenait essentiellement à Vitry (cellules EDF, Rhône-Poulenc, enseignants), Créteil (fonction publique territoriale), Villejuif (Centre hospitalier spécialisé, CHS). Il y avait aussi des militants et des militantes à Renault-Choisy, à la SNCF, ainsi qu’à Ivry et à Orly, des médecins, affectés dans les diverses cellules du département. En 1988 la participation à la campagne Juquin avec quelques militants et militantes communistes, des « non encartés » et la LCR, a été un moment de tensions importantes à Vitry, car la section du PCF voyant dans ce regroupement un risque important pour son hégémonie sur la ville. Ayant passé et obtenu l’agrégation interne de mathématiques en 1995, une discipline qu’il affectionne, il enseigna à partir de 1994 au collège Albert Schweitzer à Créteil, au lycée Marx-Dormoy à Champigny-sur-Marne et au lycée Romain Rolland à Ivry-sur-Seine. Désormais militant du SNES, il participait aussi épisodiquement au groupe départemental de l’École Émancipée
En 2001, il se présenta aux élections municipales à Vitry-sur-Seine, sa ville natale, en deuxième position sur la liste LCR-100 % à Gauche dirigée par Danièle Poupardin. Ayant obtenu 8,6 % des suffrages exprimés (1520 voix) au premier tour, et la liste de la Gauche plurielle dirigée par Alain Audoubert, militant communiste, ayant été élue avec 56,12% des voix, Danièle Poupardin et Bernard Galin furent élus conseillers municipaux. Cette activité, et le succès de la campagne électorale d’Olivier Besancenot en 2002, permirent à la section de la LCR de Vitry de se développer. Une tribune dans le journal municipal, un bulletin régulier sur quatre pages (entre cinq et six par an) distribué à plusieurs milliers d’exemplaires rendaient compte des interventions de Danièle Poupardin et de Bernard Galin au conseil municipal et surtout des interventions de la Ligue : soutien aux sans-papiers, aux Roms vivant sur la ville, opposition à l’installation d’une police municipale, à l’urbanisation à marche forcée sur plusieurs quartiers de la ville, campagne contre Véolia pour une gestion publique de l’eau, bataille pour l’ouverture d’un bureau de poste supplémentaire. De nouveau candidat en 2008, il était cette fois tête de la liste LCR qui obtint 4,94% des suffrages exprimés (1014 voix). Le taux d’abstention avait été élevé : 52,42% des inscrits. De plus, l’enjeu de cette élection était important car le PS, lors de ce scrutin, avait tenté de « prendre » la ville au PCF. Ce fut un échec, une partie des électeurs et des électrices ayant souhaité défendre l’ancrage communiste de la ville votèrent « utile », donc PCF. Les deux listes de gauche étant en ballottage, et la liste LCR ayant obtenu moins de 10 % des voix et ne pouvant donc se maintenir au deuxième tour, Bernard Galin ne fut pas réélu conseiller municipal. Il continua à participer à la vie locale, militant notamment dans le groupe local d’ATTAC et à RESF (Réseau Éducation Sans Frontières). Plusieurs régularisations furent obtenues, notamment pour des élèves des lycées Jean Macé de Vitry-sur-Seine et Romain Rolland d’Ivry-sur-Seine. En 2005, dans le cadre de la campagne contre le traité européen, il eut une activité importante dans le Val-de-Marne. La LCR se retrouva très impliquée dans un cadre d’alliance inédit d’abord avec une partie du PCF autour de Jacques Perreux puis avec le PCF dans son intégralité et surtout avec des syndicalistes et des militants associatifs. Comme rare élu de la LCR, Bernard Galin se retrouva donc, de fait un peu en position de co-animateur de cette campagne qui sur Vitry-sur-Seine a mobilisé des centaines de personnes.
Parallèlement à son militantisme, il ne cessa pas de se former, de passer des examens. Ainsi, il obtint le Master de Didactique des Mathématiques en 2012, ce qui lui permit, à partir de 2014 et jusqu’à sa retraite en 2018 d’être professeur-formateur à l’École supérieure du professorat et de l’éducation (ESPE) de Bonneuil-sur-Marne (Val-de-Marne). Durant ces années, il fut adhérent au SNESUP. Il manifesta ce goût pour l’étude, pour la formation dans les rangs de la LCR. Lecteur assidu des livres de Daniel Bensaïd et d’Ernest Mandel, il suivit aussi les écoles de formation de la LCR puis ses Universités d’été, très intéressé notamment par les exposés de Claude Jacquin (Gabriel), spécialiste de l’Afrique et de l’immigration à la LCR et à la Quatrième Internationale. En 2009, il participait à la fondation du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), persuadé qu’il fallait dépasser la LCR pour offrir un cadre organisationnel plus large, capable d’accueillir des militant(e)s très divers, en voie de radicalisation, venu(e)s de traditions parfois éloignées du trotskysme. La réalité ne correspondit pas à ses espoirs. Déçu de ne pas voir le NPA s’allier avec le Front de Gauche, il quitta le NPA en 2012 et avec ses camarades de la tendance Gauche Anticapitaliste (GA) participa à la fondation d’Ensemble, troisième composante du Front de Gauche, avec le Parti Communiste et le Parti de Gauche. Depuis 2017, tout en continuant à être membre d’Ensemble, il milite à la France Insoumise, désormais à Nantes, où il a pris sa retraite, toujours adhérent d’ATTAC et actif parmi les retraités FSU de Loire-Atlantique et bénévole au Secours populaire. Sa passion pour la nature et pour les mathématiques, pour la culture plus généralement, la chaleur de ses amis et de sa famille, lui ont permis de mener sur la longue distance une activité politique exigeante et âpre parfois.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article232364, notice GALIN Bernard (Armagnac) par Jean-Paul Salles, version mise en ligne le 24 septembre 2020, dernière modification le 16 juillet 2021.

Par Jean-Paul Salles

SOURCES : -Didier Fischer, L’histoire des étudiants en France, de 1945 à nos jours, Flammarion, 2000. — Jean-Paul Salles, La Ligue communiste révolutionnaire (1968-1981). Instrument du Grand Soir ou lieu d’apprentissage ?, PUR, 2005. — Francis Sitel, coord., Dossier élections municipales, Critique communiste n° 161, hiver 2000-01, 40 pages. —« Municipales : ce que propose la LCR : les grandes lignes de ce que défendront les listes 100 % à gauche », Brochure, 2001, 36 pages. — « Dans nos villes, dans nos quartiers, dans nos campagnes, nos vies valent plus que leurs profits : les propositions de la LCR », Brochure, 2008, 30 pages. — Jean-Paul Salles, « Peu nombreux(ses) mais vaillant(e)s. Participation des militant(e)s des groupes d’extrême gauche aux élections municipales et élu(e)s municipaux trotskystes », revue Dissidences, mis en ligne le 03 août 2014, 44 pages et notes ; -Jean-Paul Salles, « De la LCR au NPA, l’impossible mutation ? », in Pascal Delwit, coord., Les partis politiques en France, Éditions de l’Université de Bruxelles, 2014, p.109-126. — Hélène Adam, François Coustal, C’était la Ligue, éditions Syllepse/éditions Arcane 17, 2019.

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