LOSSIGNOL André

Par Georges Ribeill

Né le 2 juin 1935 à Somain (Nord) ; conducteur de route puis ingénieur chef de dépôt ; secrétaire général adjoint (1970-1982) puis secrétaire général (1982-1987) de la Fédération CFTC des cheminots ; président de l’Union fédérale des retraités à partir de 1992.

Issu d’une famille de mineurs, André Lossignol était le fils d’un porion de la fosse Barrois, dépendant des Mines d’Aniche, et d’une couturière. Reçu au certificat d’études complémentaires en 1949, il fut admis sur concours au centre d’apprentissage de Somain le 1er septembre de la même année. Reçu au CAP de monteur-électricien en 1952, il fut retenu pour les cours supérieurs d’apprentissage à Lens, et c’est en 1955, qu’attiré par la conduite des trains, il passa avec succès l’examen de chauffeur de route. À partir de mars 1956, il effectua son service militaire, d’abord à Compiègne (Oise), puis en Algérie, affecté dans une division mécanique d’intervention rapide où il servit avec le grade de chef de peloton et fut décoré de la croix de la Valeur militaire.
L’insurrection de Budapest en 1956 et les événements qui s’ensuivirent allaient nourrir sa méfiance vis-à-vis du Parti communiste et de la CGT. Libéré en févier 1958, il reprit son service à la SNCF, au dépôt de Valenciennes et rejoignit très rapidement la conduite des trains. Il adhéra au syndicat CFTC des cheminots de Valenciennes le 1er juin 1958 et en devint le secrétaire adjoint le 1er octobre 1959, alors qu’il venait d’être promu élève conducteur de route. Il dut attendre sa nomination au grade de conducteur de route en 1963 pour passer, avec succès, l’examen de chef de traction l’année suivante.
Il fut secrétaire du syndicat de Valenciennes (Nord) depuis mai 1965 jusqu’à sa promotion comme chef de traction surveillant en lignes au dépôt d’Aulnoye en octobre 1968. Membre du bureau de l’Union Nord depuis 1967, président du syndicat d’Aulnoye en février 1969, président de l’Union à partir de novembre, il fut élu secrétaire général adjoint au congrès fédéral de Dijon en novembre 1970, poste conservé jusqu’au congrès de 1982 à Reims, où il fut élu secrétaire général de la Fédération CFTC. Déjà permanent une année en 1972 pour s’occuper de l’impact syndical de la réforme des structures de la SNCF, en mai 1982, il redevint permanent, particulièrement mobilisé par la réforme statutaire de la SNCF devenue EPIC et ses importantes conséquences en matière de droit social et syndical.
Réélu au même poste de secrétaire général en mai 1985 au congrès de Narbonne, la longue grève des cheminots de l’hiver 1986-1987 fut fatale à l’équipe fédérale dirigeante, qui en début de mouvement, avait signé hâtivement, sans consulter sa base, un accord salarial rejeté aussitôt par les grévistes. Simultanément, André Lossignol avait été membre du conseil confédéral de mai 1982 jusqu’à février 1987.
Nommé chevalier de l’Ordre du Mérite national au titre syndical en 1986, c’est avec le grade d’ingénieur chef de dépôt qu’il prit sa retraite le 1er février 1991, à Aulnoye. Refusant de se laisser séduire par les sirènes de la politique, refusant de s’engager dans des voies confessionnelles, André Lossignol continua à s’occuper de syndicalisme, succédant en mai 1992 à Roland Quinto à la présidence de l’Union fédérale CFTC des cheminots retraités, une présidence qu’il assumait toujours activement dix ans plus tard en 2002, y consacrant une journée de chaque semaine au siège parisien de la fédération.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article6129, notice LOSSIGNOL André par Georges Ribeill, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 20 juin 2012.

Par Georges Ribeill

SOURCES : Arch. PPo, SNCF S23. — Compte rendu du congrès fédéral CFTC de Dijon, 1970. — Notes de Marie-Louise Goergen.

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