LAUCHER Émile, Joseph, Auguste

Par Jean-Pierre Kintz

Né le 27 mars 1898 à Soultz (Haute-Alsace, Alsace-Lorraine annexée), mort le 8 juillet 1989 ; cadre des chemins de fer ; syndicaliste autonome, puis CFTC ; secrétaire de la Fédération des agents de maîtrise et des cadres du réseau d’Alsace et de Lorraine de ? à 1936, secrétaire général adjoint de l’Union des syndicats chrétiens de cheminots d’Alsace et de Lorraine de 1936 à 1940 et de 1945 à 1959.

Employé à la direction de l’enregistrement, le père d’Émile Laucher s’installa en 1903 à Strasbourg (Bas-Rhin). Émile Laucher fréquenta pendant douze ans le lycée épiscopal. Il obtint le baccalauréat en 1915, puis il sollicita l’immatriculation auprès de l’Université et travailla au service de ravitaillement de la mairie de Strasbourg. Conscrit, il fut frappé d’une paralysie faciale au moment de son incorporation, en 1916. Il continua à travailler à la mairie et devint chef du bureau de son service. Il suivit les cours de droit pendant cinq semestres avant la fin de la guerre. Le régime transitoire, instauré à Strasbourg à cette époque, lui permit d’achever la licence. Émile Laucher fut de la première promotion ayant obtenu la licence de droit dans l’université française. Il se rendit à Paris pour se perfectionner en français et travailla pendant deux ans chez un avoué. À son retour en Alsace, il entra au réseau de chemin de fer Alsace-Lorraine, au mois de mars 1922. Il devint sous-chef de bureau au service Contentieux. Il se maria à Schiltigheim (Bas-Rhin) le 27 mars 1925.
La politique financière de Poincaré ayant accru les difficultés des cadres, ceux-ci mirent sur pied une Fédération des agents de maîtrise et de cadres. Émile Laucher y adhéra. Pressenti par les dirigeants, il accepta de se porter candidat comme délégué du personnel auprès de la direction régionale de Strasbourg. Il le resta jusqu’en 1940.Il fut secrétaire des cadres du réseau Alsace-Lorraine jusqu’en 1936. Il rompit alors avec la Fédération lorsqu’elle donna la consigne de l’adhésion à la CGT, seule organisation reconnue par les dirigeants du Front populaire. À Strasbourg, cette consigne provoqua une scission : le trésorier et les techniciens de la traction passèrent à la CGT mais le personnel administratif rallia l’Union des cheminots indépendants d’Alsace et de Lorraine. C’est Albert Schmitt, secrétaire général de l’Union qui suggéra à Émile Laucher et à Joseph Willinger de créer une section cadre au sein de l’Union. Il n’accepta la proposition d’Albert Schmitt que sous réserve d’avoir la confiance de ses collègues, c’est-à-dire d’être réélu délégué du personnel, ce qui arriva. Il devint alors secrétaire général adjoint chargé du service juridique de l’Union des cheminots indépendants d’Alsace et de Lorraine. L’entrée des cols blancs au sein de l’Union suscita quelques réticences de la part de certains cheminots.
Déplacé d’autorité à Sarrebruck pendant la guerre, Émile Laucher rentra à Strasbourg à la fin de 1944 et participa à la reconstitution du syndicat. Il fut réélu secrétaire général adjoint par la première assemblée des délégués de l’Union, réunie à Strasbourg le 16 juin 1946. Lors de sa retraite de la SNCF, le 1er janvier 1959, il avait le grade d’inspecteur divisionnaire de 1re classe, et faisait fonction de chef adjoint au service Contentieux à Strasbourg. Établi à Saverne dès 1958, il continua à soutenir le syndicat et vint de Saverne deux fois par semaine donner des consultations juridiques.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article5615, notice LAUCHER Émile, Joseph, Auguste par Jean-Pierre Kintz, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 19 juin 2012.

Par Jean-Pierre Kintz

SOURCES : Arch. Dép. Bas-Rhin, 544 D 149. — Revue des cheminots d’Alsace et de Lorraine, 1er juillet 1946, 1er septembre 1951, 1er juin 1952,1er avril 1958, 1er janvier 1960. — DBMOF, tome 33, p. 318-319.

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