BLAIN Léa, Élise, Régina

Par Jean-Luc Marquer

Née le 22 mars 1922 à Têche (Isère), tuée au combat le 1er août 1944 à Villard-de-Lans (Isère) ; employée de bureau ; résistante homologuée Forces françaises de l’Intérieur

Léa BLAIN
Léa BLAIN
Photo : Martine Mangeolle, Mémorial GenWeb, sous licence d’usage CC BY-NC-SA 2.0

Léa, Élise, Régina Blain était la fille de François, Régis et d’Élise Fayard.
En 1925, la famille Blain s’installa à Chatte (Isère). C’est là qu’elle grandit, élevée dans la ferveur catholique. Plus âgée, elle prit part aux activités de la paroisse, animant le patronage et le groupe "Les Âmes vaillantes".
Pour aider ses parents aux revenus modestes, elle ramassa des noix, puis travailla au bureau de poste de Chatte.
À partir de 1940, elle travailla comme son père à l’usine Morel à La Sône (Isère), à l’atelier tout d’abord, puis en 1941 dans les bureaux.
Lors de l’exode de 1940, elle participa à l’accueil des réfugiés à Chatte.
L’usine Morel étant un foyer de la Résistance, c’est dès 1942 qu’elle rejoignit ses rangs, devenant agent de liaison sous le pseudonyme de Louise Bouvard.
Souhaitant prendre une part active aux combats, elle partit le 19 juillet 1944 pour le Vercors, recrutée comme secrétaire et chiffreuse de la mission interalliée "Eucalyptus" par le lieutenant Dubreuil (André Jullien du Breuil).
Après l’ordre de dispersion donné le 23 juillet 1944 par François Huet, chef militaire du Vercors, de nombreux maquisards tentèrent de quitter le massif pour poursuivre la lutte.
Léa Blain, le lieutenant André Jullien Du Breuil et le sous-lieutenant Rémi Lifschitz rejoignirent au-dessus du hameau de La Rivière, la grotte des Fées, située dans la forêt de Saint-Agnan-en-Vercors (Drôme), où s’était réfugié le groupe Goderville (Jean Prévost). La situation de la grotte est difficile à trouver, l’entrée se fait par une chatière de 60 cm ouvrant sur une salle propice au refuge. Retour ligne automatique
De la grotte, les réfugiés pouvaient apercevoir les colonnes de fumée laissant présager de la tragédie qui se déroulait sur le plateau. Là, pendant plusieurs jours autour du capitaine Goderville, ils furent une poignée d’hommes : le capitaine Bouysse (Charles Loysel), le lieutenant Raymond (Jean Veyrat), Alfred Leizer, le lieutenant André Jullien Du Breuil, Simon Nora, Rémy Lifschitz et Léa Blain, seule femme dans cette cavité où l’eau, la nourriture, et les couvertures manquaient terriblement.
Le petit groupe de la grotte des Fées s’impatientait. Cette existence recluse, oisive, avec une nourriture frugale et rare, dans le froid et l’humidité, pesait à tous. Ils décidèrent d’agir. Puisqu’on avait cessé de se battre dans le Vercors, il fallait désormais en sortir et rejoindre les camarades qui, dans l’Isère, poursuivaient la lutte.
Le lundi 31 juillet 1944, profitant de l’accalmie qui semblait régner aux alentours, le groupe Goderville prit la décision de quitter la grotte et s’éloigna en direction du nord-est. Le capitaine Goderville et le capitaine Bouysse avaient décidé de longer, en forêt, la route qui mène à Corrençon (Isère), Villard-de-Lans (Isère), Engins (Isère), et de rallier Sassenage (Isère).
Simon Nora, qui avait décidé de rejoindre ses parents qui se cachaient à Méaudre (aujourd’hui Autrans-Méaudre-en-Vercors, Isère), quitta le groupe.
Rémy Lifschitz et Léa Blain s’arrêtèrent à Villard-de-Lans, car la jeune femme avait les pieds en sang et ne pouvait plus avancer.
Le matin du 1er août 1944, au lieu-dit "La Croix des Glovettes" à Villard-de-Lans, ils furent surpris par une patrouille allemande : tous deux vendirent chèrement leur peau avant de périr. Léa Blain fut tuée d’une balle dans la tête. Rémy Lifschitz fut déchiqueté par une grenade.
Léa Blain fut inhumée le 10 septembre 1944 au cimetière de Chatte.
Elle obtint la mention "Morte pour la France" et fut homologuée résistante, membre des Forces françaises de l’intérieur.
Elle fut décorée de la Croix de Guerre et de la Médaille de la Résistance à titre posthume.
La tombe cénotaphe n°84 de la Nécropole Nationale de Saint-Nizier-du-Moucherotte (Isère) porte son nom.
Il figure également sur les monuments aux morts de Villard-de-Lans et de Chatte, à Villard-de-Lans, sur la station 5 du Chemin de Croix qui part de l’Essarton jusqu’à Valchevrière en passant par Bois Barbu, départementale D215C, sur une plaque apposée sur le mur de la maison familiale à Chatte et sur le monument commémoratif érigé sur le lieu de sa mort.
Les écoles de Chatte et de Lans-en-Vercors (Isère), une crèche de Fontaine (Isère), une rue d’Échirolles (Isère), une rue de Nîmes (Gard) et une impasse du XVIe arr. de Paris portent le nom de Léa Blain.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article236215, notice BLAIN Léa, Élise, Régina par Jean-Luc Marquer, version mise en ligne le 20 janvier 2021, dernière modification le 20 janvier 2021.

Par Jean-Luc Marquer

Léa BLAIN
Léa BLAIN
Photo : Martine Mangeolle, Mémorial GenWeb, sous licence d’usage CC BY-NC-SA 2.0
Tombe 84, Nécropole Nationale de Saint-Nizier-du-Moucherotte (Isère)
Tombe 84, Nécropole Nationale de Saint-Nizier-du-Moucherotte (Isère)
Photo : Thierry Pinel, Geneanet, sous licence d’usage CC BY-NC-SA 2.0

SOURCES : SHD Vincennes, GR 16 P 62155 (à consulter — AVCC Caen, AC 21 P 24003 (à consulter) — ANACR Isère — Mémoire des hommes — Geneanet

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