SÉGARD Benjamin

Par Gabriel Désert, Marie-Louise Goergen

Né le 31 juin 1897 à Pont-à-Vendin (Pas-de-Calais), mort le 13 avril 1965 à Caen (Calvados) ; cheminot ; militant syndicaliste unitaire puis CGT, puis FO ; militant communiste jusque vers 1935 ; secrétaire général de l’Union départementale FO du Calvados (1948-1961).

Fils d’ouvrier, Benjamin Ségard, serrurier à la Compagnie de l’Ouest-État, apparut dans la vie syndicale en tant que membre de la commission administrative du syndicat unitaire des cheminots de Mézidon-Canon (Calvados), en 1922. L’année suivante il était membre suppléant de la commission administrative de l’Union départementale unitaire et il devint, en 1924, membre titulaire de cette même commission.

Principal animateur du groupe communiste de Canon, il se présenta aux élections municipales dans cette commune, en 1925, et échoua de trois voix. Quatre ans plus tard, toujours comme candidat communiste, il entra au conseil municipal et devint adjoint au maire. Lors des élections législatives de 1928, il fut candidat communiste dans la circonscription de Lisieux et obtint 585 voix sur 15 305 inscrits.
Benjamin Ségard devint secrétaire du syndicat de Mézidon-Canon qu’il représenta au congrès de l’UD unitaire tenu à Caen en octobre 1931. Malgré son net engagement à la CGTU, son grand souci resta la réunification du mouvement ouvrier. En octobre 1930, il réussit à mettre sur pied une réunion commune des cheminots CGT et CGTU et invita ses camarades à refaire l’unité face à l’offensive patronale. En janvier 1931, il écrivit à son collègue, secrétaire du syndicat confédéré, pour l’inviter à une réunion de l’union des syndicats locaux de cheminots. En 1933, Ségard était devenu secrétaire du syndicat confédéré des cheminots de Mézidon-Canon. Il représenta son syndicat lors du congrès confédéral de la CGT en septembre 1933.

La même année, il prit part à une réunion tenue à Mézidon par la Ligue internationale des combattants de la paix et, en 1934, il participa à une souscription organisée par le journal Le Combat pour la Paix.

En 1935, Benjamin Ségard fut élu secrétaire du syndicat réunifié des cheminots caennais, poste qu’il devait occuper jusqu’en 1939. Il participa aux congrès confédéraux de la CGT de septembre 1935 et de novembre 1938 ainsi qu’au congrès de la Fédération CGT des cheminots tenu en 1938, au cours duquel il fut élu membre titulaire du conseil fédéral au titre de l’Union Ouest.

Il semble avoir rompu avec ses camarades communistes en même temps qu’avec la CGTU et, aux élections municipales de 1935, il se présenta à Caen sur la liste socialiste et d’action antifasciste dirigée par Ludovic Zoretti*. En décembre 1935, il représenta les confédérés au congrès départemental de l’unité. Il y fut élu secrétaire adjoint de l’UD réunifiée et membre de la commission sportive. Il était toujours secrétaire adjoint en 1938 et 1939.

En novembre 1938, il participa à une tournée de conférences organisée par l’UD invitant les cheminots à chômer le 30 novembre. Il déclara que les travailleurs des chemins de fer « sont plus atteints que quiconque car, aux sacrifices demandés à tous les ouvriers, s’ajoutait, pour eux, la suppression d’avantages dont ils jouissaient depuis longtemps, notamment la gratuité des transports ».

Pendant l’occupation, Benjamin Segard continua de diriger le syndicat CGT des cheminots de la gare de Caen. Il intervint au congrès de la Fédération nationale des chemins de fer (CGT) qui eut lieu les 3 et 4 février 1944 à la Mutualité à Paris.

Accusé d’avoir fait preuve d’hostilité à l’encontre de la Résistance et de sympathies à l’égard du RNP de Marcel Déat, il fut déchu de ses responsabilités à la Libération puis exclu du syndicat pour une durée de cinq ans.

Il participa néanmoins à l’AG constitutive du Comité d’action syndicaliste des travailleurs des chemins de fer de France et de l’Union française (CAS) réunie le 27 juillet 1947 à l’appel de Marcelle Méhudin et de Fernand Laurent et qui rassembla 120 délégués à la Mairie du Xe arr. à Paris et qui constituait l’une des deux composantes de la future Fédération CGT-Force ouvrière des cheminots.

À la fin de l’année 1947, il fut désigné par la direction de la nouvelle confédération comme le responsable provisoire de Force Ouvrière pour le Calvados.

Lors du congrès constitutif de l’Union départementale du Calvados, tenu le 14 mars 1948, Benjamin Ségard fut élu secrétaire général. Son principal adjoint fut alors Lucien Botrel, également du Syndicat des cheminots de Caen.
Benjamin Ségard assuma la fonction de secrétaire général jusqu’en 1961 au moins, il fut alors remplacé par Henri Trazic, du Syndicat des Ponts et Chaussées.
Il participa au congrès constitutif de la Fédération FO des cheminots en mars 1948 au cours duquel il fut élu membre du conseil national de la Fédération des cheminots, il fut réélu en mars 1950 et en mai 1952.

Il était secrétaire du secteur de Caen lorsqu’il prit sa retraite entre les congrès d’avril 1952 et mai 1954. Il fut remplacé par Henri Laurent.

Lors du congrès confédéral d’octobre 1956, Benjamin Segard vota en faveur de la motion minoritaire sur l’Algérie, qui réclama la libre détermination du peuple algérien à disposer de lui-même, un cessez-le-feu et des négociations rapides entre la France et les nationalistes algériens.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article8607, notice SÉGARD Benjamin par Gabriel Désert, Marie-Louise Goergen, version mise en ligne le 30 juin 2008, dernière modification le 20 avril 2019.

Par Gabriel Désert, Marie-Louise Goergen

SOURCES : Arch. Dép. Calvados, série M 501, 1599, 2372, 9136. — Arch. CHT, fonds CGT-FO 165. — Comptes rendus des congrès fédéraux. — Le Réveil des travailleurs. — Le Populaire normand. — Le Combat pour la paix. — J. Roquebert, Les cheminots calvadosiens, 1891-1939, MM, Caen, 1973. — C. Billy et J. Quinette, Le Mouvement ouvrier dans le Calvados, 1884-1922, MM, Caen, 1971. — Mazou Sadou, Le Mouvement ouvrier dans le Calvados, 1930-1939, MM, Caen, 1972. — Notes de Louis Botella et de Georges Ribeill. — Notes de Louis Botella.

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