PERRET Claude, Marie

Né le 11 février 1847 à Ormes (Saône-et-Loire), mort en 1905 à Paris ; tailleur de pierre, maçon puis entrepreneur (Perret et fils) ; communard ; père et formateur de l’architecte Auguste Perret.

Tailleur de pierre et maçon souvent présenté comme originaire de Bourgogne, Claude Perret (parfois prénommé Charles) avait épousé en 1868 une femme qui tenait un débit de boissons dans le quartier des Halles, à Paris, rue de la Grande-Truanderie (Ier arr.). Il fut condamné le 19 février 1869 à huit jours de prison pour outrages à un agent.

Garde national durant le Siège, il fut élu sergent le 27 mars 1871, puis sous-lieutenant à la 4e compagnie de marche du 1er bataillon. Il combattit à Issy, au fort de Montrouge, et, le 21 mai, se trouvait au Palais-Royal : raisons suffisantes pour l’accuser de pillages et d’incendie, outre les arrestations illégales qu’on lui reprocha. Aussi fut-il condamné par contumace, le 9 août 1873, par le 3e (ou 4e ?) conseil de guerre, à la peine de mort.
Il avait gagné la Belgique, où son arrivée à Laeken fut officiellement enregistrée à la date du 21 avril 1873.

Ses trois enfants qui s’illustrèrent plus tard dans l’architecture et la réalisation de bâtiment en béton armé, naquirent à Bruxelles : Auguste, le 12 février 1874, Gustave le 14 mars 1876 et Claude le 16 juillet 1880. Il travailla de son métier, et comme contremaître d’abord, puis fonda avec quelques camarades libertaires une entreprise de bâtiment qui eut un réel succès. Il édifia à Bruxelles le Jardin d’Hiver du Palais du Roi (appareillage en pierre des serres) et, à Spa, le monument à Pierre le Grand. Amnistié en 1879, revenu à Paris en 1880 ou 1881, il installa rue de Vaugirard une entreprise générale de bâtiment et construisit des maisons à Paris, rue de Rocroy (Xe arr.), près de Saint-Philippe-du-Roule (VIIIe arr.), et à Montparnasse. Il poussa ses enfants vers l’architecture, n’hésitant pas à confia à Auguste, âgé de treize ans, la conception de leur maison de vacances à Berneval-sur-Mer, en Normandie (le dossier de plans date de 1890). Il leur écrivait en évoquant « notre émancipation par le travail » et ajoutait : « vous pouvez faire voir à la vieille école ce que peut le talent uni à l’expérience ». Ses deux premiers fils firent les Beaux-Arts mais s’installèrent avec leur père avant même d’avoir des diplômes. Les trois frères s’associèrent pour prendre la suite du père et s’affirmèrent vite comme les entrepreneurs et les architectes parmi les plus novateurs grâce à l’usage du béton armé. Le plus connu est Auguste Perret, considéré comme un des architectes français les plus importants du XXe siècle.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article67941, notice PERRET Claude, Marie, version mise en ligne le 26 juillet 2009, dernière modification le 15 avril 2020.

SOURCES : Arch. Nat., BB 24/860 B. — Arch. Min. Guerre, 3e conseil, n° 1773. — Arch. PPo., listes de contumaces et listes d’amnistiés. — Chincholle, Les Survivants de la Commune, op. cit. — Arch. Gén. Roy. Belgique, dossier de Sûreté n° 263000 (en 1880). — F. Sartorius, J.-L. De Paepe, Les Communards en exil. État de la proscription communaliste à Bruxelles et dans les faubourgs, Bruxelles, 1971. — Notes de M. Cordillot. — Les Frères Perret, Institut français d’urbanisme, Ed. Norma, 2000. — Jean-Louis Cohen, Encyclopédie Perret, Momun, 2002.

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