AUDEBEZ Jean [AUDEBEZ Ernest, Léon, Jean, Joël]

Par Alain Dalançon

Né le 3 avril 1878 à Avranches (Manche), mort le 23 septembre 1969 à Lille (Nord) ; instituteur, directeur d’école ; militant syndicaliste du SNI, secrétaire de la section départementale de l’Oise de 1929 à 1935, franc-maçon.

Son père, Léopold Audebez, commissaire de police à Avranches, né le 9 octobre 1844, était le fils du pasteur Jean-Joël Audebez (1790-1881), controversiste avec le curé de Nérac sous la Restauration, devenu pasteur à Paris aux églises libres de Taitbout et de Saint-Maur, introducteur du protestantisme dans le Sénonais en 1845, et d’Adélie, Clotilde Cugès (1808-1887). Sa mère, Lucie, Marie Duc, née en 1846, était sans profession. Jean Audebez perdit son père, alors commissaire spécial à Tourcoing (Nord), mort le 31 décembre 1886, à l’âge de 8 ans. Il fut donc élevé, dans la religion protestante, avec sa sœur aînée Alice, née en 1873, par sa mère qui vivait encore à ses côtés en 1931.
Il devint instituteur dans le département du Nord. Il n’effectua que quatre mois de service militaire et fut classé comme réserviste dans les services auxiliaires. Alors qu’il était en poste à Fontaine-Notre-Dame (Nord) près de Cambrai, il épousa le 12 novembre 1901 à Béthizy-Saint-Martin (Oise), Marie Crinon, sans profession, née en 1876 à Béthisy-Saint-Pierre (Oise), fille de propriétaires et protestante (le pasteur Michel Meyer de Compiègne était son témoin). Chacun avait en outre un témoin qualifié d’« industriel » (un cousin par alliance du marié, Fernand Aldebert, par le premier mariage de sa grand-mère Cugès, industriel à Levallois-Perret, et le frère de l’épouse, Elisée Crinon, industriel à Béthizy-Saint-Martin). Un fils, Jean, né à Paris en 1907, devint dessinateur, et vivait encore chez ses parents en 1931.
Après la guerre, Jean Audebez était instituteur à Ully-Saint-Georges (Oise) où il obtint en 1921 une récompense de 400 fr pour ses activités postscolaires. Il devint ensuite directeur d’école à Saint-Maximin (commune jouxtant Creil), avant d’être nommé à la rentrée 1927 directeur de la plus importante école publique de garçons de Compiègne (Oise), l’école Hersan récemment construite, où il prit sa retraite en avril 1936 en obtenant l’honorariat. Il était aussi membre de la Société historique de Compiègne.
Personnage très connu, il était secrétaire de la section départementale de l’Oise du Syndicat national des instituteurs, couramment appelé SN (Syndicat national), au moins à partir de 1929, jusqu’à la fusion de 1935. Il était aussi un franc maçon influent du Grand Orient de France, successivement ou concomitamment dans les loges « L’étoile de l’espérance » de Beauvais, à Saint-Maximin (1921-1925), « Sincérité fraternelle » de Creil, dont il fut vénérable de 1926 à 1938, « Le Mont Ganelon » à Compiègne.
Ses relations avec le maire de la Droite catholique, Fournier-Sarlovèze, ne devaient pas être très faciles. Aux élections municipales de 1935, la « liste d’Union nationale et de progrès social », du baron de Rothschild, liste assez hétéroclite, dont les radicaux-socialistes constituaient l’extrême gauche, mais qui était soutenue par la loge et les socialistes et communistes, l’emporta contre celle « d’Union républicaine et de paix sociale » du maire sortant, qui occupait la fonction depuis 25 ans. Le radical-socialiste André Mellenne, candidat du Front populaire aux élections législatives de 1936, amplifia cette victoire.
En 1941, les diverses affiliations maçonniques de Jean Audebez furent signalées dans le Journal officiel : il perdit l’honorariat ; il résidait alors 18, rue de Lancry à Compiègne.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article233286, notice AUDEBEZ Jean [AUDEBEZ Ernest, Léon, Jean, Joël] par Alain Dalançon, version mise en ligne le 24 octobre 2020, dernière modification le 11 janvier 2021.

Par Alain Dalançon

SOURCES : Arch. Dép. Manche et Oise (état civil, recensement de 1931 à Compiègne). — JO, lois et décrets, 5 mai 1936, 21 août 1941. — L’Ecole libératrice 1929-1935.— Le Courrier de l’Oise, 5 juin 1921, 14 juillet 1927 ; Le Progrès de l’Oise, 5 mai 1935. — Callas F. Mémoire de Compiègne, ed . J. Marseille, reproduit sur le site de la Société historique de Compiègne : http://www.histoire-compiegne.com/shc-elections-1935-compiegne.asp.

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