HENGY François, Gustave

Par Audrey Galicy

Né le 15 novembre 1921 à Wolschwiller (Haut-Rhin), exécuté sommairement le 26 juillet 1944 à Aurensan (Gers)  ; cultivateur  ; résistant du Corps franc Pommiès (CFP), Organisation de Résistance de l’Armée (ORA).

Gustave Hengy
Gustave Hengy
Archives familiales

Fils de Alphonse, menuisier, et de Eugénie Lachat, François dit Gustave résidait avec sa famille à Lutter (Haut-Rhin). Il obtint son certificat d’études primaires en 1935.
A la déclaration de la guerre le 1er septembre 1939, Lutter fut évacué. Les habitants laissèrent tout. Ils mirent 3 jours pour rejoindre Villeneuve-de-Marsan dans les Landes. Le retour des villageois se fit après la signature de l’armistice en juin 1940. À partir de 1942, les jeunes Alsaciens du village furent incorporés de force dans l’armée allemande.
Refusant cette incorporation forcée, Gustave Hengy, avec deux camarades alsaciens, Raymond Wanner et Ernest Libis, s’évada et regagna les Landes. En représailles, sa famille fut déportée en Allemagne.
Le 22 juin 1942, les trois hommes s’engagèrent comme volontaires pour 3 ans au titre du 18ème régiment d’infanterie (RI) à Aire-sur-l’Adour (Landes) jusqu’au 28 novembre 1942, date à laquelle ils furent démobilisés. Gustave Hengy se retira à Villeneuve de Marsan (Landes). Il se mit à la disposition du Lieutenant Chauvin de la section auto de la Brigade Carnot, Corps Franc Pommiès, pour reprendre la lutte contre les allemands. Cantonné à Saint-Justin dans les Landes, il reçut avec d’autres jeunes recrues, un entraînement militaire, maniement des armes, techniques de guérilla… Dans une lettre à son camarade Raymond Wanner, installé à Panjas (Gers), il écrivit  : «  Le travail est un peu dûre [sic]. Beaucoup de monument d’arme [sic] et surtout de théorie parce qu’on prépare le peloton. […] Il faut que je travaille il faut que je faillote pour pouvoir rentrer au peloton des élèves caporaux  ».
Dès janvier 1944, il participa à diverses missions de parachutages, sabotages. Il participa en juin 1944 au combat d’Aire-sur-l’Adour  : les résistants attaquèrent un convoi allemand sur le pont de l’Adour. Le 3 juillet 1944, il participa au combat de Portet.
Dès juin 1944, la Brigade Carnot commandée par Jean de Milleret («  Carnot  »), chef FFI des Landes, s’était installée dans la région de Portet avec son état-major, la section de commandement, la section destructions de Robert Vaxelaire, la section d’Emile Dupuy, la compagnie Maulvaux et la section transports de Chauvin.
Le 1er et le 2 juillet, De Milleret fut informé d’une attaque possible des troupes allemandes. Il lui fut alors fortement conseillé de changer de cantonnement et de répartir ses hommes, trop nombreux à Portet. La décision de quitter le cantonnement fut prise le 2 juillet au soir. Hélas trop tard.
Le lundi 3 juillet 1944, à 4h00 du matin, un groupe de maquisards, dont faisaient partie Gustave Hengy et Ernest Libis, quitta Portet pour tendre une embuscade à une «  éventuelle  » colonne ennemie. Au même moment, un important détachement allemand lourdement armé et parfaitement renseigné, encercla et isola le village. A 6h00, les Allemands lancèrent l’attaque. Pour les maquisards, aucune solution de repli n’était possible. Certains s’enfuirent ou se cachèrent dans les bois, les granges, d’autres ripostèrent. L’attaque fut violente et le bilan matériel et humain particulièrement lourd. Neuf maisons furent incendiées, 14 résistants furent tués au combat, 5 habitants du village furent abattus. Les Allemands emportèrent un important matériel, camions, voitures ambulances, armement ainsi que du bétail.
Gustave Hengy échappa au massacre tandis que 38 de ses compagnons furent capturés, transportés, enfermés et torturés et exécutés 3 jours plus tard au champ de tir du Pont-Long, au nord de Pau. Selon le témoignage d’Albert Sturni, maquisard rescapé, après le 3 juillet 1944, Gustave Hengy et Ernest Libis, étaient effondrés et prêts à abandonner le combat. Réfugiés dans la région de Viella (Gers) en compagnie d’autres rescapés, les deux hommes furent chargés d’inviter le commandant de compagnie Constant à une réunion organisée par De Milleret à la ferme du Guit à Viella. Au carrefour d’Aurensan (Gers), les deux hommes qui se trouvaient à bord d’un véhicule léger de la brigade Carnot, tombèrent sur une colonne allemande. Libis fut abattu sur place tandis que Hengy tenta de fuir pour prévenir son unité. Rejoint par les Allemands, il fut exécuté.
Les Allemands poursuivirent leur route jusqu’à Viella où ils arrêtèrent et tuèrent sept résistants.
Gustave Hengy fut inhumé au cimetière de Villeneuve-de-Marsan (Landes). Mort pour la France, en service commandé, il fut homologué sergent à titre posthume et obtint la médaille militaire et la croix de guerre avec palme à titre posthume. Son nom figure sur le monument aux morts de la commune de Villeneuve de Marsan (Landes), de Portet (Pyrénées-Atlantiques), sur une plaque commémorative et sur le mémorial du CFP à Castelnau-Magnoac (Hautes-Pyrénées).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article238260, notice HENGY François, Gustave par Audrey Galicy, version mise en ligne le 11 février 2021, dernière modification le 11 février 2021.

Par Audrey Galicy

Gustave Hengy
Gustave Hengy
Archives familiales
Gustave Hengy à droite.
Gustave Hengy à droite.
Archives familiales

SOURCES  : SHD-DAVCC, Caen, AC 16P 289468. — Archives Familiales. — Archives Association Lutter en découverte. — MémorialGenWeb. — Mémoire des Hommes. — CERONI, Marcel. Corps Franc Pommies. Tome 1-2  ; La lutte ouverte, Amicale du Franc Pommiès, 2007. — STURNI, Albert, L’insoumis, La pensée Universelle, 1994, 286 p.
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