VILLENEUVE-BARGEMONT (Vicomte de) Jean, Paul, Alban

Député du Nord en 1840 ; idéologue légitimiste et catholique, hostile à la bourgeoisie industrielle ; auteur d’ouvrages proposant des remèdes destinés à améliorer la condition ouvrière.

Né à Saint-Alban (Var) le 8 août 1784, mort à Paris le 8 juin 1850.
Membre d’une famille qui a joué au XIXe siècle un grand rôle dans la vie politique provençale, Alban de Villeneuve-Bargemont entra dans l’administration impériale. Il fut préfet dès 1812 et le demeura jusqu’en 1830, sauf pendant les Cent-Jours. Sous la Restauration, il fut successivement préfet de la Charente, de la Meurthe, de la Loire-Inférieure et du Nord (1828). Les deux années qu’il passa dans ce dernier département, près de la grande industrie naissante et de la misère ouvrière, comptèrent certainement beaucoup pour le reste de sa carrière.
Légitimiste connu sous la monarchie de Juillet, il fut nommé par la duchesse de Berry, lors de son équipée de 1832, commissaire royal en Provence. Compromis, mais non poursuivi, il se fit élire en 1834 à l’Académie des Sciences morales et politiques. C’est aussi l’année où parut son grand ouvrage : Économie politique chrétienne, ou Recherches sur la nature et les causes du paupérisme en France et à l’étranger et sur les moyens de le soulager et de le prévenir, en trois volumes. Suivra en 1841 Le Livre des affligés, ou Douleurs et consolations, en deux volumes.
Villeneuve-Bargemont, député du Nord à partir de 1840, comme les idéologues ultra-royalistes de l’époque de la Restauration se méfiait de l’industrie moderne et de la bourgeoisie industrielle. Toutefois, il ne prêchait pas comme certains ultras le retour de la France vers un état purement agricole. Il acceptait la situation économique telle qu’elle était, y compris la misère ouvrière.
Dans la misère ouvrière, il voyait l’effet conjoint du péché originel et d’un accroissement factice des besoins humains sous l’action des doctrines pernicieuses du XVIIIe siècle. Le remède essentiel qu’il préconisait était la religion, inspirant une éducation appropriée des classes populaires. Il songeait aussi à établir des indigents sur des terres incultes. Cette solution lui aurait été suggérée par une pratique de cet ordre qu’il aurait constatée dans le royaume des Pays-Bas, au cours d’un voyage effectué en 1829.
Villeneuve-Bargemont intéresse l’histoire de la classe ouvrière surtout par les descriptions qu’il fait de sa condition, et par la comparaison qu’il développe entre industrie française et industrie anglaise.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article38799, notice VILLENEUVE-BARGEMONT (Vicomte de) Jean, Paul, Alban , version mise en ligne le 20 février 2009, dernière modification le 20 février 2009.

SOURCES : J.-B. Duroselle, Les Débuts du catholicisme social en France (1822-1870), Paris, 1951.

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