LANAURE Gustave, Eugène, Alfred

Par Michel Thébault

Né le 21 septembre 1849 à Saint-Sulpice-les-Champs (Creuse) ; maçon de la Creuse ; garde national de Paris ; communard.

Eugène (c’était son prénom usuel) Lanaure était le fils de Symphorien Labaure maçon absent à sa naissance (migrant saisonnier) et de Marie Bresson, domiciliés au lieu-dit Massigoux commune de Saint-Sulpice-les-Champs. Il avait un frère jumeau Alphonse, Henri, Isidore Lanaure. Leur père mourut le 25 septembre 1866 alors qu’ils n’avaient que 7 ans. Il devint comme son père maçon de la Creuse, migrant saisonnier partant travailler sur les chantiers parisiens (de mars à novembre en général). Au printemps 1871, maçon, célibataire âgé de 21 ans, il résidait pour la saison des chantiers 25 rue Charlemagne dans le quartier Saint-Gervais (IVe arr.). La plupart des chantiers étant arrêtés en 1871 à Paris, beaucoup de migrants, en particulier des maçons de la Creuse s’engagèrent, comme les ouvriers parisiens, dans la Garde nationale par conviction politique et faute de travail (les gardes percevaient une solde de un franc cinquante par jour). Il s’engagea dans le 2e bataillon de la Garde nationale appartenant à la VIIIe Légion du VIIIe arrondissement. Il fut arrêté lors de la Commune de Paris le lundi 22 mai 1871 au début de la « Semaine sanglante » et emprisonné dans le secteur de Rochefort (Charente-Maritime), au fort des Saumonards, commune de Saint-Georges-d’Oléron, à la citadelle du Château-d’Oléron et à l’île Madame, dans l’attente de son jugement par un conseil de guerre. Une ordonnance de non-lieu prise dans le port le 13 janvier 1872, entraîna sa libération après plus de 7 mois d’emprisonnement. Au recensement de Saint-Sulpice-les-Champs en 1872, il était à nouveau domicilié dans cette commune au lieu-dit Massigoux avec sa mère, veuve et sa sœur Hélène âgée de 26 ans. Ses parents étant tous deux décédés, il migra définitivement à Paris où il se maria le 15 décembre 1887 à Neuilly-sur-Seine (aujourd’hui Hauts-de-Seine) avec une veuve, Marie, Catherine Le Millin née en 1842 dans les Côtes-du-Nord. Il exerçait toujours la profession de maçon.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article252470, notice LANAURE Gustave, Eugène, Alfred par Michel Thébault, version mise en ligne le 23 novembre 2022, dernière modification le 23 novembre 2022.

Par Michel Thébault

SOURCES : Arch. Dép. Creuse et Hauts-de-Seine (état civil, recensement). — Jean-Claude Farcy, La répression judiciaire de la Commune de Paris : des pontons à l’amnistie (1871-1880), base des communards, site internet. — Stéphane Trayaud, Oubliés de l’Histoire, les Limousins de la Commune de Paris, Mon Petit Éditeur, 2012. — Site internet Annuaire des migrants Maçons de la Creuse.

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