CENDRIER François, Philippe

Par Notice revue et complétée par Thomas Bouchet et Jean-Claude Vimont

Né vers 1810 à Paris ; garçon boucher ; insurgé des 5 et 6 juin 1832 à Paris.

François Cendrier fut arrêté dans un cabaret à la suite de l’insurrection des 5 et 6 juin 1832. Il était déjà connu des services de la préfecture de police : en février 1830, il avait été emprisonné quelque temps à La Force pour vagabondage. En juin 1832, il était accusé d’avoir participé à la barricade de la rue de Ménilmontant et de s’être livré au pillage. Avec lui et sous le même chef d’accusation comparurent Prosper Melle (ouvrier bijoutier) et Marie-Noël Leriche (ouvrier en papiers). Le 29 août 1832, il fut condamné par les assises de la Seine à 6 ans de détention sans exposition. Il fut emprisonné à Sainte-Pélagie, où il reçut de la commission de secours pour les détenus politiques patriotes une aide en argent et quelques vêtements.
A partir du 4 janvier 1834, commencèrent des allers-retours entre cette prison et Bicêtre. Sans doute son agitation avait-elle suggéré une multiplication de ces transferts à l’administration pénitentiaire. Il séjourna à Bicêtre du 4 janvier 1834 au 30 août 1834. À cette date, il fut conduit de nouveau à Sainte-Pélagie jusqu’au 30 septembre 1834. participant aux « troubles de Sainte-Pélagie » des 27, 28, 29 septembre. Il retourna à Bicêtre jusqu’au 17 juin 1835. Encore une fois transféré à Sainte-Pélagie, il n’y demeura que deux jours avant d’être acheminé vers la maison centrale de Clairvaux (Aube). Ce périple carcéral ne s’acheva point là puisqu’il fut ensuite transféré dans la citadelle de Doullens.A cette occasion il avait voyagé avec Pierre Lionne, Laruelle, Goujey Jean Gayet ?, Roussel.
Selon un rapport du directeur de cette prison, où il purgea la fin de sa peine, Cendrier était atteint d’aliénation mentale et avait tenté de se suicider. Il aurait aussi été l’auteur de dénonciations dans la prison. À sa libération, conséquence de l’amnistie de mai 1837, il fut dirigé vers Flins (Seine-et-Oise). Arrêté dès le mois d’août, pour ivrognerie et pour avoir déclaré qu’il voulait tuer son père, il fut emprisonné un temps à Versailles, où il exprima le désir de quitter la région pour la Normandie. Conduit au Havre (Seine-Inférieure) en voiture fermée, il fut finalement embarqué de force dans un navire pour Mobile (États-Unis), en décembre 1837. C’est ainsi que les autorités françaises se débarrassèrent de cet individu incontrôlable.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article28297, notice CENDRIER François, Philippe par Notice revue et complétée par Thomas Bouchet et Jean-Claude Vimont, version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 3 mai 2018.

Par Notice revue et complétée par Thomas Bouchet et Jean-Claude Vimont

SOURCES : Arch. Nat., BB18/1330, BB18/1367, CC/597. — Arch. PPo, A a/421. — Arch. Dép. Seine D Y 8 — Arch. Dép. Seine-et-Oise, 4M1/40 — Arch. Dép. Somme Y 15 — . Gazette des Tribunaux, 21 janvier 1835, p. 283, ; 12 juin 1835, p. 785, 1ère col. — J.-Cl. Vimont, Enfermer les politiques. Aux origines des régimes de détention politique (1810-1848), Thèse dact., Paris VII, 1991, 1295 pages.

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