BELARBI Sid Ali. Pseudonymes : BOUALEM, BELARBI Ahmed, AHMED, LEBRUN André à Moscou [version DBK]

Par Claude Pennetier

Né me 14 février 1905 à Miliana (Algérie) ; communiste algérien, responsable de la Région communiste d’Algérie jusqu’en 1934 ; élu au comité central du PCF en mars 1932.

Fils d’un muphti, Sid Ali Bellarbi, ancien wattman aux tramways d’Alger devenu propriétaire d’un bar-tabac à Belcourt (banlieue d’Alger), était en 1926 membre du bureau politique de la Région algérienne communiste ; il fut aussi membre du comité central du Parti communiste et de la section coloniale.

Il était membre des Jeunesses communistes depuis 1927 et du parti depuis 1928. Il était aussi membre de la CGTU syndiqué Cuirs et Peaux et était membre de la Commission exécutive de l’Union régionale. Il était aussi membre du SRI et des AUS. Il avait avant appartenu à « une organisation nationaliste créée par le PC, aujourd’hui dissoute. » (questionnaire de décembre 1931). Son autobiographie précise [orthographe d’origine] : « En, ce moment [1928], le parti avait une fausse position sur la question national et colonial, il venait de sortir d’une grande lutte qu’il a mener contre les courants colonialiste dont i été imprégné, s’il était tomber d’une extrémité à l’autre de parti colonialiste, il s’est laisser (remorquer) par le mouvement nationaliste, tout en étant encore composer presque exclusivement de camarades européens ; J’ai contribuer dans une large mesure à la clarification de la question coloniale et redresser le parti, pour lui donner sa véritable figure de parti de classe, et de dirigeant des mouvements anti-impérialistes, j’ai contribuer au changement de la composition nationale du parti par le recrutement de camarades indigènes et la création de nouvelles cellules d’entreprises composes en majorité de camarades indigènes. »

Il signale également avoir été, à titre de permanent semble-t-il, ses fonctions de secrétaire du syndicat des boueux d’Alger. Il était déjà en 1929 membre du bureau politique de la Région algérienne et, à à partir de mars, secrétaire régional algérien, particulièrement chargé du travail « anti » ; il fut aussi membre du comité central du Parti communiste au congrès de Saint-Denis, et de la section coloniale. En mai 1929 le PCF enquêta en Algérie Marcel Joubert, ancien responsable de la commission coloniale, accusé d’être parti avec des fonds du parti : « Celor a vu ce camarade lorsqu’il est allé en Algérie pour le cas Joubert et a parlé avec lui de la possibilité de filer Joubert ». En 1929, il partit pour Moscou comme délégué au 6e congrès mondial revint en Algérie touché par le répression : « Nous restions qu’une poignée de militants et nous sommes passés des formes semi-légales, dans le travail illégal, j’ai acquis une petite expérience dans ce domaine. Nous avons constituer une petite imprimerie illégale ». Il rentra à Alger au début de 1930. Il fut un des organisateurs du Congrès des ouvriers arabes qui se tient à Alger en mars 1930, dans le garage du communiste Cazala à Bab-el-Oued. Il écrit : « a convoqué le 1er congrès ouvrier arabe, en marge du Ve congrès de l’ISR. J’ai jouer un grand rôle dans ce congrès, élu membre de la commission exécutive arabe qui s’est issue de ce congrès, en fait c’est moi qui dirigeait cette commission, mais je n’ai pas voulu prendre le secrétariat, par suite de la dualité de deux organismes du mouvement syndical. » En 1931, il s’employa à organiser à Alger le Parti national révolutionnaire qui était une tentative communiste avortée de doubler la Région communiste par une organisation arabe. Le secrétaire de la région le désigna « pour plusieurs raisons. 1° C’est le seul camarade qui actuellement peut profiter de l’enseignement de la dite école. Tout à fait sérieux et capable de devenir un véritable cadre dirigeant. Ce camarade a toujours été en accord avec la ligne du parti. De plus, il a contribuer de beaucoup à clarifier la politique du Parti en Algérie. Il remplit ses fonctions d’une façon consciente , très dévoué à la bonne marche du parti. […] Ce camarade est considéré par l’ensemble du parti comme un camarade tout à fait sérieux. Nous tenons absolument à envoyer à l’école ce camarade. Son activité depuis qu’il est au parti à prouver que ce cam. Avec une éducation plus solide pourra rendre beaucoup en plus le camarade esr un élément jeune ».

En 1929, il partit pour Moscou suivre une école de formation. Il alla d’abord à l’ELI sous le nom d’André Lebrun.

Persenti pour un stage de trois ans, Albert Vassart pour le secrétariat du Parti demanda instamment « Ce camarade est certainement capable de suivre avec beaucoup de profit les cours de trois ans. Cependant, du fait des difficultés de la région algérienne, nous insistons pour que, sous aucun prétexte, il ne soit gardé pendant trois ans mais seulement pour le cours abrégé ».
Son arrivé date du 4 décembre 1931. Son nom, déformé en Ahmed Bellardi, figure sur une liste de vingt-deux élèves français de l’École léniniste internationale (BMP, bobine 394). Il appartenait au deuxième contingent (1931) pour l’école léniniste internationale d’un an, fort de 22 militants .

