BOURIAU René, Marc, Théophile

Par Alain Dalançon

Né le 9 août 1910 à Brigueil-le-Chantre (Vienne), mort en déportation à la prison de Wohlau (Allemagne/Pologne) le 25 mai 1944 ; instituteur dans la Vienne, militant syndicaliste du SNI, Résistant.

René Bouriau (à droite) et sa classe en 1940

René Bouriau était le fils unique d’Auguste Bouriau, cantonnier, et d’Alphonsine Barrat, sans profession, mariés le 28 mars 1903 à Brigueil-le-Chantre.

Son père, soldat de 2e classe au 268e Régiment d’infanterie, ayant été « tué à l’ennemi » à 41 ans, le 2 mai 1917 à Bois-du-Marais (Aisne), il était pupille de la nation. Il devint instituteur dans la Vienne après avoir été élève maître à l’École normale d’instituteurs de Poitiers (Vienne).

Il épousa, le 17 septembre 1932 à Poitiers, Anne, Marie, Marcelle Marot, institutrice, fille d’un cultivateur.

Instituteur à Liniers (Vienne), René Bouriau militait au Syndicat national des instituteurs et participa activement au Rassemblement populaire. Il devint secrétaire de la section départementale de la Vienne après la réunification syndicale de 1935.

Dans un village de la zone occupée, à proximité de la ligne de démarcation, il s’engagea dans la Résistance, probablement dans « Libération-nord ». Il fut arrêté par la Gestapo au début du mois de septembre 1943, en même temps que son collègue R. Mercier. Selon le témoignage de ce dernier, il fut sauvagement battu durant son transport, à coups de nerf de bœuf, dans un bois sur la route de Bonnes, puis torturé à la prison de la Pierre-Levée de Poitiers, sans jamais livrer aucun renseignement, alors qu’il « connaissait tous les contacts et les terrains de parachutage » : « il fut plus de huit jours à ne pouvoir se redresser ». En janvier 1944, après cinq mois de détention à la Pierre-Levée, il fut dirigé sur Compiègne et fit partie du convoi (I.180) de 54 déportés « NN » parti de la gare de l’Est le 25 février 1944. Matricule 7604, il mourut le 25 mai 1944, en Silésie, à la prison de Wohlau, une quinzaine de kilomètres au nord-ouest de Breslau (Wroclaw, Pologne), de diphtérie selon un compagnon de captivité, Frédéric Jouffrault.

À la Libération, le Bulletin du Syndicat départemental de l’enseignement public de la Vienne mentionna sa disparition, information reprise dans L’École libératrice en juin 1945.

L’école maternelle de Liniers porte son nom. La mention « mort en déportation » fut officialisée seulement en 2009. René Bouriau figure sur la liste du recensement des "Morts pour la France", "Morts en déportation" et victimes de conflit de Poitiers, établie en 2011.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article101856, notice BOURIAU René, Marc, Théophile par Alain Dalançon, version mise en ligne le 3 novembre 2010, dernière modification le 19 février 2021.

Par Alain Dalançon

René Bouriau (à droite) et sa classe en 1940

ICONOGRAPHIE : Photo avec sa classe en 1940, Musée La Vienne dans la Seconde Guerre Mondiale – Tercé (Vienne).

SOURCES : Le Front populaire de la Vienne, 1937-1938. — Louis Charles Morillon, « Les instituteurs de la Vienne dans la Résistance », http://www.vrid-memorial.comVRID (Vienne Résistance Internement Déportation), 2011. — Livre mémorial, http://www.bddm.org/liv/details.php?id=I.180. — Bulletin du Syndicat départemental de l’enseignement public de la Vienne, L’École libératrice, 1945. — J.O., 27/10/2009, p. 18 120-18 124. — État civil de Brigueil-le-Chantre. — Frédéric Jouffrault, Une vie libre, Ed. latines, 2004, p. 71. — DBMOF. — Note de Jacques Girault.

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