BROUILLARD Gaston

Par Jean Lorcin et Gérard Raffaelli

Né le 14 mai 1892 à Hersin-Coupigny (Pas-de-Calais) ; mort le 25 décembre 1960 à Villeurbanne (Rhône). Mineur à Carmaux (Tarn), puis à Saint-Genis-Terre-noire (Loire). Militant unitaire et communiste de la Loire.

Fils de Jules Brouillard et Zélia, née Berlan, Gaston Brouillard épousa Marie-Louise Calmels à Carmaux (Tarn) le 11 janvier 1919. En mars 1921, il était secrétaire de la section ARAC de Carmaux.

Il fut condamné à quinze jours de prison pour avoir collé des papillons hostiles à la guerre du Maroc. La police le décrivait comme « un homme intelligent qui cherche un mandat politique ou une place bien rétribuée dans les organisations et à défaut dans le PC ». En juillet 1925, le Parti le présenta aux élections du conseil d’arrondissement dans le canton de Carmaux.

Délégué de Rive-de-Gier (Loire) au comité de rayon de Saint-Étienne en 1928, Brouillard « représente le militant-type du PC dans cette période », écrit Henry Destour (Voir Sources). « D’une envergure politique plus que réduite, il est essentiellement un agitateur et un organisateur. Il jouit d’une certaine autorité morale dans le Parti qu’il doit au fait d’avoir été désigné en 1925 pour effectuer un voyage d’étude en URSS. » Il milita activement au sein de la Fédération unitaire des mineurs et prit une part active à la grève des mineurs unitaires de la Loire pour « les cent sous », en 1929 ; il conseillait l’organisation de comités de puits. Après l’échec de la grève, il accusa les chefs « réformistes » : « pas de répit, camarades, il faut surmonter les flottements et les découragements nés de la trahison réformiste ».

Il fut de ceux qui demandèrent avec le plus de véhémence l’exclusion de la CGTU des militants syndicalistes minoritaires déjà exclus du Parti communiste. « La CGTU, écrivait-il dans l’Humanité du 3 février 1929, a le devoir de se débarrasser de ces éléments qui portent la plus grosse responsabilité de l’échec de la grève quel que soit leur poste, car ils sont non seulement un frein dans l’action mais un obstacle pour le recrutement. »

Dans Le Cri du Peuple du 9 février, Brouillard soulignait les aspects positifs d’une grève qui avait montré sous leur vrai jour les « réformistes » et déterminé un vaste mouvement d’adhésion à la CGTU de la part de confédérés déçus par leurs « chefs ». Il se félicitait aussi de la « fraternisation » entre ouvriers français, étrangers et « coloniaux » à laquelle cette grève avait donné lieu.

Il fut candidat du Parti communiste aux élections législatives d’avril 1928 dans la troisième circonscription de Saint-Étienne. Il recueillit au premier tour 2 627 voix sur 20 346 votants, contre 1 469 au socialiste SFIO Drivon, 5 508 au député sortant radical-socialiste, Simon Reynaud, et 9 852 à l’URD Neyret ; s’étant maintenu au deuxième tour, conformément à la tactique « classe contre classe », le candidat communiste n’obtenait plus que 928 suffrages sur 20 614 votants : l’addition de ces voix n’aurait pu suffire à assurer le succès du candidat de gauche Pierre Reynaud, battu par Neyret par 8 931 voix contre 10 563. Brouillard avait d’ailleurs émis l’intention de se retirer au deuxième tour « pour barrer la route à la réaction » : le PC le critiqua sévèrement et envisagea, le 25 mai, de dissoudre la cellule de Saint-Genis-Terre-Noire dont il était secrétaire, et d’en créer une nouvelle. Brouillard s’affirmait cependant au même moment « d’accord avec la politique du Parti ».

Il écrivit assez fréquemment des articles dans le journal communiste Le Cri du Peuple, notamment sa relation d’un voyage qu’il effectua en URSS dans le courant de l’année 1927.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article102665, notice BROUILLARD Gaston par Jean Lorcin et Gérard Raffaelli, version mise en ligne le 3 novembre 2010, dernière modification le 21 janvier 2011.

Par Jean Lorcin et Gérard Raffaelli

SOURCES : Arch. Nat. F7/13113, 13116. — Arch. Dép. Loire, 3 M 70. — État-civil d’Hersin-Coupigny. — Le Cri des Travailleurs, 1921-1925. — Le Cri du Peuple, octobre 1926, 21 septembre et 3 décembre 1927, 7 janvier et 11 février 1928 (« Invitation à un hâbleur ») 9 février et 16 mars 1929. — La Voix des Travailleurs, 7 janvier 1928. — L’Humanité, 3 février 1929. — Henry Destour, Les Syndicalistes révolutionnaires et le mouvement syndical dans la Loire entre les deux guerres mondiales (Mémoire de Maîtrise, Saint-Étienne).

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