Un rapport du PCF sur l’envoi des élèves du contingent 1931 (n° 2797) précise qu’il « subvient à sa femme et à sa grand-mère. Salaire mensuel 1 200 F. » et précise : « ce camarade est certainement capable de suivre avec beaucoup de profit les cours de trois ans. Cependant, du fait des difficultés de la région algérienne, nous insistons pour que, sous aucun prétexte, il ne soit gardé pedant trois ans, mais seulement pour le cours abrégé. ». Dans une note du 19 mars 1932, Havez le décrivait ainsi : « Algérien- Intelligent- Sérieux Pas bavard – travaille assez bien à l’école. » Barbé, à l’issue du cours abrégé du 1er cercle, notait : « Intelligence moyenne. Ce camarade est arrivé en retard à l’école. Il étudie et travaille bien, il assimile les études. On ne peut pas mesurer encore quel progrès il a fait. C’est un militant assez énergique. Mais ce camarade a certaines tendances nationalistes arabes à surveiller. C’est ainsi – par exemple — que sa femme est encore voilée. Il a une bonne expérience pratique du travail en Algérie et pourrait être par la suite orientée à nouveau vers le travail de direction régionale » (6 avril 1932). Les rapports par cours donnaient pourtant un impression de réussite :

Mouvement ouvrier : « A travaillé consciencieusement et sérieusement. Etait actif dans les consultations et conférences. À fait une série de bons exposés. La ligne politique es correcte. L’appréciation générale tout à fait satisfaisante. »
Mouvement syndical : « Assiduité bien. Élaboration, approfondissement de la littérature, incomplet à cause de son arrivée tardive. Attitude très sérieuse dans les consultations. À fait des exposés, a montré des connaissances sur son pays et sur le travail colonial en France. L’orentiation politique est claire et correcte. Sait relier le travail colonial au travail théorique ».
Economie politique : « Bonne activité. Assimilation satisfaisante. La ligne politique correcte. Les exposés sont politiquement précis et pointus. »

Il semble avoir fait aussi un stage à l’École d’Orient.

Il rentra à Alger au début de 1930. Il fut un des organisateurs du congrès des ouvriers arabes qui se tint à Alger en mars 1930, dans le garage du communiste Cazala à Bab-el-Oued. En 1931, son nom, déformé en Ahmed Bellardi, figura sur une liste de vingt-deux élèves français de l’École léniniste internationale (Bibliothèque marxiste de Paris, bobine 394). Sans doute son séjour fut-il annulé. En 1931, il s’employa à organiser à Alger le Parti national révolutionnaire, tentative communiste avortée de doubler la Région communiste par une organisation arabe. Présent au congrès national du PCF à Paris du 11 au 19 mars 1932, il intervint sous le pseudonyme d’Ahmed et fut élu au comité central sous le nom de Boualem.

En 1933, il lança le journal Le Paysan algérien qui eut deux ou trois numéros. Ces initiatives apparaissent conformes aux directives de l’Internationale communiste de l’époque, mais lors d’une conférence régionale, en 1933, Belarbi fut critiqué pour son ouverture à l’égard de l’Association des Oulémas. En 1933, il lança le journal Le Paysan algérien qui eut deux ou trois numéros. Ces initiatives apparaissent conformes aux directives de l’Internationale communiste de l’époque, mais lors d’une conférence régionale, en 1933, Belarbi fut critiqué pour son ouverture à l’égard de l’Association des Oulémas ; il était favorable à l’action commune quand, au nom de la ligne de classe du Bloc ouvrier et paysan, l’orientation communiste en ces années dénonçait tout nationalisme réformiste. Belarbi fit son autocritique à la conférence régionale d’avril 1934 et demeura membre du bureau régional (pas du secrétariat) ; mais il démissionna du Parti à la fin de 1934 (en septembre semble-t-il), plus par lassitude que par divergence, au témoignage d’Amar Ouzegane. Il fut exclu par le comité régional élargi d’Algérie du 30 décembre 1934. Le comité central du PCF avait approuvé cette exclusion : « Le comité cental du PCF constate que Boualem, ex-secrétaire de la Région algérienne, membre du comité central, a consciemment saboté le travail du Parti en Algérie, que notamment il a déserté son poste de combat au moment le plus critique, pendant les événements de Constantine, qu’il a agit ainsi comme un briseur de grève et rompu avec le mouvement révolutionnaire. Pour ses (sic) raisons, le comité central, approuve entièrement l’attitude du comité régional élargi d’Algérie du 30 décembre 1934 sur le cas Boualem et exclut Boualem des rangs du Parti communiste français. »

Il resta sympathisant. En décembre 1935, il était toutefois dénoncé en termes sévères et figurait sur une liste noire ( : « ex membre du CC. Exclu pour avoir déserté son poste, pour avoir saboté le travail du Parti et pour avoir fait le briseur de grève. » ). Selon un témoignage, il aurait maintenu son groupe d’ouvriers arabes créé en 1931, mais clandestinement pour ne pas être accusé de « groupisme ». Ce noyau aurait été à l’origine du premier congrès musulman de juin 1936. À cette date, Belarbi lui-même avait disparu de la vie politique.

Ce militant qui avait beaucoup contribué à l’arabisation de la CGTU et du PC, devint propriétaire d’un bar tabac à Belcourt (banlieue d’Alger).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article50833, notice BELARBI Sid Ali. Pseudonymes : BOUALEM, BELARBI Ahmed, AHMED, LEBRUN André à Moscou [version DBK] par Claude Pennetier, version mise en ligne le 15 juillet 2009, dernière modification le 16 octobre 2020.

Par Claude Pennetier

SOURCES : RGASPI, 495 270 5883 au nom de Boualem : autobiographie, questionnaire ; 495 189 34, deux feuilles sur son exclusion en 1934 ; 517 1 1111. — Liste noire, n° 5, décembre 1935, n° d’ordre : 411. — Notes de Sylvain Boulouque. — Notice par J. Maitron et J.-L.Planche, DBMOF. — Voir une longue notice, par René Gallissot, dans le DBMOM (Algérie).

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