FÉLIX Ferdinand

Né le 26 décembre 1823 à Jaulgonne (Aisne) ; demeurant à Paris, 46, rue de Constantine (aujourd’hui rue Vercingétorix, XIVe arr.) ; menuisier ; membre de l’Internationale ; communard, mort en détention.

Ancien militaire, « connu depuis longtemps comme un des meneurs les plus dangereux et les plus actifs de la classe ouvrière. Il a provoqué un grand nombre de grèves et organisé dans ce but de nombreuses sociétés de crédit, de résistance, de production et autres. » Il fut un des premiers adhérents de l’Internationale puisqu’il figure au nombre des membres de l’association signataires d’une lettre rédigée par Fribourg et Ch. Limousin, dans le courant de 1865 et adressée aux membres de l’AIT en vue de préparer le premier congrès de la nouvelle organisation. Cette lettre est donnée dans la brochure Congrès ouvrier, Association Internationale des Travailleurs, brochure reproduite pp. 16-24 du t. I de La Première Internationale (J. Freymond), op. cit. En 1867, il fut élu délégué des menuisiers en bâtiment parisiens à l’Exposition universelle. Il fut à ce titre membre de la Commission ouvrière fondée à cette occasion (Voir Deneux A.). Il habitait alors 22, rue Saint-Médard.
Il fut l’un des signataires du projet de formation de chambres du travail, adopté en avril 1869 au cours des réunions du passage Molière de la Commission ouvrière. À cette date, il était domicilié 51, rue de Constantine (XIVe arr.).
Il prétendit par la suite « avoir cessé de payer sa cotisation à partir de 1868 ». On peut toutefois en douter puisque c’est comme membre de l’Internationale qu’il signa le manifeste contre la guerre adressé aux travailleurs de tous pays, en juillet 1870 (cf. Dict., t. IV, p. 44).
En tant que délégué des vingt arrondissements Félix fut un des signataires de l’Affiche rouge du 6 janvier 1871, proclamation au peuple de Paris pour dénoncer « la trahison » du gouvernement du 4 septembre et pour mettre en avant trois mots d’ordre : Réquisition générale, rationnement gratuit, attaque en masse. Elle se terminait par ces mots : « Place au peuple ! Place à la Commune ! » Voir Ansel. Il fut également un des orateurs les plus assidus du club de la Maison-Dieu et appartint à une des sections de la Marmite (cf. Dict., t. IV, p. 57).

Au moment de l’insurrection il était capitaine au 103e bataillon de la Garde nationale, basé dans le XIVe arr. Il prétendit être resté chez lui, malade, les 18 et 19 mars 1871 — ce qui fut démenti par des témoins. En même temps qu’il exerçait ses fonctions de capitaine au 103e bataillon, il était aussi capitaine d’armement chargé du service des munitions de son arrondissement et membre du Comité de Vigilance. Il affirma avoir cessé ses fonctions de capitaine d’armement le 15 avril et être entré alors comme capitaine au 136e bataillon. Blessé, le 23 mai, à la barricade de l’ancienne barrière d’Enfer, il fut transporté dans un hôpital où il fut fait prisonnier.

Le 19e conseil de guerre le condamna, le 18 avril 1872, à la déportation dans une enceinte fortifiée. Il avait déjà été condamné, en 1856, à six mois de prison pour cris séditieux.
Félix mourut en détention à Rouen, le 27 octobre 1875.
Il était marié, sans enfant.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article58983, notice FÉLIX Ferdinand, version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 31 janvier 2020.

SOURCES : Arch. Nat., BB 24/789, n° 2.194 (rapport à la Commission des grâces, 11 juillet 1873). — Eugène Tartaret, Commission ouvrière de 1867. Recueil des procès-verbaux des assemblées générales des délégués et des membres des bureaux électoraux, Paris, Imp. Augros, 1868, X-320 p. — Notes de R. Skoutelsky. — Notes de Louis Bretonnière.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément