FINIDORI Jean-Paul

Par René Gallissot

Né le 2 mars 1890 à Figari (Corse) ; comptable, employé de la municipalité de Tunis, correcteur ; membre de la CGTU et de la fédération de Tunisie du PC (SFIC).

Fils d’un laboureur corse, Jean-Paul Finidori vécut et milita en Tunisie.

La fédération communiste de Tunisie était issue du ralliement à la IIIe Internationale de la majorité de l’ancienne fédération socialiste et de syndicalistes. À la différence des fédérations communistes d’Algérie, celle de Tunisie exprima aussitôt son adhésion au mot d’ordre d’indépendance des colonies, s’employa à l’arabisation du parti, prit en compte la question nationale comme en témoignent les articles du jeune lycéen puis étudiant Maurice Raimbault, dans le journal devenu l’organe communiste qu’était L’Avenir social. C’est pour avoir lancé une presse communiste en langue arabe et soutenu la cause nationale tunisienne que Robert Louzon* fut emprisonné, condamné et expulsé de Tunisie en août 1922.

C’est Jean-Paul Finidori qui apparaissait comme son second et, parce que Français, qui lui succéda comme gérant de L’Avenir social ; il assura aussi le secrétariat de la fédération communiste. Son activité militante s’exerça non seulement en tant que responsable communiste, ce qui lui valut déjà d’être révoqué de son emploi municipal et il dut alors travailler comme employé comptable chez un représentant de commerce, mais Jean-Paul Finidori se trouva également amené à soutenir les mouvements de grèves dans des entreprises proches de Bizerte en août et septembre 1924 comme celles de Tunis en août et septembre également et de sa banlieue sud en janvier 1925 et plus encore à prendre part à la naissance et au développement d’un syndicalisme tunisien : Confédération générale des travailleurs tunisiens (CGTT) animée par les communistes et dirigée par Mohamed Ali, secrétaire général.

Ce soutien au premier syndicalisme tunisien et sa responsabilité de gérant de L’Avenir social valurent à Jean-Paul Finidori plusieurs condamnations : un an de prison pour écrits outrageant le Résident général, deux ans pour provocation de militaires à la désobéissance, deux ans et demi pour atteinte au pouvoir de la République française en Tunisie. Mais les condamnations s’accumulèrent pour mettre fin à son action en Tunisie ; arrêté avec les syndicalistes tunisiens en février 1925 pour complot contre la sûreté intérieure de l’État, il fut jugé à Tunis en novembre 1925 et condamné à dix ans de bannissement. Le procureur de la République disait dans son réquisitoire : « le plus coupable, c’est Finidori, le traître français dont le but était le massacre de ses compatriotes ».

À la suite de son bannissement et après sa rupture avec le PC, Jean-Paul Finidori vint à Paris sous un faux nom, se prononça pour l’indépendance du syndicalisme (cf. Le Cri du Peuple) et rejoignit Robert Louzon* et l’équipe de La Révolution Prolétarienne ; il appartint au « noyau » de cette revue, y collabora, publiant notamment en 1938 une étude sur la Tunisie, après la répression du mouvement national du 9 avril 1938. Il avait appartenu en juillet 1935 au comité provisoire d’organisation de la Conférence nationale de Saint-Denis contre la guerre, qui siégea les 10 et 11 août (voir Robert Louzon).

Admis au syndicat des correcteurs le 15 mars 1935, Jean-Paul Finidori appartint au comité syndical de 1946 à 1948 puis de 1952 à 1955. Il fut trésorier du syndicat de 1952 à 1954 et trésorier adjoint en 1955. Retraité en 1955, il se retira à Tunis où il vivait toujours en 1986.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article50036, notice FINIDORI Jean-Paul par René Gallissot, version mise en ligne le 1er mai 2009, dernière modification le 28 novembre 2020.

Par René Gallissot

ŒUVRE : Batailles ouvrières, la CGT tunisienne et les impérialistes français des années 20, textes-documents de R. Louzon, 1981, 56 p.

SOURCES : Arch. IISG cartons 113 et 142. - L’Internationale, 24 mai 1922. — La Révolution Prolétarienne, articles sur le procès de Tunis. — Le Cri du Peuple, 1930-1931. — Thèse Liauzu, op. cit. — Y. Blondeau, Le Syndicat des correcteurs, op. cit. — Notes de J.-P. Finidori, juillet 1980.

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