ELOY Maurice, Adalbert

Par Julien Cahon

Né le 12 décembre 1884 à Amiens (Somme), mort le 22 février 1951 à Mers-les-Bains (Somme) ; employé à la SNCF ; militant communiste de la Somme ; maire de Mers-les-Bains (1944-1950).

Fils d’un employé de chemin de fer et d’une couturière, Maurice Eloy, retraité de la SNCF, apparut sur la scène politique mersoise au lendemain de la Seconde Guerre mondiale : il prit la tête du Comité local de Libération et en devint président. Également président de la commission administrative provisoire à partir du 9 septembre 1944, puis maire à partir du 11 décembre 1944, il était considéré par les renseignements généraux comme un des principaux membres de la section PCF de Mers-les-Bains après-guerre, Maurice Eloy fut aussi président de la commission administrative de la Sécurité sociale.

Aux élections municipales du 29 avril 1945, il emmenait une liste socialo-communiste « d’union républicaine, antifasciste et d’action démocratique et sociale » composée d’une majorité d’employés ou de retraités SNCF. La liste Maurice Eloy fut élue dès le premier tour face à la liste « républicaine, démocratique et sociale » de l’ancien maire Georges Derivière (conseiller municipal faisant fonction de maire pendant les derniers mois de l’Occupation). Il arriva en tête de ce scrutin en recueillant 940 voix (sur 1 311 suffrages exprimés). Il était désigné maire le 17 mai 1945 par vingt voix sur vingt et une.

Répondre aux difficultés posées par le ravitaillement et reconstruire la ville furent ses priorités. Il organisa donc avec énergie le ravitaillement de la commune, puis à partir de février 1947, président de la commission d’assainissement du marché, il traqua les commerces vendant à des prix trop élevés et lutta contre la vie chère. Avec le comité de renaissance mersois, il s’attachait également à faire revivre la station balnéaire. La première étape fut la reconstruction du casino : le maire était aidé dans ce projet par Roger Girard qui avait acheté les dommages de guerre de l’ancien directeur. Un casino provisoire fut dressé à l’emplacement des bains chauds qui avaient été détruits par les Allemands. Dans une commune éprouvée par les destructions de la seconde guerre mondiale, il se battit pour que ne soient pas détruites les villas du « quartier belle époque » sur le front de mer, aujourd’hui richesses du patrimoine mersois, fit restaurer la plage en rebouchant les excavations, déblayer l’esplanade et les abords des villas, et ré-électrifier la commune.

En 1947, Maurice Eloy était réélu en arrivant en tête du premier tour des élections municipales du 19 octobre. Il conduisait, comme en 1945, une liste socialo-communiste dite « d’Union Républicaine et Résistante présentée par le PCF », qui remporta onze sièges (avec 922 à 810 voix sur 1 575 suffrages exprimés) sur vingt-et-un au premier tour, les neuf candidats SFIO de sa liste n’étant pas élus, et décidant de se retirer de la lutte électorale en vue du second tour. La venue à Mers-les-Bains, entre les deux tours, de René Lamps* et d’Augustin Dujardin* pour réconcilier et remobiliser les électeurs des deux partis de gauche n’y changea rien : le 26 octobre, la liste MRP raflait les dix autres sièges avec l’appui des voix socialistes.

Réélu maire à une courte majorité, il continua l’œuvre de reconstruction et de rénovation de la commune. Mais, l’opposition municipale se manifesta en décembre 1949 alors que la situation financière était critique, en refusant de voter le budget additionnel, qui devait permettre à la municipalité communiste de financer les travaux en cours et le paiement des employés municipaux après l’échéance du 1er janvier 1950, par 11 voix contre 9 (l’élection du onzième candidat de la liste communiste de 1947 avait été invalidée en 1949, l’opposition gagna un siège, et le maire ne prenait pas part au vote des comptes administratifs). Cette opposition au conseil municipal entraîna la démission de Maurice Eloy, et de ses conseillers municipaux en janvier 1950, provoquant ainsi la dissolution du conseil municipal par décret du ministère de l’intérieur, dans l’espoir de reconquérir une large majorité lors de nouvelles élections. Au premier tour du 5 février 1950, il réalisa le meilleur score, mais un score en baisse, de sa liste « d’union républicaine et résistante » (PCF), qui recueillit de 681 à 773 voix, tandis que la liste « républicaine de défense des intérêts mersois » remportait vingt des vingt-et-un sièges (868 à 814 voix sur 1582 suffrages exprimés), complétant cette victoire au second tour en remportant le siège en ballottage.

Le 19 février 1950, Ernest Dailly était élu maire par vingt voix. Maurice Eloy sortait de la vie politique locale. Souffrant de problèmes cardiaques, il mourut quelques mois plus tard à son domicile de la rue Victor Roullé, à l’âge de soixante-six ans.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article23942, notice ELOY Maurice, Adalbert par Julien Cahon, version mise en ligne le 19 décembre 2008, dernière modification le 20 février 2009.

Par Julien Cahon

SOURCES : Arch. Dép. Somme, 1471W16, 967W145, 99R333065. — Le Travailleur de la Somme, 1944-1951 — Bresle et Vimeu libres, 1946-1951 — État civil de Mers-les-Bains — Jacques Maquet, Histoire de Mers-les-Bains, Eu, Imprimerie du Messager eudois, 1983. — Notes de Jean-Pierre Besse.

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