ALLARD Ernest

Par Paul Brébion

Né le 13 novembre 1914 à Plessis-Grammoire (Maine-et-Loire), mort le 11 octobre 2002 à Trélazé (Maine-et-Loire) ; fendeur d’ardoise ; syndicaliste CGT et militant socialiste puis communiste du Maine-et-Loire, membre du bureau de la Fédération CGT des travailleurs du sous-sol.

Fils d’un artisan forgeron d’idées radicales, mais croyant, et d’une mère sans profession, Ernest Allard était le troisième enfant de la famille, mais son frère et sa sœur moururent jeunes. Ernest Allard se maria en mars 1941 à Trélazé, avec Jeanne Gautreau. Ils eurent un fils en 1942.

Ernest Allard quitta l’école à onze ans pour travailler dans les fermes. En 1928, la famille emménagea à Trélazé pour travailler à la commission des ardoisières d’Angers. Le père y fut forgeron, la mère fendeuse d’ardoise et le fils apprenti fendeur, sur l’exploitation des grands carreaux. Quelque temps membre de la JOC, il s’en éloigna en expliquant à son père qu’il avait perdu la foi. Son père adhérait à la CGT ; Ernest l’imita en 1932 et la même année adhéra aux Jeunesses socialistes ; deux ans plus tard, il rejoignait le Parti socialiste. Collecteur du syndicat en 1937, il entra au conseil syndical, puis au bureau, jusqu’en 1940.

Ouvrier fendeur, Ernest Allard fut malade durant trois ans, puis la direction le nomma moniteur d’apprentissage pendant deux ans, au terme desquels il retourna travailler sur la butte. Il fut influencé par le mouvement libertaire qui marquait le syndicalisme ardoisier. En raison de sa maladie, il ne fut pas mobilité. Défenseur acharné de l’indépendance syndicale, il rejetait la mainmise du Parti communiste sur une partie du mouvement ouvrier. Il reconnaissait, lui-même, avoir été à cette époque un anticommuniste fervent. Opposé à l’attitude de certains militants départementaux de la CGT qui soutenaient la politique des syndicalistes proches de Vichy, il refusa la Charte du travail. Un mûrissement personnel provoqua son éloignement du courant socialiste et son adhésion au Parti communiste en 1944. Plus que la doctrine, c’est l’action des militants communistes pendant l’Occupation, leur dévouement, leurs souffrances et celles des populations d’Union soviétique qui lui firent franchir le pas. L’action syndicale quotidienne renforça cette proximité.

La scission syndicale de fin 1947 fut pour lui une période difficile, car la majorité des militants ardoisiers rejoignit Force ouvrière et des affrontements laissèrent des blessures longues à maîtriser. Secrétaire adjoint du syndicat CGT en 1948, successeur de Désir Chasserand au secrétariat, il contribua au changement du rapport de forces avec FO, mais privilégia le thème de l’unité. Membre du bureau de l’Union départementale CGT dès 1948, délégué titulaire de l’exploitation des Fresnais en 1949 (il le restera jusqu’en 1964), il fut membre du conseil national de la Fédération CGT du Sous-sol de 1958 à 1971 et siégea au bureau fédéral. Membre du comité d’entreprise, il représenta le personnel ouvrier au conseil d’administration de la Société à partir de 1964. Administrateur de la caisse de secours G52 à partir de juillet 1947, il en fut président de novembre 1969 à mars 1982, ainsi que président de l’Union régionale de l’Ouest de 1964 à avril 1982. Il siégea également au conseil d’administration de la Caisse nationale de la Sécurité sociale minière d’octobre 1951 à mai 1975.

Conseiller municipal communiste de Trélazé depuis 1947, Ernest Allard était membre du bureau fédéral communiste de Maine-et-Loire en 1953 et le resta jusque dans les années soixante-dix. Réélu conseiller municipal en 1977, il fut adjoint aux travaux de 1983 à 1989. Il avait la réputation d’être « unitaire », même « trop unitaire » aux yeux de ses détracteurs. Il vécut comme un drame le rapport Khroutchev (1956) et, à partir de 1989, l’effondrement des pays de l’Est.

« Nénesse », comme l’appelaient ses amis, était un homme simple, bon vivant, mais aussi un grand lecteur qui aimait Zola, Hugo et Louise Michel.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article9884, notice ALLARD Ernest par Paul Brébion, version mise en ligne le 10 octobre 2008, dernière modification le 19 novembre 2008.

Par Paul Brébion

SOURCES : Arch. Fédération CGT du Sous-sol. — Arch. Com. Trélazé. — Arch. Sécurité sociale minière. — Arch. comité national du PCF. — Entretiens de Paul Brébion avec Ernest Allard.

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